Football

Pourquoi t’aimes le foot – Vous avez dit Galactiques ?

Enfin, la trêve internationale est de retour ! Après un mois d’attente, nos sélections nationales vont revenir sur le devant de la scène. Ça t’embête plus qu’autre chose ? Ne t’en fais pas, on va bien s’occuper de toi pendant ces quinze jours! On profite de ce petit moment de répit (ou d’ennui) pour te montrer ce qui nous a fait aimer le football, avec une liste non exhaustive de matchs de légende du XXIème siècle. L’objectivité est loin d’être le maître mot mais force est de constater que les amoureux du football se souviennent forcément de ces soirées endiablées, pour leurs scénarios, leurs ambiances, leurs contextes, leurs émotions dégagées.

Monaco – Real Madrid, Ligue des Champions 2003-2004, quart de finale retour

  • Le contexte :

Fort d’un parcours jusqu’alors plus qu’honorable en ligue des champions (premier de son groupe en ayant notamment fessé La Corogne futur demi-finaliste 8-3, et battu l’AEK Athènes 4-0), Monaco affronte les galactiques du Real Madrid, emmenés par Zidane, Ronaldo et compagnie, le tout drivé par Carlos Queiroz. Battu l’an dernier en demi-finale par la Juventus, le Real a de nouveau frappé fort en recrutant le Spice Boy, David Beckham, démontrant une nouvelle fois son incroyable attractivité. Au match aller, au stade Santiago Bernabeu, Monaco a joué sans complexe, se permettant même le luxe d’ouvrir le score par Squillaci, pour mener à la pause. Mais ensuite, les hommes de Didier Deschamps ont explosé, subissant les vagues Merengues au cours de la deuxième période. 4 buts encaissés, une maîtrise technique évidente avec à la baguette Zidane et Figo, et un Ronaldo buteur, la messe semblait dite. Mais en fin de match, sur un centre, Fernando Morientes, le madrilène prêté par le Real, réduit la marque. Un but presque anecdotique se diront certains. Presque.

  • Les compos :

                          

  • Le match :

L’avant match n’augure pas que de bonnes choses. Bien que Beckham soit suspendu coté Merengues, Squillaci, Bernardi et Zikos sont également absents coté Monégasques, obligeant Deschamps a revoir son approche tactique. Assez densifiés au milieu à l’aller, les hommes de la principauté se présentent cette fois-ci dans un 4-4-2 plus qu’offensif, puisque Plasil remplace Bernardi et Prso, l’attaquant Croate rentre dans le 11 à la place de Zikos. Audacieux, mais il faut de toute façon battre le grand Real Madrid, et par au moins deux buts d’écart, excusez du peu.

Dans un début de match assez poussif des deux cotés, les Espagnols semblent jouer dans un fauteuil, à l’image de Zidane, le seul à malgré tout créer des situations. Pas transcendants, les visiteurs sont malgré tout incisifs à chaque fois qu’ils transpercent le premier rideau Monégasque. Coté locaux, seul Ludovic Giuly apporte du danger sur le but d’Iker Casillas, mais le petit attaquant, trop maladroit, un peu à l’image du match aller, ne permet pas aux rouges et blancs d’emballer le match. Au fil de la première demie heure, Dado Prso pèse de plus en plus l’axe Madrilène et contrarie les défenseurs Merengues, mais comme son compère, sans apporter de réel danger.

C’est évidemment au moment où les Monégasques se montrent pressants, notamment grâce aux généreuses montées incessantes de Patrice Evra sur son coté gauche, que le Real ouvre le score. Zidane beaucoup trop seul dans le rond central, trouve sur un pas Ronaldo, transparent jusqu’ici, qui après une accélération dont il a le secret, décale Raul plein axe à l’entrée de la surface, après une feinte remarquable de Guti. Le capitaine Espagnol ne se fait pas prier pour envoyer un amour de ballon dans la lucarne de Flavio Roma. Les carottes semblent cuites. Sauf que, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Et encore plus en football. Le stade Louis II va alors assister à une de ces folles soirées de Ligue des Champions dont on se souvient éternellement en temps que supporter. On rentre à peine dans les arrêts de jeu de la première période quand Evra expédie un centre sur la tête de Morientes, qui gagne son duel face à Mejia pour remettre à Giuly. D’un superbe volée à peine déviée par Roberto Carlos, l’international français trompe Casillas et permet à tout un peuple d’y croire encore. La seconde période sera tout simplement féerique.

crédit photo : lequipe

Dès l’entame, Giuly encore lui est tout proche de battre le portier Espagnol après une touche rapidement jouée par Ibarra, fait de jeu qui rappellera de bons souvenirs aux supporters Merengues. A peine une minute plus tard, sur un très long centre d’Evra coté gauche, Morientes, d’un timing extraordinaire, croise sa tête pour battre San Iker. Encore un but de la tête, comme à l’aller, pour le joueur formé à Albacete. Et l’ASM prend les devants.

