Milan-Inter : Le Derby Della Madonnina, une histoire de famille

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Crédits : Pinterest
Ligue 1

Ah Milan, le Duomo, la Scala, la ville de la mode, ses merveilleux plats italiens et ses dizaines de sites touristiques, que c’est beau ! Mais vous savez ce qu’il y a de plus beau ? La rivalité entre l’AC Milan et l’Internazionale, une rivalité particulière, unique, qui fait du Derby della Madonnina un somptueux rendez-vous entre deux des plus grands clubs européens de l’histoire du football. Une rivalité qu’on vous propose de mieux connaître aujourd’hui, en marge du prochain Derby entre les deux clubs cugini, ce dimanche 17 mars.



 

Une question de principes

Nous sommes le 16 décembre 1899 et avec quelques amis anglais à lui, Helbert Kiplin, footballeur puis entraîneur anglais, fonde l’Associazione Calcio Milan, plus communément appelé, l’AC Milan. Jusque là tout se passe bien, le club rossonero devient le premier club italien à stopper l’hégémonie du Genoa CFC, qui avait remporté toutes les éditions du championnat italien, avant 1901. S’enchaîne ensuite un deuxième Scudetto en 1906 puis un back-to-back pour les rossoneri, en 1907. Seulement, l’année d’après, la fédération italienne décide de stopper le recrutement de joueurs étrangers. Et là, c’est la division à Milan.

Certains sont pour, d’autres sont totalement opposés à cette idée. C’est alors qu’un groupe d’anglais, qui faisaient parti de l’AC Milan, va décider avec des suisses de fonder, en 1908, l’Internazionale, pour son attrait à l’international et pour montrer son mécontentement. Depuis ? La rivalité est sans fin et le premier match opposant l’AC Milan et l’Inter Milan, qui verra la victoire 2-1 pour les rouges et noirs, sera le début du Derby della Madonnina, en référence à la Madonne, posée sur le toit du Duomo.

 

Le San Siro comme arène de combat

La rivalité est pesante et est présente partout dans la ville et même plus ailleurs, mais là où tout se joue, c’est au San Siro, stade partagé par les deux clubs. Appelé San Siro en référence au nom du quartier où il a été construit, le Stadio San Siro a tout d’abord été construit en 1925 par Piero Pirelli, ancien propriétaire du Milan dont le nom figure aujourd’hui sur le maillot des nerazzuri depuis plusieurs années déjà. Sacré hasard. Au début, le stade appartient seulement à l’AC Milan et contient 35 000 places au lieu des 80 000 places actuelles.

Vous pouvez d’ailleurs oublier aussi le toit du stade, puisqu’il n’y en avait pas. Mais en 1940, la ville décide de racheter le stade et jusqu’à ce jour, en est toujours propriétaire. On passe donc de 35 000 places à 55 000 places pour une question de modernisation. Il faudra attendre 1947 pour qu’un deuxième locataire fasse son apparition à San Siro, l’Internazionale, qui aura joué jusqu’ici à l’Arena Civica, en plein centre de Milan. À partir de là, on passera à 100 000 places en 1955, avant de vite revenir aux 80 000 places actuelles, pour des raisons de sécurité. La dernière modification majeure interviendra en 1990. Cette année, l’Italie s’apprête à accueillir le Mondial 1990 et on pense à construire un nouveau stade. Au final, San Siro sera modernisé avec l’addition du fameux toit rouge, qui surplombe toujours le stade.

La rivalité entre les rossoneri et les nerazzuri ne se traduit pas seulement par une différence de couleurs, elle se traduit aussi par l’appellation du stade. Pour les tifosi de l’AC Milan, le stade s’appelle San Siro mais les tifosi de l’Internazionale l’entendent d’une autre oreille et le nomment Stadio Giuseppe Meazza. En 1980, un an après la mort de Giuseppe Meazza, légende de l’Inter mais qui a aussi fait une petite partie de sa carrière de l’autre côté de Milan, la ville décide de renommer le stade au nom de Giuseppe Meazza. Pas considéré comme une légende par les tifosi du Milan en raison de la durée de son passage et de la trace légendaire qu’il aura laissé aux rivaux, les rossoneri s’en tiennent à San Siro.

Donc avant de demander l’itinéraire pour aller au stade, faites très attention à qui vous le demandez ! Vous pourriez recevoir une réponse inattendue dans le cas contraire.

 

Une rivalité saine

Une grande ville, deux grandes équipes, des ultras de chaque côté, cette rivalité a tout pour être violente. Et pourtant, ce n’est pas le cas, ou du moins, ça ne l’est plus. Jusqu’en 1981, des incidents majeurs se sont produits dans certains matchs. Quand la Curva Nord de l’Inter décide d’ironiser sur la grave blessure d’un membre de la Curva Sud, lors d’un antécédent entre les deux camps, les coups partent et rien ne peut les arrêter. Mais ce dernier incident est ce qu’on peut appeler un mal pour un bien comme diraient certains.

