Dans la pire situation de sa carrière, l’avenir de Marc Marquez pose question dans le paddock du MotoGP. Au guidon d’une machine peu compétitive, l’octuple champion du monde pourrait avoir des envies d’ailleurs. Pourtant, malgré un CV impressionnant, les écuries ne se battent pas pour l’accueillir, bien au contraire.

 

Quand on parle de Marc Marquez, on pense forcément au team Honda Repsol. Depuis son arrivée en MotoGP en 2013, le porteur du N°93 brille au guidon de la moto japonaise. Mais tout a changé en juin 2020. Victime d’une très grosse chute, lors de l’ouverture de la saison à Jerez, l’Espagnol a été éloigné des pistes pendant de longs mois. Une période où le constructeur nippon a perdu de sa splendeur. 

Depuis ce terrible incident, Marc Marquez n’est plus vraiment le même. Capable de coups d’éclat impensable, comme ses trois victoires en 2021 (Allemagne, Texas, Emilie-Romagne), la fourmi de Cervera manque près d’un Grand Prix sur deux à cause de ses problèmes physiques. Jamais réellement remis de sa terrible chute, il ne possède pas non plus le matériel nécessaire pour gagner quand il est présent. 

Or, l’appétit de Marc Marquez est insatiable. Véritable machine à succès, le funambule espagnol est loin d’avoir dit adieu à ses rêves d’un neuvième titre mondial, soit le même total que la légende de la discipline, Valentino Rossi. Mais celui-ci pourrait-il être acquis loin de son équipe de toujours ?

Marquez croit toujours au projet Honda

Dans son équipe, Marc Marquez se sait écouté et respecté même si la situation n'est pas aussi belle qu'il y a quelques années. © Icon Sport.

La moitié des pilotes présents sur la grille 2023 ont déjà un contrat pour la saison prochaine et Marc Marquez fait partie de cette liste. Pourtant, les rumeurs vont bon train sur un possible départ en fin d’année même si dans le clan Honda on martèle que cela n’arrivera pas. 

Interrogé sur le sujet à Assen, lors de l’annonce de son forfait pour le Grand Prix des Pays-Bas, le porteur du N°93 a déclaré qu’il ne voulait pas penser à son futur puisqu’il vivait « le moment le plus difficile de sa carrière. Tu ne peux pas savoir ce que tu feras quand tu es dans cette situation. Je dois me concentrer sur mon corps, mon mental et me remettre de tout ça. » Quelques jours auparavant, il avait néanmoins révélé que s’il était « ici avec Honda, c’est parce que je suis engagé à fond dans ce projet. Je veux bosser pour améliorer la moto dans le futur. » 

En interne, le sujet n’est pas encore venu sur la table. Lors de cette même conférence de presse, Albert Puig, team manager de Honda Repsol, admettait que les deux partis n’en avaient « pas encore discuté. J’ai envie de dire qu’il sera encore là (en 2024) vu qu’il a un contrat. Après, chaque personne est libre de faire ce qu’elle veut. » Pas de quoi rassurer les fans de l’équipe japonaise qui pourrait bien voir leur leader s’en aller dès la fin de l’année. 

Ducati écarte son arrivée 

A défaut de ne pas avoir la même machine que Francesco Bagnaia, Marc Marquez essaie de prendre sa roue en piste. © Icon Sport.

Il y a quelques semaines, Jorge Lorenzo a lâché une bombe dans les colonnes du site Motogp.com. Le quintuple champion du monde, ancien coéquipier de Marc Marquez chez Honda Repsol en 2019, pensait que son ancien voisin de garage irait chez Ducati ! « Je pense que Marc Marquez ira chez Ducati. Il va recevoir une offre qui ne le satisfera pas, mais il l’acceptera. Je ne sais pas s’il sera dans l’équipe officielle ou dans un team satellite, mais après trois ou quatre ans sans gagner, il va vouloir le faire à nouveau. » Interrogé sur la capacité de son compatriote à battre les nouveaux talents affamés, celui qui s’est reconverti en sport automobile a rappelé que « les jeunes pilotes sont rapides mais Marc Marquez est Marc Marquez. » 

Immédiatement, Paolo Ciabatti, directeur sportif de la firme italienne s’est empressé de démentir les propos de Jorge Lorenzo. « Il n’y a pas de place pour d’autres pilotes, nous en avons déjà beaucoup et nous en sommes contents. C’est navrant de voir un champion comme Marc chuter autant. Essayer d’obtenir des résultats si la moto n’est pas bonne risque de créer des accidents et d’impliquer d’autres pilotes. » Voir Marc Marquez chez Ducati aurait été probablement très apprécié par beaucoup de fans, qui ne demandent qu’à retrouver l’ogre espagnol sur une moto compétitive.

KTM n’en veut pas à court terme 

La piste Ducati entérinée, les rumeurs se sont tournées vers la seconde force du plateau : KTM. En théorie, cela aurait été un bon choix pour le porteur du N°93 mais la réalité est bien plus compliquée. Le constructeur autrichien n’a clairement pas la place pour accueillir l’octuple champion du monde. Au sein de l’écurie officielle, Brad Binder et Jack Miller font clairement ce qu’il faut pour évoluer au plus haut niveau. 

A l’inverse, voir Marc Marquez évoluer dans le team satellite, GasGas Tech3, paraît peu probable puisque l’équipe dirigée par Hervé Poncharal est souvent en fond de grille. C’est aussi une structure permettant de faire grandir les jeunes pilotes qui rejoindront ensuite l’écurie officielle. KTM est déjà dans l’impasse avec Pedro Acosta, pilote de la filière actuellement en Moto2 désireux de rejoindre la catégorie reine dès 2024, alors pourquoi se rajouter des problèmes dans l’équation avec Marc Marquez.

« Marc Marquez n’est pas un sujet dont nous discutons, affirme Francesco Guidotti, team manager du Red Bull KTM Factory Racing. Nous avons une excellente filière et nous composons à partir de là. Pour le moment, il n’est pas une option réalisable puisqu’il a un contrat avec Honda. En 2025, ce sera une autre affaire, à la fois pour lui et pour tous les pilotes dont les contrats expirent. » 

Dans une impasse

A la lecture des dernières lignes, l’avenir de Marc Marquez ne semble pas s’écrire sur l’une des motos les plus rapides du plateau. Il reste donc trois options. La première serait de rejoindre Aprilia. Néanmoins, le constructeur italien,à priori satisfait des performances d’Aleix Espargaro et de Maverick Viñales, ne s’est pas positionné sur ce dossier. L’autre possibilité verrait l’Espagnol rejoindre son rival de 2019 Fabio Quartararo chez Yamaha. Mais pourquoi quitter une équipe en grande difficulté pour en rejoindre une où la situation est similaire ? Sur le papier, le duo de champion du monde est alléchant mais rien ne garantit qu’il fonctionnera, en témoigne celui composé par Marc Marquez et Joan Mir chez Honda Repsol.

Toujours très souriant quand ils sont ensemble, Fabio Quartararo et Marc Marquez rouleront-ils dans la même équipe un jour ? © Icon Sport.

Le porteur du N°93 va très probablement rester chez Honda Repsol une année de plus. Si c’est le cas, la question de son futur animera la campagne 2024. L’Espagnol aura 32 ans à la fin de son contrat mais sa faim de victoire sera-t-elle toujours aussi conséquente ? Si les chutes continuent d’arriver, et les blessures avec, la question de la retraite viendra aussi se poser.