Non classé d'un Grand Prix où il aurait pu finir sixième, Johann Zarco était en colère devant les médias. Pour ne pas avoir ramené sa moto dans les règles, le Français n'a pas reçu l'autorisation de la direction de course de s'installer sur la deuxième grille de départ. Le pilote Prima Pramac Racing a pourtant essayé de tout bien faire. 

 

Johann Zarco quitte le Japon avec beaucoup de déception. Le Tricolore n'a inscrit aucun point après une chute dans le douzième tour de course. Le drapeau rouge, arrivé quelques instants plus tard, ne lui a pas permis de réintégrer le classement puisque le pilote Prima Pramac Racing n'est pas revenu au box de la manière imposée par le règlement.

Cinq mètres de trop

Le Grand Prix du Japon n'a duré que treize tours. La faute à une forte pluie venue perturber le bon déroulé de l'épreuve. Un tour après la mi-course, les conditions de piste ont obligé les commissaires à sortir le drapeau rouge. Juste avant, Johann Zarco sortait au niveau du virage douze. « J'ai chuté en raison d'un aquaplaning, expliquait le Français. »

Selon la règle, l'ordre de départ doit être établi avec le classement du tour précédent. A ce stade là, le pilote Prima Pramac Racing était sixième en train de pourchasser l'Aprilia d'Aleix Espargaro. Pourtant, lors de l'apparition de la seconde grille de départ, le porteur du N°5 n'apparaissait pas à l'écran. L'asphalte toujours détrempée, le Grand Prix en restait là et Jorge Martin s'imposait. Pendant que son coéquipier était déclaré non classé.

Très énervé, le Cannois ne comprenait pas. « Je suis allé demander des explications pour savoir pourquoi je ne suis pas sixième.  J’ai essayé de ramener ma moto aux stands, je l’ai fait mais ils n’ont pas compté mon résultat, je n’ai pas terminé sixième. J’aurais dû franchir la ligne de délimitation des 60 km/h de la pit-lane, et comme je suis passé cinq mètres sur le côté, ils ne le comptent pas. C’est pourquoi que je suis en colère. » Pour cinq petits mètres, Johann Zarco n'inscrivait pas dix points. Conséquence directe au championnat : Aleix Espargaro chipe la cinquième place du Tricolore au général.

Déchainé sous la pluie, Johann Zarco peut néanmoins capitaliser sur sa belle remontée. © Icon Sport.

« Ça, ça m'a mis les boules, parce que sixième c'est dix points, c'est important. Si je tombe au virage trois, que je traverse le paddock avec la moto, je suis d'accord qu'il manque trois kilomètres de piste, admettons, mais la distance de la piste je l'ai faite. Que ce soit cinq mètres à droite ou cinq mètres à gauche, elle est faite.

Ce sont les règles à la c**.  Enfin, ce n'est pas une règle à la c** : il y a du sens de dire qu'il y a drapeau rouge, tout le monde n'a pas coupé la ligne (certains sont rentrés sans boucler le treizième tour de course puisque leur positionnement en piste le permettait), du coup on prend le tour d'avant. Ça, ça a du sens. Et une fois qu'il y a le drapeau rouge, il faut arriver à ramener la moto jusqu'au box en passant par la pitl-ane. C'est un peu étrange, il faudrait presque prendre une distance sur le GPS de la moto pour vérifier que cette distance a été faite. » Fataliste, il concluait son week-end avec philosophie. « Quand les choses ne veulent pas aller, elles ne vont pas, c'est comme ça.”

Un départ chaotique mais une belle remontée

Obligé de sortir de la piste, Johann Zarco aurait pu tout perdre dès le premier virage. © Icon Sport.

Le dimanche de Johann Zarco avait déjà mal débuté. Au premier freinage, Maverick Viñales (Aprilia Racing) manquait son freinage et percutait le Français. Si l'Espagnol tombait dans le bac à graviers, le pensionnaire du Prima Pramac Racing repartait en queue de peloton. Le changement de moto pour passer sur celle pluie était une bonne nouvelle pour le Tricolore.

« Chausser les pneus pluie était bon pour moi car ce n’était pas complètement mouillé au début donc j’ai pu reprendre du temps. Quand la pluie s’est intensifiée, ce n’était pas facile de comprendre où était la limite, mais j’étais quand même rapide, je reprenais des positions. » Revenu comme un boulet de canon jusqu'au sixième rang, ses efforts n'ont malheureusement pas été récompensés.