...de demain

Pedri, le jeune qui monte

Crédit photo: ESPN

À l’instar de son coéquipier et ami Ansu Fati la saison dernière, Pedri s’est fait une place dans l’effectif du géant barcelonais à 17 ans seulement. Fraichement débarqué de son club formateur Las Palmas cet été, l’enfant de Tenerife empile les minutes et enchaine les performances de haut niveau. Portrait d’un jeune pressé.

Sac plastique, Tenerife et dribble court

L’image a fait sourire la toile. Mardi 20 octobre, le FC Barcelone reçoit le modeste club hongrois de Ferencvaros, pour la 1re journée des phases de groupe de la Ligue des Champions. Alors que les joueurs catalans arrivent au compte goutte au stade, un gamin, sac plastique en main, passe devant des photographes amusés. Chaussures de foot et protèges tibias entassés dans le pochon, Pedro González López dit Pedri s’apprête à vivre son 1er match européen.

Entré en jeu à la 62e minute en lieu et place d’Ansu Fati, de 25 jours son aîné, il y inscrira même son tout premier golazo sous les couleurs blaugrana. D’une jolie frappe croisée en pivot, sur une offrande d’Ousmane Dembélé, il porte l’estocade à 4-1, avant que le prince de Winchester ne clôture la marque, 5-1 score final. Baptême du feu réussi donc, pour un jeune qui n’en finit plus de séduire son monde.

Le milieu offensif polyvalent tape ses premiers ballons à l’US Tegueste, sur l’île de Tenerife, la plus grande de l’archipel des Canaries. Puis, il rejoint le club voisin de la Juventud Laguna en 2015, à défaut du grand club local, le Club Deportivo Tenerife, pensionnaire de Segunda division. Jugé trop frêle (il mesure aujourd’hui 1,74 mètre pour 60kg), le centrocampista continue de travailler. Ses efforts vont commencer à payer. Petit gabarit aux dribbles courts, intelligent et doté d’une qualité de passe au-dessus de la moyenne, le gamin tape dans l’œil de l’Union Deportiva Las Palmas à l’été 2018, l’autre club phare de l’archipel situé sur l’île voisine de Gran Canaria et tout juste rétrogradé en Segunda division après une saison galère dans l’élite.

Qu’importe, le môme sait qu’un départ est inévitable s’il veut vivre de sa passion. Après une saison à faire ses gammes autant qu’il impressionne, le jeune homme de 16 ans alors (il est né en novembre 2002 ) est invité à effectuer la préparation estivale 2019 avec le groupe pro. Évidemment, la rumeur d’une pépite dans les rangs Pío-pío se répand comme une traînée de poudre bien avant son incorporation chez les pros. D’ailleurs, en février 2018, déjà, il échappe au giron du Real Madrid. Alors qu’un stage est prévu à Valdebebas, le centre d’entraînement madrilène, la neige contraint les dirigeants à annuler l’évènement. À la grande joie de son meilleur ennemi, le Barça, qui fera signer la promesse à l’été 2019, après 3 matchs chez les professionnels.

Grand départ et confirmation

Mais avant de rejoindre le club culé, le pur produit de la formation espagnole restera une saison de plus sur son île. Histoire d’étrenner le maillot jaune et bleu chez les grands, et surtout de montrer pourquoi les dirigeants blaugranas n’ont pas hésité à débourser les 6 millions d’euros (plus des bonus qui pourraient faire grimper ce montant à 30M) demandés par le club des Canaries pour s’attacher ses services. 36 matchs de championnat, 4 buts et 7 passes décisives plus tard (alors que le gamin s’absente du 26 octobre au 11 novembre pour disputer la coupe du monde U17 au Brésil, avec une élimination par la France en quart de finale), le joueur le plus utilisé du club avec 2 833 minutes s’envole pour le continent.

Après la Segunda division, c’est bien la Liga que l’insulaire compte dompter, même s’il a conscience que sa progression passe peut-être par un prêt : “La première option est de rester ici et de m’amuser avec les meilleurs, même si un prêt n’est pas totalement exclu” déclare-t-il lors de sa présentation. Pedri fait ses preuves lors de la préparation estivale et débute même le premier des 3 matchs amicaux face au Gimnàstic Tarragone. Sur ces 3 matchs, il comptabilise 86 minutes de temps de jeu et convainc Ronald Koeman, le nouvel entraineur, de le garder.

Fan d’Iniesta et biberonné par les fulgurances de Michael Laudrup, il déclare lors de sa présentation sous ses nouvelles couleurs :”Ma plus grosse référence a été Iniesta, mais mon père me montrait des vidéos de Laudrup. J’adorais son jeu”. Le joyau grappille les minutes lors des 3 premiers matchs de championnat face à Villareal, le Celta Vigo et le FC Séville. Finalement, c’est au sortir de la trêve internationale, passée avec les Espoirs espagnols, qu’il débute enfin un match officiel, face à Getafe, au poste de meneur de jeu. Malgré la première défaite de la saison pour son équipe, le Canarien est reconduit, à gauche cette fois, dans le choc de la 7e journée face au grand rival merengue, après son premier but sous les couleurs azulgranas 4 jours plus tôt en Ligue des Champions. Une prestation inaboutie certes, conclue par une victoire des Castillans 3-1 qui plonge le club dans une crise sportive.

Motif de satisfaction et Penya Barcelonista

Si le ciel catalan s’assombrit, le numéro 16 est l’un des seuls, avec son compère Ansu Fati, à éclairer le jeu du Barça en ce début de saison. La défaite dans le Clasico n’empêche pas Koeman de lui accorder une nouvelle fois sa confiance le mercredi suivant, dans la plus belle des compétitions européennes face à la Juventus Turin. Insolent, le gosse maltraite une Vieille Dame dépassée et donne raison au Batave. “Une étoile est née” barre la une de Marca, premier quotidien sportif ibérique, le lendemain, et jamais le dernier quand il s’agit de s’enflammer. À tort ou à raison.

Car si les promesses sont belles, le joyau du Camp Nou reste à polir. Ses statistiques sont encore légères, avec seulement 1 but et aucune passe décisive depuis son arrivée au Barça TCC (amicaux et rencontres espoirs compris, soit 618 minutes au total, en comptant la rencontre face au Dynamo Kiev cette semaine). Ça, et un physique encore juste pour lui permettre de tenir le rythme toute une saison à ce niveau d’intensité. En tout cas l’histoire est belle pour le petit dernier d’une famille d’aficionados culés et dont le grand-père fonda la Penya Barcelonista de Tenerife-Tegueste, sorte de fan club du club catalan, au siècle dernier. Dans un effectif pléthorique (Dembélé, Griezmann, Coutinho, Fati, Braithwaite, Trincão) mais décevant,  l’enfant de Tenerife a une carte à jouer dès cette saison, dans un rôle de supersub davantage que dans celle d’un titulaire régulier. À bientôt 18 ans, le successeur annoncé de Don Andrès a le temps pour lui. Mais perdre son temps n’est pas vraiment dans les habitudes du garçon.

Crédits photo: ESPN

 

 



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