Football

Pourquoi t’aimes le foot – Le miracle d’Istanbul

Enfin, la trêve internationale est de retour ! Après un mois d’attente, nos sélections nationales vont revenir sur le devant de la scène. Ça t’embête plus qu’autre chose ? Ne t’en fais pas, on va bien s’occuper de toi pendant ces quinze jours ! On profite de ce petit moment de répit (ou d’ennui) pour te montrer ce qui nous a fait aimer le football, avec une liste non exhaustive de matchs de légendes du XXIe siècle. L’objectivité est loin d’être le maître mot mais force est de constater que les amoureux du football se souviennent forcément de ces soirées endiablées, pour leurs scénarios, leurs ambiances, leurs contextes, leurs émotions dégagées.

Milan – Liverpool, Ligue des Champions 2004-2005, finale

  • Le contexte : 

Une finale ça ne se joue pas, ça se gagne. Voilà le leitmotiv de ces deux mastodontes Européens, 10 Ligues des Champions à eux deux. Liverpool a une pression supplémentaire, les Reds étant incapables de finir dans les quatre premiers de Premier League, les voilà obligés de s’imposer pour retrouver la reine des compétitions européenne la saison suivante. Pour Milan, longtemps à la lutte avec la Juve pour le titre, il faudra s’imposer pour ne pas passer à coté d’une saison qui, longtemps, s’annonçait radieuse.

  • Les compos : 

                    

  • Le match :

L’entame de match est cataclysmique de la part des Reds, battus dans tous les compartiments du jeu. Dès la 1re minute, Kakà déborde coté droit et glisse le ballon entre les jambes de Djimi Traoré obligé de faire faute. Sur le coup-franc, Pirlo sert Maldini au point de pénalty. Le capitaine italien smashe sa volée qui vient tromper Dudek. On joue depuis à peine 50 secondes !

Liverpool tente de relever la tête et à la 4e minute, Riise reprend de volée un corner de Gerrard. Sa frappe est contrée mais dans la foulée, la tête d’Hypia sur un service de son capitaine atterrit dans les bras de Dida. Malgré tout, en ce début de match, la qualité technique des Italiens fait la différence, Pirlo et Kakà étalant toute leur classe. Schevchenko et Crespo font mal à Hyypia et Carragher, et l’on se dit alors qu’il va falloir une remobilisation générale coté anglais.

À peine le quart d’heure de joué, sur un nouveau coup de pied arrêté, un corner de Seedorf, Hernan Crespo coupe au premier poteau. Dudek battu, le ballon est sauvé par Luis Garcia, tout heureux que le cuir lui rebondisse sur la tête. Les Reds ont eu chaud. Mais la poisse va continuer, avec un nouveau coup dur pour Rafa Benitez. 20 min tout juste de jeu et Kewell, blessé, est contraint de céder sa place à Smicer. Kewell, fabuleux joueur malheureusement trop souvent enclin aux blessures.

Alors que le match s’équilibre, Milan est tout proche de doubler la mise. Kakà encore lui percute plein axe et décale Scheva qui trompe Dudek d’un tir enroulé du pied droit à ras de terre. Malheureusement pour l’Ukrainien, l’arbitre avait levé son drapeau.

Ce n’est que partie remise. À la 39e minute, Luis Garcia semble avoir éliminé Nesta et réclame, à juste titre, une main dans la surface de réparation. Sur le contre, Kakà encore et toujours, part à grandes enjambées plein axe pour décaler Schevchenko sur la droite. Le centre du ballon d’or 2003, dans le dos de Finnan au deuxième poteau, trouve Crespo qui n’a plus qu’à conclure. Carlo Ancellotti peut exulter. Et il n’était pas au bout de ses surprises. À la 43e sur une passe lumineuse de Kakà, auteur d’une première période de grande classe, depuis son camp, Crespo se présente seul face à Dudek, Hyypia ne pouvant intervenir sous peine de faire faute en qualité de dernier défenseur. L’Argentin pique somptueusement son ballon, 3-0! Les Italiens récitent à merveille leur partition. Techniquement, tactiquement, physiquement, Milan semble bien trop supérieur à ce Liverpool là, à la pause.

Goal.com

C’est précisément à cet instant que la finale bascule. Non pas dans le vestiaire, mais dans les tribunes. Le stade tremble sous les chants des fans des Reds. Le « You’ll Never Walk Alone » résonne plus que jamais.

