Le biathlon est de retour ! Après une petite pause pendant les fêtes, les meilleurs biathlètes de la planète se donnent rendez-vous dès aujourd'hui (hier pour les femmes) du coté de Pokljuka en Slovénie. L'occasion de voir qui a le mieux digérer la dinde de Noël, voire la soirée arrosée du Nouvel An.. Plus sérieusement, on espère les Français, les Suédois, les Allemands, capables de mettre la marche avant. Car depuis le début de saison, la razzia Norvégienne est impressionnante: sept victoires en huit courses individuelles, 16 des 24 places occupées sur les podiums, et deux succès lors des relais. La bande à Johannes Boe ne laisse que des miettes aux autres nations. Jusqu'à quand? 

Circulez, il n'y a rien à voir. Ou presque. Depuis le début de saison, les Norvégiens marchent sur la concurrence, et notamment deux hommes : Johannes Boe, leader de la Coupe du Monde, et Sturla Laegreid, son dauphin. Avec 30pts d'avance, le cadet de la fratrie Boe a lâché du lest au Grand Bornand avant la trêve, voyant son avance fondre comme neige au soleil face à son compatriote. Mais derrière, plus personne dans le rétro. Emilien Jacquelin, dans son style toujours aussi agressif, a explosé à domicile et pointe désormais à 246 points. Il va falloir que le reste du peloton se rebiffe, et vite.

Les Français, les mieux placés

Avec quatre biathlètes au 6 premières places du général, la Norvège montre au monde entier sa suprématie. Mais elle peut encore être contestée. Et notamment par les Français, qui trustent les deux autres places de ce top 6. Emilien Jacquelin, et surtout Fabien Claude, qui a fini fort avant les fêtes, ont la place pour venir jouer des coudes avec les meilleurs, sur une course. Reste maintenant à trouver de la régularité. Sur les skis pour Claude, derrière la carabine pour Jacquelin. Il reste des courses, et sur ce qu'ils ont montré, nos deux frenchies en sont capables.

Reste l'énigme Quentin Fillon Maillet. Le vainqueur du dernier gros globe de cristal semble avoir du mal à digérer son titre de champion, et est pour l'instant très loin des meilleurs. Toujours aussi fiable carabine en main, il semble avoir de gros soucis de glisse. Il joue pour l'instant loin du gratin mondial. Espérons pour lui que la pause lui ait permis de faire les modifications nécessaires pour lutter bien plus haut que cette 8ème place au général, qu'il occupe actuellement.

Les Suédois, réactions attendues

Ils avaient commencé fort, avant de disparaître peu à peu. Comme c'est trop souvent le cas. Martin Ponsiluoma et Sebastian Samuelsson sont pourtant deux des biathlètes les plus à même de mettre en difficulté Boe et Laegreid. Pourquoi? Tout simplement parce que sur les skis, ils font partis des plus rapides. Malheureusement, leur irrégularité chronique aux tirs leur porte préjudice. C'est le cas depuis des années, et notamment pour Samuelsson, qui a connu de terribles désillusions à cause de son manque de lucidité. Passés complètement à coté du rendez-vous au Grand Bornand (Samuelsson terminant même dernier de la mass-start), les Scandinaves espèrent repartir du bon pied, avec pour but de préparer au mieux les championnats du monde. Largués au général, ils ne pourront que réaliser des coups d'éclats. A moins d'être parfaits, sur le pas de tir.

Les Allemands, pour jouer les trouble-fêtes

Ils avaient commencé fort, avec un podium lors du premier individuel de la saison. Un podium, pour David Zobel, à Kontiolahti. Ils ont également bien terminé avec la troisième place de Benedikt Doll sur le sprint en France. Mais entre temps, les Allemands n'ont pas réussi à se mêler à la bagarre. Dommage, car toujours adroits derrière la carabine, ils manquent de jus sur les skis pour jouer avec les meilleurs. Mais avec un rendez-vous chez eux la semaine prochaine, à Ruhpolding, nul doute qu'ils tenteront de préparer au mieux cet événement toujours particulier. Peut-on espérer un gros coup d'un Allemand? Possible, surtout qu'après une coupure, les états de forme divergent.

La Norvège a largement écrasé la première partie de cette saison de biathlon 2022-2023. Mais la coupure hivernale a permis à tout le monde de recharger les batteries. La meute de poursuivants va arriver en Slovénie avec le couteau entre les dents. Tant mieux pour le suspens. 

Crédit photo: Eurosport