NBA Flashback : Shaquille O’Neal, l’anomalie 2000.

Chaque semaine le mercredi et ce pendant toute la saison régulière, vous aurez le droit à un pan de l’histoire de la NBA raconté par mes soins. Des records, des joueurs légendaires, des changements de règles, des performances, tout sera couvert, et ce des balbutiements de la ligue dans les années 50 aux dernières saisons. Le but de cette chronique est simple : vous permettre de (re)découvrir des facettes parfois oubliées de cette merveilleuse ligue qu’est la NBA. Alors, êtes-vous confortablement installés pour un brin de lecture ? Si oui, abordons tout de suite le sujet de cette semaine. 

 

Introduisons ce sujet par une simple question. Saviez-vous que de 1955 (date de mise en place du trophée de MVP) à 1970, soit 15 ans plus tard, les pivots représentaient 11 trophées de MVP décernés sur 15 ? Solide ratio, expliqué en partie par la présence des dénommés Bill Russell et Wilt Chamberlain dans les raquettes (si vous ne savez pas de qui je parle, rendez-vous ici.) Maintenant, savez-vous combien de pivots purs, exit les Kevin Garnett et Tim Duncan donc, ont reçu cette distinction au cours des 18 années passées ? Un seul. Mais qui est-il ? Vous l’avez probablement déjà deviné, et même si vous ne suivez que très peu la NBA, vous le connaissez forcément. Laissez-moi vous raconter la saison 1999-2000 de Shaquille O’Neal, saison qualifiée “d’OVNI”.

 

Un contexte particulier.

 

Shaq arrive aux Lakers à l’été 1996, après quelques années de bons et loyaux services en Floride, à Orlando, où il a déjà pu faire l’étalage de sa domination. Lorsqu’il arrive à Los Angeles, le Big Diesel est encore jeune et n’est pas encore à son prime. Physiquement, le Shaq fait peur : 2m16 et quelques 146 kg. Son but est clair : remporter une bague en Californie, chose qu’il n’avait pu faire à Orlando, notamment après avoir été défait en Finales par Hakeem Olajuwon.

 

Été 96, Shaq porte le jeune rookie Bryant au Media Day.

 

Aux côtés de Nick Van Excel, Eddie Jones ou du très jeune Kobe Bryant, Shaq ira en Playoffs trois années de suite (97, 98 et 99) sans parvenir à atteindre les Finales, éliminé par les Spurs de Robinson et le Jazz de Malone. Mais à l’orée de la saison 1999-2000, Phil Jackson, anciennement coach émérite des Bulls de Jordan et spécialiste de l’attaque en triangle, rejoint les Lakers en tant que coach. Son système sera parfaitement intégré par le puissant Shaq. Et c’est ainsi que commença l’anomalie qu’est la saison 1999-2000 du Big Diesel.

 

Most Dominant Player ?

 

Oui, dominant n’est pas une simple exagération. En fait, c’est même trop faible pour décrire l’ouragan californien qui s’abat sur la Ligue et balaye tout sur son passage. Tout réussit aux Lakers cette saison-là. Les joueurs s’adaptent à merveille aux systèmes du vénérable Phil Jackson, Kobe explose au grand jour (22,5 points de moyenne lors de l’exercice, alors qu’il n’a que 21 ans), et les Lakers enregistrent 67 victoires et 15 défaites. L’équipe californienne domine de bout en bout cette saison, mais la cause principale de cet ouragan est le mastodonte du poste 5.

29,7 points, 13,6 rebonds, 3 contres par match. Voici les stats du Shaq sur 79 matchs joués cette saison. Il s’agit de sa meilleure moyenne de points en carrière, et il est leader de la ligue dans ce domaine, devançant de peu Allen Iverson, qui récoltera un seul vote dans la course au MVP, empêchant le Big Diesel d’être le premier MVP unanime de l’histoire. Cet honneur reviendra plus tard à un dénommé Stephen Curry.

 

Shaq dans ses oeuvres contre les voisins des Clippers, un soir de mars 2000. Une soirée historique.

