Onzième de la course sprint, Marc Marquez ne pouvait guère espérer mieux. Tombé trois fois ce samedi matin en qualifications, le pilote Honda Repsol a pour une fois privilégié la sagesse au risque. Une situation amenée à se reproduire dans les semaines à venir.

 

Depuis le début du week-end en Allemagne, Marc Marquez fait beaucoup parler de lui. D’abord vendredi, lorsqu’à la fin des Essais Libres 2, le pilote Honda Repsol perdait le contrôle de sa moto et envoyait involontairement Johann Zarco, qui sortait des stands, dans le décor. 

Si l’action est un simple concours de mauvaises circonstances, la réaction de l’octuple champion du monde n’a pas plu à tout le monde. Alors que le pilote tricolore restait au sol, l’Espagnol courait vers son stand pour enfourcher sa seconde machine, sans prendre le temps de s’inquiéter de l’état de santé du Français. Pour sa défense, la fourmi de Cervera admettait que « les motos arrivaient en piste. Johann (Zarco) était encore sur la piste donc c’était dangereux. J’ai vu qu’il était conscient, j’ai pensé à ne pas créer une situation encore plus dangereuse en y allant. »

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Ces arguments n’ont pas réellement convaincu plusieurs de ses homologues, à commencer par le principal concerné. Le pilote Prima Pramac Racing a même invité le pensionnaire de Honda Repsol à « réfléchir avant de parler et contrôler ses mots. » Dans la tourmente en dehors, Marc Marquez n’est pas non plus dans une situation favorable sur la piste.

Trois chutes en moins de trente minutes !

High-side, perte de l'avant, glissade à haute vitesse… Marc Marquez a tout expérimenté en matière de chute lors des qualifications. © Icon Sport.

Non qualifié dans le top-10 à la fin de la première journée, le porteur du N°93 devait passer par la Q1. A la fin de son premier run, il tombait dans les graviers du dernier virage, se relevait immédiatement et partait en courant jusqu’à son box. Problème : sa deuxième moto n’avait pas de pneus pluie et la piste était à peine séchante. Usant de son talent, Marc Marquez réussissait quand même à se hisser en Q2.

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Dans la deuxième phase des qualifications, il chutait à deux reprises ! Ses mécaniciens démontaient même les parties aérodynamiques de la moto de Joan Mir, absent ce week-end, pour les monter sur celle du leader de l’équipe. Avec moins de tours que ses adversaires, le pilote Honda Repsol se classait septième, une place presque inespérée. 

« Sur le mouillé, nous étions rapides et j’étais là. Mais au fur et à mesure que la piste séchait, j’ai commencé à beaucoup souffrir. J’attaquais, je chutais, je retournais au box pour repartir à l’attaque… Tous ces risques pour une septième place, ce n’était pas suffisant. » 

Interrogé sur son nombre élevé d’erreurs, le natif de Cervera ne s’en préoccupait pas, estimant qu’il n’avait pas le choix s’il voulait être compétitif. « Au moins je suis là, proche des meilleurs. Mais le moyen d’y parvenir est de prendre trop de risques, avec pour conséquence de trop chuter. J’ai analysé la situation et je me suis dit que nous ne pouvions pas continuer comme ça. Je me souviens d’être assis sur mon canapé lors d'un Grand Prix où Mir avait chuté quatre fois dans le week-end pour se battre pour la 15ème place. C’est important de voir la vraie situation. Nous ne sommes pas prêts pour jouer le podium. » Un top-3 qu’il ne va effectivement pas voir en course sprint.

Prudence plus que performance 

En manque de rythme, et auteur de quelques erreurs, Marc Marquez a vécu quinze tours difficiles en course sprint. © Icon Sport.

En huit courses au Sachsenring, Marc Marquez a gagné… huit fois ! Et pourtant, ce samedi, cette supériorité ne s’est absolument pas vue. « Mon énergie était positive et je me suis dit que j’allais réussir après avoir galéré vendredi. J’ai abordé le sprint avec optimisme, j’ai d’ailleurs attaqué dès le premier tour. Mais durant ce tour, j’ai eu une alerte au virage n°11 puis au virage n°1, et dans ce cas, tu coupes un peu les gaz et tu termines la course. »

Alors le pilote Honda Repsol n’a pas résisté, ni tenté des dépassements spectaculaires comme il en a l’habitude. Onzième à l’arrivée, l’octuple vainqueur du Grand Prix d’Allemagne regrettait une moto « désastreuse. Nous avons apporté un changement pour la course en prenant un risque, mais en le faisant, on a perdu du grip et de l’aisance dans les virages. Ce sera normalement plus favorable dimanche car nous allons revenir à une moto que je connais. Voyons si avec ma base, je peux me sentir mieux et moins souffrir.  »

Une souffrance au guidon et aussi au niveau du moral. Marc Marquez le comprend très bien, s’il n’est pas performant sur un circuit où il a tellement dominé, alors il risque de ne pas l’être de toute la saison. A moins que Honda trouve une solution miracle.