Impossible pour Gerrard & Co de laisser tomber. Le capitaine anglais va sonner la révolte. Alors que Liverpool change de système et passe à 3 derrière, Stevie G va réduire la marque, 2min après un coup-franc dangereux de Schevchenko une nouvelle fois. Sur un centre de Riise, le milieu anglais décroise sa tête et trompe Dida. Le début de 6min complètement folles. Moins de 120 secondes plus tard, sur un ballon décalé par Hamman, Smicer, des 25m croise sa frappe sur la droite de Dida, et trompe le portier brésilien. Les Milanais commencent à douter, et reculent inexorablement. À peine le temps de reprendre leur souffle que sur un contre éclair, Barros d’une talonnade astucieuse trouve Gerrard, accroché dans la surface par Gattuso. Penalty pour Liverpool ! Xabi Alonso s’élance, Dida s’interpose sur sa droite mais l’Espagnol est le plus prompt pour envoyer une frappe pied gauche dans le filet supérieur. 3-3 ! À la 60e minute. Du grand art.

panenka

Les Reds vont baisser légèrement le pied, Milan resserrer les vis. L’intensité va redescendre quelque peu. Hormis une frappe de Riise repoussée par Dida, ce sont même les Rossoneri qui vont avoir les meilleures opportunités : un frappe de Schevchenko repoussée sur la ligne par Traoré, une tête de Kakà juste à coté sur un corner de Pirlo dévié par Stam, un 3 contre 1 mal négocié par Crespo.

Pire encore, au cours de la seconde période de la prolongation, Scheva, encore et toujours lui manque une double occasion incroyable, tout d’abord en croisant sa tête, magnifiquement repoussée par Dudek. Puis en reprenant le ballon en le frappant sur le gardien Polonais pourtant au sol !

Milan ne s’en relèvera pas, car le show Dudek peut alors commencer lors de la séance de tirs au but.

Serginho, tireur heureux lors de la victoire des Milanais deux ans plutôt lors de cette même séance de penalties face à la Juventus, envoie sa frappe dans le ciel d’Istanbul. Hamann s’évite la même frayeur en transformant le sien, bien que Dida soit tout proche de l’enlever. Vient ensuite Andrea Pirlo. À l’instar de Bruce Grobbelaar 21 ans plus tôt, le portier polonais gesticule dans tous les sens et sort victorieux de son duel avec l’artilleur italien. Cissé et Tomasson transforment le leur sans difficulté, avant que Riise ne bute sur un Dida parti du bon coté, une fois encore. Kakà et Smicer faciles, Liverpool mène 3-2. Il reste alors un tir de part et d’autre. À moins que Schevchenko, ultime frappeur de la séance 2 ans plus tôt, ne loupe la cible. Dudek se déhanche encore tel un pantin, semble être pris à défaut coté droit mais tend son bras pour sortir le pénalty de Schevchenko ! Ils l’ont fait. Au terme d’un match historique, au dénouement jouissif pour les uns, cruel pour les autres, Liverpool remporte la finale de la Ligue des champion 2005, que l’on appelle désormais le miracle d’Istanbul.

  • Le jeu : 

Des Reds complètement passés à coté de leur entame de match, et plus globalement de leur première mi-temps. L’entrejeu trop peu garni au coup d’envoi (4 milanais contre 2 !) s’est quelque peu renforcé avec l’entrée de Smicer, mais insuffisant néanmoins pour bloquer des Italiens qui exploitaient les contres à merveille, grâce à Pirlo par son jeu de passe, et Kaka sa percussion. Le deux contre deux dans l’axe la défense a également été compliqué à gérer pour Carragher et Hyypia, et Milan en a profité. Benitez a réagi à la mi-temps et bien lui en a pris. Exit Finnan, seul dans sa zone en phase défensive et dont l’apport avec le ballon était assez neutre, et entrée de Hamann pour solidifier le milieu. Riise et Smicer ont alors eu un rôle de piston, alors que la défense à 3 a pris le pas sur le duo Crespo-Schevchenko. Surtout, cela a permis de libérer Gerrard et Luis Garcia en soutien de Barros. Et revenir de 0-3 à 3-3 ! Pirlo a trouvé de la densité dans sa zone et a donc été plus en difficulté. Kakà avait systématiquement la paire Hamann-Xabi Alonso sur le dos. L’entrée de Cissé a également permis aux Reds de trouver de la profondeur et donc faire reculer encore un petit peu plus le bloc milanais, qui de toute façon ne se créait des situations que sur des exploits personnels. Le coaching d’Ancelotti, avec les entrées de Tomasson, Serginho et Rui Costa, a été trop tardif. D’autant que durant la prolongation, les deux équipes ne se sont pas livrées corps et âme. La différence s’est peut-être faite par les choix des deux techniciens. C’est aussi là que s’est joué l’issue de cette finale d’Istanbul.

  • L’homme fort :

L’âme de Liverpool, son joueur emblématique. Comment ne pas évoquer Steven Gerrard ? Premier buteur de son équipe, c’est également lui qui obtient le penalty du 3e. Surtout, par sa rage, sa conviction et son abnégation, il a emmené avec lui tout un peuple, pour un dénouement digne d’un film Hitchcockien. Mention spéciale également à Dudek, auteur de deux parades salvatrices lors de la séance de tirs au but.

 

Prochain match demain : Manchester United – Real Madrid 2003



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