Monaco a encore augmenté l’intensité et la générosité dans les efforts. Dans une position assez inconfortable, toujours qualifiés mais sous une grosse menace, les Madrilènes ont quelque peu douté, Morientes et Giuly mettant à mal l’arrière garde Espagnole. Zidane et Figo ont alors élevé le niveau, et les situations se sont multipliées de part et d’autre. Le match va basculer, c’est une certitude. Et on s’en doutait, on l’espérait tout du moins, il va basculer du bon coté pour nous, français. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est bien la paire Cissé-Plasil qui prend le pas sur celle composée de Guti et Borja. La transition est plus tranchante du coté rouge et blanc. A 25min de la fin, suite à une percée d’Edouard Cissé justement, Ibarra multiplie les passements de jambes devant Roberto Carlos et centre fort à ras de terre devant le but. La suite ? Une inspiration géniale de Ludovic Giuly qui d’une Madjer, du talon droit, bat une nouvelle fois Casillas. Dans une petite demie-heure, l’ASM Monaco aura éliminé les Galactiques du grand Real Madrid de Carlos Queiroz. A moins que le réal ne se révolte. Chaque demie occasion, chaque coup de pied arrêté, chaque ballon qui traîne peut-être une arme avec des joueurs de ce calibre. Mais de révolte il n’y eu point. Pire, hormis un but de Raul (seul madrilène à surnager en fin de match) refusé pour un hors-jeu, ce sont les Monégasques qui ont eu les opportunités d’enfoncer le clou, grâce à la fraîcheur des entrants. Shabani Nonda expédie une tête smashée sur la barre à moins de 10 minutes du terme et puis c’est au tour d’Adebayor à l’entrée de la surface, servi par Nonda, de frappé le montant, à l’entame des arrêts de jeu. Dans la dernière minute, Raul est une nouvelle fois trop court pour pousser le ballon dans le but. Le destin a choisi son camp, Monaco se qualifie pour les demi-finales de la Ligue des Champions. Un acte fondateur pour la suite de la compétition, qui verra malheureusement l’ASM s’incliner en finale, face au FC Porto de José Mourinho. Il n’empêche, le parcours du club de la principauté est bluffant, et mérite le respect.

crédit photo: lequipe

  • Le jeu : 

Se sont-ils vus trop beau les Madrilènes ? Avec deux buts d’avance, on a en tout cas senti des Merengues jouer de façon dilettante, trop facile. Zidane a passé son temps à rigoler, très décontracté. Et l’ouverture du score de Raul n’a fait qu’accentuer leur confiance. Mais même menés 1-0, les Monégasques étaient dans le vrai. Seul le dernier geste leur faisait défaut. Ibarra et Evra profitaient au maximum du champ découvert par Figo et Zidane sur les cotés pour apporter la supériorité numérique dans les couloirs, Plasil dans un rôle de box-to-box exploitait les espaces laissés dans l’axe du terrain par la paire Guti-Borja. Tandis que Morientes et Prso, par leur jeu aérien, leur capacité à gêner dans le domaine physique, prenaient le pas sur la défense Helguera-Mejia à la peine. Et l’égalisation juste avant la pause n’est que justice. La deuxième mi-temps sera pratiquement la même, à l’exception que si l’on trouvait le Real trop fantaisiste en première, il avait surtout l’air sans idée et sans capacité de réaction en seconde. Le coaching de Deschamps a également fait la différence par rapport à celui de Queiroz. Les entrants coté principauté ont mis à mal l’arrière garde Espagnol, et les nombreuses contre-attaques en fin de match ont contribué à étirer les deux blocs. Mais avec plus de gaz, les Monégasques ont réussi à tenir bon, face à des Madrilènes dont le seul talent n’a pas suffi à les qualifier.

  • L’homme fort :

Ludovic Giuly. Auteur d’un doublé avec deux gestes de grande classe, le lutin Monégasque a porté son équipe dont il est le capitaine. Dès l’entame c’est lui qui se montre le plus incisif. Et il sera récompensé de son match XXL.

 

Prochain match: France- Brésil 2006

Crédit photo : ASMonaco

 

À lire également sur We Sport dans la série “Pourquoi t’aimes le foot ?” : Le miracle d’Istanbul



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