Lanterne rouge de Ligue 1, l'Olympique Lyonnais vient d'être tenu en échec par un promu, Metz, dans son Parc OL, et n'a toujours pas gagné en l'espace de dix matches cette saison. Malgré l'arrivée d'un nouvel entraîneur, les Gones piétinent et n'y arrivent pas. Le comportement des joueurs, les choix tactiques, mais aussi la gouvernance si particulière de John Textor, retour sur les principales explications de ce début de saison complètement manqué.
4 points en 10 matches, Lyon voit rouge en Ligue 1
Certes, il y aura toujours cet Olympico à rejouer, et la possibilité de rendre le fauteuil de lanterne rouge de Ligue 1 à Clermont. Mais après dix matches de championnat, le constat est sans appel : l'Olympique Lyonnais est dans le dur en ce début de saison. La défaite inaugurale à Strasbourg n'augurait rien de bon. Il y a eu cinq autres défaites depuis. Dont deux claques à la maison face à Montpellier et au Paris Saint-Germain, avec quatre buts encaissés à chaque fois. Contre Lorient, avec deux longueurs d'avance à la mi-temps, les fans des Gones se frottaient déjà les mains, en vain (3-3). Hier dimanche, le pire a été évité sur le fil, avec une égalisation de Skelly Alvero sur le fil devant un modeste promu, le FC Metz (1-1).

Mais ce ne sont pas de petits points grappillés çà et là qui font avancer. D'autant que le calendrier de l'OL d'ici la trêve hivernale est pour le moins copieux. Jugez plutôt : Rennes, Lille, Lens, Marseille, Toulouse, Monaco et Nantes pour finir. Autant de gros morceaux en perspective, à diverses échelles. Bien évidemment, la saison est encore longue. Mais l'idée de voir l'Olympique Lyonnais imiter son éternel rival, Saint-Etienne, pour rejoindre la Ligue 2 dès l'été prochain, est particulièrement tenace chez bon nombre d'observateurs. Car au-delà des résultats, il y a aussi un comportement et un état d'esprit qui interpellent.
Les cadres de l'OL ont du mal à remobiliser les troupes
En faisant revenir des joueurs expérimentés comme Alexandre Lacazette, Corentin Tolisso ou encore Dejan Lovren ces derniers mois, l'Olympique Lyonnais espérait retrouver une certaine base au sein de son effectif. Hélas, aujourd'hui, le premier bilan est plus que mitigé. Forcément, avec 27 buts marqués en Ligue 1 la saison dernière, Lacazette a réussi un comeback fracassant à l'OL. Depuis cet été, s'il a trouvé le chemin des filets à trois reprises, le capitaine des Gones peine à motiver ses coéquipiers, et certains gestes d'humeur ne trompent pas, comme face à Montpellier avec un but avant une exclusion dans la foulée. Hier dimanche face à Metz, le Général a nettement déçu, pas aidé, il est vrai, par la prestation catastrophique de Mama Baldé à ses côtés.
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Au milieu, Corentin Tolisso, suspendu ce week-end, alterne le bon et le moins bon. Derrière, Dejan Lovren est carrément resté sur le banc face au promu, tandis que le champion du monde argentin Nicolas Tagliafico n'est pas toujours irréprochable, lui non plus. Dans les buts, le constat est plus ou moins similaire pour l'indéboulonnable Anthony Lopes. S'il a souvent été abandonné par ses coéquipiers, le gardien international portugais de 33 ans a déjà encaissé 13 buts, et tous ne semblaient pas inévitables. Absent lors des trois premières journées de Ligue 1 pour soigner une blessure au visage, Lopes était très attendu dès son retour face au Paris Saint-Germain. Le cinglant 4-1 concédé à la maison a calmé ses ardeurs. D'autant que seuls les attaquants du Havre ne sont pas parvenus à tromper sa vigilance cette saison. Mais contre Metz, il a longtemps tenu la baraque et n'est clairement pas le coupable idéal. D'autres explications sont à chercher, ailleurs.
Des changements tactiques qui interpellent
Sous l'ère Laurent Blanc, l'Olympique Lyonnais ne dérogeait pas à son traditionnel 4-2-3-1. Depuis son arrivée sur le banc de l'OL, Fabio Grosso sait qu'il doit innover pour briller. Hélas, pour l'heure, sa touche tactique ne prend pas. Lors du dernier match contre le FC Metz, le 5-3-2 a eu des allures de fiasco. Seuls Alvero, buteur, et Caqueret, dont la prestation fut honorable, ont surnagé. Pour le reste, tout est à revoir, ou presque. Le problème, c'est que le champion du monde italien a déjà mis à l'épreuve une vingtaine de joueurs, dans plusieurs configurations différentes. À Brest, pour son baptême du feu, le 4-1-4-1 n'a pas fonctionné. Du côté de Reims, pas plus de réussite dans une sorte de 3-4-1-2. Dans la foulée, le retour au 4-1-4-1 contre Lorient a failli porter ses fruits. Puis la défense à 5 n'a rien montré de bon. Un schéma qu'il serait bon d'affiner, notamment pour permettre à plusieurs talents comme Cherki ou Nuamah d'exploiter au mieux leur immense potentiel.
OL : John Textor fait appel à Tony Parker, fausse bonne idée ?
Enfin, si le terrain reste le juge de paix, force est de constater que la gestion de l'Olympique Lyonnais n'aide pas à ramener le calmer dans la maison des Gones. Si le bilan de Jean-Michel Aulas, au club depuis 1987 et qui a passé la main il y a peu, vaut ce qu'il vaut, celui de John Textor, nouvel homme fort de l'OL, est en train de tourner au vinaigre. En septembre dernier, le propriétaire américain de Lyon laissait déjà entendre qu'il souhaitait lever pas moins de 300 millions d'euros et que, pour ce faire, il était prêt à vendre tout ou partie de la LDLC Arena, salle omnisports construite par OL Groupe, notamment pour les matches de basket de l'ASVEL. La section féminine est, elle aussi, dans le viseur. Sans oublier la dernière folle rumeur concernant Tony Parker.
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En effet, sur Prime Video, l'ancienne légende des San Antonio Spurs et de la NBA a confirmé : “J'ai parlé avec John. Il veut que je revienne dans le board de l'OL, que j'intègre le board d'Eagle.” Reste à savoir si les fonctions de TP se limiteront au basket ou si l'intéressé aura un droit de regard sur le volet football. Parker pourrait aussi renouer le dialogue avec les élus locaux. Il était d'ailleurs assis à côté de Bruno Bernard, président de la métropole de Lyon, hier dimanche face à Metz. Pour rappel, l'élu avait fustigé la gestion de John Textor, il y a quelques jours de cela. En attendant, ce dimanche à Rennes, l'OL devra faire preuve de solidarité, alors que les supporters ont affiché leur soutien ces dernières heures. Il faudra bien ça à une lanterne rouge qui attend désespérément un signe du destin pour relever la tête, enfin.