31 ans. 26 minutes jouées depuis janvier 2020. 3 clubs sur les 10 derniers mois. Et une sélection quasiment indiscutable avec les Diables Rouges à chaque fois. Voilà l’énigme Nacer Chadli, de nouveau sélectionné par Roberto Martinez pour les prochains matchs de la Belgique. Cette fois-ci, il semble qu’il n’y a pas de réponse à ce mystère. James Bond, Agatha Christie, Hercule Poirot, le Colonel Moutarde avec le poignard dans la cuisine… vous pourrez faire appel à n’importe quel détective, ce choix du tacticien espagnol est d’un flou le plus total.

 

La scène de crime

Le 30 août 2018, Nacer Chadli s’engage avec l’AS Monaco contre la modique somme de 12 millions d’euros. Le Belge sort d’une saison compliquée, très compliquée avec West Bromwich. Blessé quasiment toute l’année, Chadli n’a disputé que 5 petits matchs. Mais alors qu’est-ce qui justifie un tel transfert ? La « récompense » a un Mondial plus ou moins réussi ? Ou plutôt à un but de dernière minute contre le Japon ? Difficile de savoir. Qu’importe, Vadim Vasilyev, alors vice-président du club de la Principauté, se félicite de ce transfert. « J’ai parlé avec lui. C’est une très bonne recrue qui sera opérationnelle très vite, je pense. Je suis convaincu qu’il va nous amener son expérience, sa qualité, sa sérénité pour permettre d’évacuer la pression qui est sur les jeunes. » assurait-il. Résultat ? 22 apparitions avec les couleurs de l’AS Monaco. 0 but. 0 passe décisive. Et une blessure à la cuisse qui a obligé le Belge de s’écarter des terrains pour 55 jours.

Face à cet échec, Nacer Chadli quitte le club de la Principauté pour la Belgique et le club prestigieux d’Anderlecht. Le bilan est positif mais on est encore loin du niveau qu’il avait à Tottenham en 2014. Avec 2 nouvelles blessures, l’ancien Monégasque ne trouve qu’à 8 reprises le chemin des filets. Des chiffres qui ne font pas rêver le club français qui s’en sépare définitivement le 10 septembre dernier. Depuis, le Liégeois n’a frôlé la pelouse que 12 petites minutes avec ses nouvelles couleurs de l’Istanbul Başakşehir, la faute à de nouvelles douleurs au niveau de sa cuisse.

Premier match de Nacer Chadli avec l'Istanbul Basaksehir
crédits : Fotomaç

Un alibi ?

Le vendredi 6 novembre 2020, Roberto Martinez dévoile sa sélection et le nom de Nacer Chadli retentit. Pourquoi ? Voilà une bonne question dont personne ne semble avoir la réponse. Comment peut-il justifier sa sélection ? Invraisemblable. En vérité, il y a peut-être une raison, si vraiment on veut en trouver une par la force des choses. L’absence de Yannick Carrasco, blessé à la cuisse, et celle de Timothy Castagne, pourraient justifier la présence de l’ancien joueur monégasque. Toutefois, le jour de l’annonce du tacticien espagnol, trois joueurs pouvaient potentiellement prendre le relai sur ce flanc gauche. À savoir : Thorgan Hazard, Alexis Saelemaekers ou encore Yari Verschaeren. Ce dernier a déjà occupé la place de Nacer Chadli à Anderlecht lors de certaines rencontres cette saison. Blessé de dernière minute, le milieu de terrain du Milan AC a laissé sa place à Thomas Foket en début de semaine. Nacer Chadli pourrait donc avoir du temps de jeu lors du match amical face à la Suisse ce mercredi.

Des jeunes auraient-ils dû figurer dans ce groupe à la place de Chadli ? Jugez par vous-même en regardant les excellentes performances de Francesco Antonucci (21 ans) en deuxième division hollandaise, la belle intégration de Francis Amuzu (21 ans) avec l’équipe première d’Anderlecht ou encore celle de Samuel Bastien (24 ans) au Standard de Liège. Ces trois joueurs occupent ou ont déjà occupé le flanc gauche de l’entrejeu avec les sélections jeunes. Bref, qui va à la chasse perd sa place, mais avec Roberto Martinez, celui qui part à la montagne ne la gagne pas.

 

Choix incompréhensible ? Préventif ? Catastrophique ? Amusant ? Chacun aura son propre avis sur la question mais une chose est certaine, Roberto Martinez a rendu un bel hommage à un vieux dicton lors de la dernière annonce de sa sélection : le ridicule ne tue pas…

 

Matthieu DARBAS