 

La saison de MVP du Shaq est connue comme l’une des plus dominantes de l’histoire des MVPs. Si les stats sont l’une des raisons évidentes, les dunks écrasants, le leadership évident, son trashtalking et certains matchs all-time aident. Il est le meilleur joueur de la meilleure équipe de la ligue, et le montre en ponctuant sa saison de quelques perfs individuellement monstrueuses. “Simple” exemple : le 6 mars 2000, les Lakers jouent chez leurs voisins Clippers. Jusque-là, rien de bien particulier. Sauf que cette date est particulière : c’est l’anniversaire du Shaq. Et si les Clippers se défendent et jouent bien, Shaq n’en a que faire. 61 points et 20 rebonds plus tard, la messe est dite. Record de points en carrière, première fois depuis Wilt Chamberlain qu’un joueur met 60 points en captant 20 rebonds, l’intraitable Shaquille se régale. 60 points à base de alley-oop, de dunks et de moves au poste, sans tir à 3-points, et avec un pourcentage dégueulasse aux lancers, imaginez seulement. Regardez encore une fois la ligne de stats, parce que vous n’êtes pas prêts de la revoir avant longtemps (Anthony Davis, c’est toi qu’on regarde.)

Évidemment, il est élu au All-Star Game. Avec une bonne vingtaine de points et une dizaine de rebonds lors du match, il est désigné co-MVP avec Tim Duncan. Résultat ? Lors de la seule saison régulière, Shaq est désigné MVP du All-Star Game et de la régulière. Ça vous pose un bonhomme. Et s’il n’y avait que ça …

 

L’apothéose d’une saison historique.

 

Parce qu’après une saison régulière pareille, les Playoffs doivent suivre. Après plusieurs années de disette en post-season, il est temps pour le Shaq & Cie de décrocher le Graal. Au premier tour, les Lakers se défont dans la douleur des Sacramento Kings de Jason Williams, C-Webb et Peja Stejakovic en 7 matchs. Le deuxième tour est plus facile, il suffit de 5 matchs pour se défaire de Suns faibles. En Finales, les Portland Trail Blazers donnent beaucoup de difficultés aux Lakers. Menés 3-1 dans la série, les Lakers s’en sortent facilement au Game 7 sur un come-back invraisemblable, symbolisé par la photo d’un magnifique alley-oop entre Kobe et Shaq dans le dernier quart.

 

Un alley-oop, un comeback, une célébration devenue mythique, une photo légendaire.

 

Ça y est. Les Lakers sont en Finales. Shaq a enfin l’occasion de se rattraper et de décrocher l’ultime trophée. Et ce sont les Pacers de Reggie Miller qui se dressent sur la route du titan. Enfin sur la route … Il est difficile d’exprimer autrement que par de l’incrédulité la série de Finales du Big Diesel. Un Kobe blessé au Game 2, et jamais vraiment impactant dans ces Finales ? Pas de problème pour Shaq. Celui-ci met un gigantesque point d’exclamation sur sa saison monstrueuse par une série encore plus titanesque. Les Pacers ne pouvaient rien faire, ils n’avaient aucune chance. Au final ? 4-2 pour les Lakers, qui reviennent enfin sur le toit du monde.

Et le Shaq, me direz-vous ? Mouillez-vous la nuque, voici les stats. 38 points, 16,7 rebonds, 2,7 contres de moyenne sur 6 matchs. Pas un seul match en dessous des 33 points. Au moins 42 minutes jouées sur l’ensemble de la série. Une orgie offensive, une machine inarrêtable, appelez ça comme vous le souhaitez. Toujours est-il qu’il s’agit de l’une des lignes de stats les plus fournies de l’histoire en Finales. Ce qu’il en résulte ? Un titre, son premier, et un MVP des Finales évident.

 

Résumons. Meilleur marqueur de la régulière, meilleur joueur de la meilleure équipe, MVP du All-Star Game, MVP quasi-unanime de la saison régulière, MVP des Finales pour son premier titre. Ce triplé de MVP, seuls deux joueurs l’ont réalisé dans l’histoire autre que le Shaq : Willis Reed, et un dénommé Michael Jordan. Une campagne de Playoffs à près de 30 points, des Finales légendaires. Un match All-Time, une domination sans borne. Les qualificatifs sont nombreux pour décrire ce “bug” de l’an 2000. En plus d’être un joueur très apprécié, Shaquille O’Neal est l’un des plus grands basketteurs de l’histoire, et l’un des tout premiers à son poste. Je vous laisse aller regarder ses highlights et mixtapes, et vous donne rendez-vous pour la semaine prochaine ! 

A propos de l'auteur

Actuellement étudiant en école de commerce, fan de sport, surtout d'une certaine ligue qui me fait me réveiller à 2h pour regarder un Atlanta@Detroit. #ThunderUp #DajeRoma

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