Pourquoi cela ? Car les deux Curva prennent conscience que cela va trop loin et décident de vivre leurs passions à travers leurs clubs respectifs sans plus se mêler aux autres. Elles signent donc un pacte de non-belligérance. Les milanais et les intéristes appellent même leur rivaux respectifs, les ‘’cugini’’, qui veut littéralement dire les ‘’cousins’’. Une histoire de famille donc. Les seules confrontations directes entre les deux Curva jusqu’à ce jour désormais, se font au début de chaque Derby, où les deux camps lâchent chacun leur plus beau tifo, laissant le reste du monde débattre sur le vainqueur des tribunes.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à Milan, le talent et la créativité ne manquent pas des deux côtés, ce qu’on vous propose de voir ici avec ces quelques tifos de la Curva Nord intériste et de la Curva Sud de l’AC Milan.

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Des joueurs qui font la navette

Les deux clubs n’ont pas seulement le stade et la ville comme points communs, mais aussi des joueurs et pas des moindres. Dans cette partie, je vous propose 6 joueurs, qui ont goûté au Derby en étant des deux côtés :

 

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Zlatan Ibrahimovic : 2006-09 avec l’Inter, 117 matchs et 66 buts.

2010-12 avec l’AC Milan, 85 matchs et 56 buts. (Crédits : Eurosport)

 

Image associée

Ronaldo Nazario : 1997-2002 avec l’Inter, 99 matchs et 59 buts.

2007-08 avec l’AC Milan, 20 matchs et 9 buts. (Crédits : AC Milan)

 

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Andrea Pirlo : 1998-01 avec l’Inter, 40 matchs et 0 but.

2001-2011 avec l’AC Milan, 401 matchs et 41 buts. (Crédits : Pinterest)

 

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Clarence Seedorf : 1999-2002 avec l’Inter, 93 matchs et 14 buts.

2002-12 avec l’AC Milan, 432 matchs et 62 buts. (Crédits : 90Min)

 

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Mario Balotelli : 2007-10 avec l’Inter, 86 matchs et 28 buts.

2013-14 puis 2015-16 avec l’AC Milan, 79 matchs et 33 buts. (Crédits : francetv sport)

 

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Roberto Baggio : 1998-2000 avec l’Inter, 58 matchs et 15 buts.

1995-97 avec l’AC Milan, 87 matchs et 49 buts. (Crédits : Pinterest)

 

Des noms plutôt savoureux, certains plus que d’autres mais la liste continue de dérouler, notamment avec Cassano, Pazzini ces dernières années, Vieri et Crespo quelques années avant voire même Bonucci qui s’est ajouté à la liste la saison passée.

 

Parlons chiffres !

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C’est intéressant tout cela, les légendes, le stade, l’idéologie, mais statistiquement, on en est où ? S’il faut résumer globalement, la victoire est intériste. Sur 219 Derbys joués, les bleus et noirs comptabilisent 78 victoires à 75 en leur faveur. Pas un si grand écart considérant le nombre de matchs joués, mais les chiffres sont là. Si on décortique légèrement, l’Inter a fait son écart de victoires sur les Derbys de la Série A mais quand il est question de Coppa Italia et de Ligue des Champions, c’est l’AC Milan qui dépasse ses cousins en termes de victoires.

D’ailleurs, en parlant de Ligue des Champions, le saviez-vous ? Milan est la seule ville européenne à avoir deux clubs différents ayant remporté une C1. Londres, malgré le grand nombre de clubs qui y résident, n’y est pas encore parvenue. Et l’Atletico Madrid aurait pu changer la donne, si Ramos n’avait pas décidé de mettre une tête à la 94ème minute en 2014. Dommage.

On continue ? Le but le plus rapide dans un Derby a été marqué par Sandro Mazzola, à l’âge de 21 ans, à la…13ème seconde ! Le début d’une belle carrière entièrement sous les couleurs des nerazzuri pour celui qui aura marqué 158 buts en 565 matchs. Les rossoneri eux, peuvent se targuer d’avoir le joueur le plus capé en termes de Derby, l’unique Paolo Maldini, qui comptabilise pas moins de 56 Derbys, en 25 saisons professionnelles avec l’AC Milan. La joie ne s’arrête pas là du côté de l’AC Milan puisque les rossoneri possèdent également le meilleur buteur des Derbys, un certain Andrei Shevchenko, auteur de pas moins de 14 buts.

Enfin, le Derby della Madonnina ne s’arrête pas qu’à Milan, puisque la grandeur des deux clubs a fait que pas moins de 60 millions de personnes soient directement concernées puisque selon l’institut Nielsen, l’AC Milan comptabilise environ 47 millions de supporters à travers le monde contre 14 millions en faveur de l’Inter. Une différence qui peut s’expliquer par le rayonnement à l’international des rossoneri, qui restent à ce jour le club italien le plus titré à l’international. Le comble.

 

Rendez-vous donc ce dimanche 17 mars, pour un match qui s’annonce électrique entre l’AC Milan, invaincu depuis le 22 décembre 2018 et actuel 3ème de Série A et l’Inter, 4ème à seulement un point du rival. L’enjeu ? La suprématie de la ville et plus encore, une qualification en Ligue des Champions qui signifierait le début de la renaissance pour les rossoneri et la confirmation pour les nerazzuri. Ça promet !



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