Trois jours seulement après un résultat nul spectaculaire ramené d'Amsterdam, l'Olympique de Marseille, euphorique dans l'instabilité, espérait refaire le coup dans le Classico sur la pelouse de rival historique, le Paris Saint-Germain. Hélas pour lui, l'OM a pris l'eau, quittant la capitale, une lourde défaite sous le bras (4-0). Pourquoi le système de l'entraîneur Pancho Abardonado, plutôt payant en Ligue Europa cette semaine, s'est vite désintégré face au PSG ? Décryptage.
OM : un 4-3-3 séduisant à Amsterdam, mais…
L'Olympique de Marseille vient de vivre une semaine des plus éprouvantes. Pour rappel, au lendemain du très modeste résultat nul en Ligue 1 contre Toulouse (0-0), une réunion, prévue de longue date, entre dirigeants et représentants des groupes de supporters, a vite tourné au vinaigre dès le lendemain. Sur fond de supposées menaces de mort, le président de l'OM, Pablo Longoria, a préféré prendre du recul. Son entraîneur, Marcelino, n'a pas fait dans la demi-mesure, préférant présenter sa démission, alors qu'il avait été recruté cet été. Un incroyable enchaînement de gestes forts qui ont conduit les Phocéens aux portes de la crise, alors que le calendrier à venir était tout simplement démentiel.

Dans la précipitation, l'Olympique de Marseille a alors décidé de confier les clés du camions à Jacques Abardonado, enfant de la ville et du club, avec le statut d'entraîneur intérimaire. A peine arrivé, “Pancho” a fait des choix forts, balayant l'insipide 4-4-2 à plat de Marcelino pour aligner un 4-3-3 jeudi dernier en ligue Europa contre l'Ajax Amsterdam. Chez une formation habituée à jouer la Ligue des Champions, l'OM pouvait s'attendre à passer une sale soirée. Pourtant, les joueurs ont fait preuve de caractère. Même en étant mené 0-2 puis 1-3), ils n'ont jamais rien lâché pour repartir des Pays-Bas avec un point aux allures de victoire (3-3). C'est dans ce contexte que les Olympiens allaient disputer leur premier Classico de la saison hier dimanche à Paris. Hélas pour eux, tout ne s'est pas passé comme espéré.
Face au PSG, Jacques Abardonado se saborde avec un 5-3-2
Si le 4-3-3 proposé a, on le disait, plutôt bien marché à Amsterdam trois jours plus tôt, Jacques Abardonado, l'entraîneur intérimaire de l'OM, avait décidé de rebattre les cartes, une fois de plus, à la veille du déplacement à Paris. Ainsi, a été déployé à 5-3-2, censé gêner le PSG sur les côtés, tout en empêchant théoriquement les Parisiens de prendre la profondeur. En gardant ses cages inviolées, ou en se montrant chirurgical en contre, l'Olympique de Marseille avait rêvé de plusieurs scénarios. Mais le superbe coup-franc direct d'Achraf Hakimi a tout envoyé balader. La rapide sortie sur blessure du génial Kylian Mbappé aurait pu changer la donne. Il n'en a rien été.
🗣️ Jacques Abardonado : "Je suis très déçu, je ne me suis pas reconnu ce soir."#PSGOM pic.twitter.com/tr9MAP4fE7
— Prime Video Sport France (@PVSportFR) September 24, 2023
L'un des tournants du match se situant à la 27e minute, quand Vitinha, idéalement placé, envoyait une tête, de près, sur la barre transversale de Gianluigi Donnarumma. Une égalisation toute proche qui aurait pu permettre aux hommes d'Abardonado de reprendre espoir. À l'inverse, dix minutes plus tard, le vice-champion du monde français Randal Kolo Muani a débloqué son compteur avec le PSG pour inscrire le but du break. À la pause, l'apparition d'une attaque à trois, avec Harit et Ndiaye dans la bataille, aurait aussi pu changer la donne. Mais sur sa première offensive, Paris a fait mouche, Gonçalo Ramos s'offrant même un doublé un peu plus tard. “On a manqué totalement de caractère […] On est rentrés vendredi matin à 5h d'Amsterdam, on a eu une journée et demie de repos. Paris a eu 4 jours de repos“, a notamment tenté de justifier Jacques Abardonado. Chancel Mbemba, lui, allait même jusqu'à avancer que Paris n'était “pas trop fort” après ce Classico à sens unique. C'est donc de repos, mais aussi d'humilité, dont l'OM aura besoin samedi soir pour aller défier l'ancien leader de Ligue 1, Monaco. Avant d'enchaîner avec une nouvelle affiche, en Ligue Europa, devant Brighton. D'ici là, Jacques Abardonado aura probablement rendu son tablier. Quoi qu'il en soit, le chantier qui s'ouvre à l'OM est tout simplement immense. Mais le temps presse.