Véritable pièce maîtresse depuis deux mois dans le système de Pep Guardiola, Oleksandr Zinchenko, 22 ans, s'est fait sa place dans la grisaille de Manchester City. Après deux années compliquées, le jeune ukrainien semble enfin saisir sa chance à un nouveau poste en l'absence de Benjamin Mendy. Enquête.

L'exil russe

Né le 15 décembre 1996 à Radomychl au Nord de l'Ukraine, le petit Oleksandr grandit dans le froid de cette région au milieu des pays de l'Ex-URSS. Zinchenko se passionne très rapidement pour le football et rejoint le grand Shaktar Donetsk à ses 13 ans. A plus de douze heures de voiture de sa ville natale, le jeune ukrainien joue et fait son trou dans le meilleur club du pays de cette dernière décennie. En position de milieu offensif, Oleksandr dispute même la Youth League avec les U19 du Shaktar dont il est le capitaine. Un but et une passe décisive face à Manchester United plus tard, Zinchenko et sa troupe se feront éliminer en huitièmes de finale face à Arsenal (3-1) dont il sera le seul buteur de son équipe.

Cette génération ukrainienne très intéressante avec notamment les deux joueurs de Donetsk Kovalenko et Matviienko forment donc le futur de la sélection. Malheureusement pour Zinchenko, sentant que son temps de jeu n'allait pas augmenter en équipe première, il décide de franchir le pas et de quitter son club formateur et le pays. Direction Oufa à l'est de la Russie. Situé entre les Monts Oural et la Volga, le modeste club de Bachkirie a tout pour offrir un environnement propice à l'épanouissement de sa jeune recrue.

L'Euro 2016 dans la tête

Après avoir participé à sept des douze matchs de la deuxième partie de saison du championnat 2015, Zinchenko démarre la saison 2015/2016 dans la peau d'un titulaire. Dans le même temps, l'international U21 habitué des sélections de jeunes ukrainiennes, participe à l'Euro 2015 duquel il ne passera pas les poules. Polyvalent avec son club, OZ évoluera aussi bien en tant que latéral gauche, milieu gauche, milieu offensif, milieu droit ou relayeur. Une adaptation remarquable et une saison pleine qui lui ouvre les portes de l'équipe nationale !

Crédit photo / Manchester City on Twitter

Une première sélection face à l'Espagne le 12 octobre 2015, des matchs en intégralité de plus en plus aboutis avec son club et Zinchenko se voit sélectionner pour l'Euro en France. Il jouera les trois matchs de poule et sera même titulaire lors de la dernière journée face à la Pologne. Dans le même temps, un certain Pep Guardiola signe à Manchester City et le jeune OZ rejoint les Skyblues à l'été 2016 pour seulement deux millions d'euros.

Une histoire d'amour compliquée

Oleksandr sera immédiatement prêté du côté des Pays-Bas au PSV Eindhoven. Après deux étés sans vacances, le jeune ukrainien se blesse pour le début de saison et n'intègre le groupe que début octobre. Un groupe qu'il quittera très vite pour la nouvelle année puisque le joueur de City finira la saison avec l'équipe réserve. Il disputera sept matchs avec les petits du PSV et délivrera neuf passes décisives. Une saison très dure psychologiquement comme il le dit lui-même : “Pour être honnête, j’ai eu une période compliquée quand j’étais au PSV. Je n’ai pas joué là bas et j’étais assez énervé pendant plusieurs mois.”

À l'aube de la saison 2017/2018, Zinchenko réalise donc son rêve de rejoindre City. Une saison comme joueur de rotation dans un nouveau pays et dans une nouvelle méthode de travail. Le système Guardiola demande de la rigueur et du travail mais Zinchenko s'accroche. Il disputera toutes les rencontres de Coupe de la Ligue à part la finale et huit rencontres de Premier League dont six entre janvier et mars. Aligné en position de latéral gauche, les débuts d'Oleksandr sous les couleurs des Skyblues sont hésitants malgré des qualités certaines.

Un modèle d'adaptation

Car oui, Oleksandr Zinchenko est un joueur dont rêve chaque entraîneur. Discret, combatif et intelligent, le nouveau numéro 35 est polyvalent au possible. Stabilisé au poste de latéral gauche sous l'ère Guardiola, l'ukrainien est un milieu offensif de formation. Cela se voit au niveau de sa qualité technique et de sa vision du jeu. Un pied gauche de qualité, un mental d'acier et un sens du devoir qui lui permet d'arriver là où il en est aujourd'hui. Cette saison plus que les autres, Oleksandr s'impose dans une des équipes les plus dominantes d'Europe.

Oleksandr Zinchenko : Un joueur incroyable selon Pep Guardiola. Credit photo / SkySports.com

Dans un rôle de latéral gauche pouvant évoluer à l'intérieur comme le demande le technicien espagnol, Zinchenko a réussi à faire oublier un Benjamin Mendy plombé par les blessures ainsi qu'un Fabian Delph trop imprévisible. L'Ukrainien a saisit sa chance et il est désormais un des maillons forts de ce collectif Cityzen.

S'imposer.

Auréolé d'un titre de champion d'Angleterre, le nouveau latéral démarre la saison actuelle comme il avait commencé la précédente, sur le banc. Des rumeurs de départ apparaissent mais le discours du joueur est clair : il reste. Un mental de guerrier pour un joueur que Vincent Kompany a pris sous son aile. Benjamin Mendy est de nouveau blessé, Delph fait de nouveau des erreurs grossières et c'est Danilo qui assure momentanément l'intérim à gauche. Le scénario semble se répéter pour l'Ukrainien qui cette fois ci ne va pas laisser passer sa chance en 2019.

Il a participé aux six derniers matchs de City en LDC et est un membre important de la rotation. Il dispute la plupart des matchs de Cup et depuis le carton face à Chelsea en championnat, OZ est indéboulonnable sur son côté gauche. Au-delà du temps de jeu offert au jeune de 22 ans, c'est la qualité des prestations que l'on doit souligner. Zinch' a déjà offert cinq caviars en 1600 minutes jouées cette saison. Une vista et une qualité de passes qui impressionne de l'autre côté de la Manche.

Sa constance, sa capacité d'adaptation et son attitude positive ont permis à Oleksandr Zinchenko de s'imposer comme un des éléments sur lesquels Pep Guardiola peut compter pour cette fin de saison. Un joueur incroyable selon le coach espagnol et un joueur que l'on a envie d'aimer. Méconnu du grand public, l'Ukrainien a tout pour se mettre les observateurs dans la poche. Attention, le show Zinchenko ne fait que commencer.

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