Depuis le début de la saison, une seule machine Honda Repsol a passé la ligne d'arrivée lors d'un Grand Prix. Sur dix huit chances possibles, seul Joan Mir est parvenu à voir le drapeau à damiers le dimanche. Preuve de la très grande difficulté de manier l'imprévisible moto japonaise.
Dernier du classement, à trente huit points de l'équipe la plus proche, Honda Repsol vit clairement l'un des moments les plus compliqués de son histoire. Comme depuis quelques saisons déjà, le constructeur japonais n'est plus dans le coup. A l'instar de son compatriote Yamaha, les Nippons ne parviennent pas à concurrencer les firmes européennes, Ducati en tête. Au-delà de ne pas se battre devant, les pilotes souffrent aussi d'une moto imprévisible qui ne répond jamais comme ils le pensent. Si la victoire d'Alex Rins, avec une moto satellite, était un léger motif d'espoir, celui-ci n'a pas duré.
Le constat est plus qu'inquiétant. En neuf Grands Prix, soit dix huit possibilités de les finir, une seule fois une Honda Repsol a franchi la ligne d'arrivée. Cela est arrivé lors du premier GP de la saison, au Portugal, en mars dernier. L'auteur de cet « exploit » est Joan Mir, onzième à Portimao. Depuis les machines japonaises finissent dans les graviers ou les pilotes titulaires sont absents pour cause de blessure.
Véritable OVNI du MotoGP, capable des plus belles prouesses possibles au guidon d'une moto, Marc Marquez ne semble plus savoir finir une course. Forfait à cinq reprises pour soigner ses problèmes physiques qui le suivent depuis près de trois saisons, l'octuple champion du monde a toujours chuté lors des quatre autres manches. S'il en a parfois trop fait, il a aussi été victime d'un manque de chance, comme dimanche dernier à Silverstone après un contact avec Enea Bastianini (Ducati Lenovo Team) qui l'a envoyé à terre. « C’est un de ces jours où l’on se dit que la malchance est intervenue. Parfois, quand je fais une erreur, je dis : ‘J’ai fait une erreur’, mais là, juste dans cette zone, il s’est mis à pleuvoir un peu. J’ai vu que l’état de la piste était pire, j’ai commencé à déraper, je suis sorti un peu large à l’extérieur, mais juste à ce moment-là, Bastianini est aussi allé un peu à l’extérieur et il a fait une petite erreur, c’est normal, et il était également large. Mon frein avant a heurté sa roue arrière et je suis tombé. Cela fait partie des chutes que tu acceptes. » Le fait est que l'Espagnol n'a pas inscrit le moindre point le dimanche.

Hormis son résultat au Portugal, Joan Mir n'a pas fait mieux. Le champion du monde 2020 a lui aussi raté quatre week-ends pour se remettre de pépins physiques. Pour le reste, il n'a pas fait mieux que son voisin de garage. Avant même d'envisager de rentrer dans le top-15, aller jusqu'au bout du Grand Prix doit être le premier objectif des deux pilotes.
Marc Márquez & Joan Mir’s Grand Prix results in 2023 so far. It has been a complete nightmare for Repsol Honda with just ONE finish on a Sunday 🤯#MotoGP pic.twitter.com/z3Nm6Xh9Wn
— Crash MotoGP (@crash_motogp) August 7, 2023
Du mieux en course sprint, surtout pour Marquez
Quand on enlève les forfaits, le samedi, les pilotes Honda Repsol font mieux que le dimanche. Déjà, ils terminent. Joan Mir n'a jamais réussi à inscrire des points (finir dans les neuf premiers) mais a terminé trois des six sprint race qu'il a disputé (douzième à Austin, quatorzième au Mans et dix-septième à Silverstone). Il lui reste quand même quelques erreurs à gommer, en témoigne ses trois autres abandons.

Lui a brillé dans ce nouveau format. Dès le lancement de la saison, Marc Marquez est monté sur le podium de la course sprint à Portimao. Troisième, le pilote Honda Repsol semble bien apprécier les efforts plus courts. Il faut dire qu'en dix ou quinze tours, il peut prendre des risques sans avoir trop de dégradation pneumatique. Cinquième au Mans et septième au Mugello, la fourmi de Cervera doit ses quinze points au championnat à ses performances en sprint race. S'il s'est classé hors des points lors des trois dernières courses, il a quand même réussi à aller jusqu'au bout. Comme il le dit lui-même, cela lui permet d'accumuler des kilomètres et de travailler pour l'avenir. Reste à faire de même le dimanche.