Ce week-end, la Serie A effectue son retour près de trois mois après son arrêt. Douze matches à disputer (ou treize) jusqu’à début août pour les écuries italiennes, avec un match tous les trois jours en moyenne. Un calendrier chargé pour une fin de saison à de multiples enjeux, notamment dans la course  au titre et à l’Europe. Après cette violente pandémie qui a particulièrement sévi en Italie, l’objectif premier est de redonner de la joie au peuple italien et à ses amoureux du Calcio.

 

La Vieille Dame dans la tourmente

Cette saison, la course au titre est très disputée. La Juve est en tête avec 63 points, soit une petite longueur d’avance sur son dauphin la Lazio. Les deux équipes s’affronteront lors de la 34è journée, un match qui pourrait être le tournant de la saison.

Néanmoins, cette Juve ne démontre pas une grande sérénité. Le niveau affiché est même inquiétant. Les Turinois maîtrisent très rarement leur sujet et font preuve d’une grande suffisance. Nombreuses sont les fois où la Vieille Dame a une possession stérile, ne mettant aucune intensité dans son jeu. De plus, des joueurs censés être des cadres déçoivent que ce soit Pjanic, Matuidi, Douglas Costa, et même Ronaldo. Défait lors du 1/8è de finale aller contre Lyon (1-0), le club du Piémont doit absolument se ressaisir pour ne pas vivre une fin de saison calamiteuse.

La Lazio est quant à elle sur un nuage. Les problèmes défensifs réglés (meilleure défense du championnat), la bande à Inzaghi est devenue un prétendant crédible à ce Scudetto. Sur l’année civile 2020, les Laziali sont en tête du championnat et restent sur une dynamique impressionnante : 26 points pris sur 30 possibles. Dotée du meilleur buteur (Immobile) et meilleur passeur (Luis Alberto) du championnat, la Lazio a démontré sur les confrontations directes qu’elle pouvait rivaliser avec la Juve. Les deux équipes se sont affrontées deux fois cette saison, pour deux victoires romaines. La première en championnat (3-1) et la suivante en Supercoppa sur le même score. Reste désormais à voir si cet arrêt de plusieurs semaines n’a pas freiné cette dynamique.

L’Inter a aussi des arguments à faire valoir. Certes à huit longueurs des Romains, le club milanais a un match en moins qu’il rattrapera ce dimanche 21/06 contre la Samp. Après un début de saison tonitruant, les hommes de Conte n’ont pas réussi à suivre la cadence des deux premiers. D’autant que le club lombard s’est inclinée la Lazio (1-2) puis la Juve (0-2) en moins de trois semaines. L’Inter est toujours en lice en Ligue Europa où elle affrontera Getafe en 1/8e. La bande à Lukaku doit aussi garder un œil dans le rétroviseur et particulièrement sur l’Atalanta.

 

Une course à l'Europe effrénée

Justement la Dea réalise une fabuleuse saison, très certainement celle du Graal sous l’ère Gasperini. Meilleure attaque du championnat et qualifiée pour les 1/4 de finale de la Ligue des Champions, la formation bergamasque ne cesse de gravir les échelons. Celle-ci dispose d’artistes au sommet de leur art (De Roon, Freuler, Gomez, Ilicic..) et qui composent un collectif parfaitement huilé. Les Lombards, actuellement 4e, espèrent obtenir leur deuxième ticket consécutif pour la Ligue des Champions.

La Roma (5e) se trouve à seulement trois petites longueurs de la Dea. Les Romains comme depuis plusieurs années, n’arrivent pas à gommer leur vilain défaut : l’irrégularité. Cette équipe montre de belles choses sous les ordres de Fonseca mais perd trop de points sottement. Un exemple, en décembre dernier, les Romains vont s’imposer 4-1 sur la pelouse de la Fiorentina mais s’inclinent le week-end suivant à domicile contre le Torino (0-2). De plus, la blessure de Diawara fin janvier a laissé un vide au milieu.

Le Napoli, actuellement à la dernière place qualificative est en pleine confiance après ce succès en Coppa contre la Juve (0-0, 4-2 aux TAB). Rien n’était gagné pourtant après un début de saison chaotique et les conflits entre le président De Laurentiis et certains joueurs. Cette finale remportée fait du bien au moral et laisse présager de bonnes choses pour cette fin de saison. Les hommes de Gennaro Gattuso sont toujours en Ligue des Champions où ils affronteront au FC Barcelone en 1/8è de finale retour, après un match nul 1-1 au match aller.

 

Les invités surprise

Actuellement 7è, l’AC Milan pointe toujours le bout de son nez. Les Rossoneri sont à trois points des Napolitains, qu’ils affronteront lors de la 32e journée. Un calendrier loin d’être évident pour le Milan : la Roma (28è journée), la Lazio (30è), la Juve (31è), le Napoli et enfin l’Atalanta (36è journée). À noter que le Milan n’a remporté aucun match cette saison contre une équipe du top 6.

Stefano Pioli devrait sans toute vraisemblance quitter le navire cet été. Cette équipe n’a «presque» plus rien à perdre, ce qui lui permettra très certainement de jouer de manière plus libérée. Tout est encore jouable, l’écart avec le Napoli n’est pas stratosphérique et les récentes bonnes prestations montrent que cette équipe progresse, notamment au niveau de l’intensité de jeu.

Juste derrière se trouvent trois clubs qui ont des arguments à faire valoir : l’Hellas, Parma et Bologna. Les Véronais pointent actuellement à la 8e position, à quatre longueurs seulement du Napoli. Nommé en juillet 2019, Ivan Juric a fait de cette formation un réel outsider pour l’Europe. Quatrième meilleure défense du championnat (juste derrière le trio de tête), le promu montre de très belles choses avec des joueurs de qualité à chaque ligne: Kumbulla, Rrahmani, Verre, Amrabat, Pazzini, …

Parma à égalité de points peut aussi rêver d’Europe, 21 ans après le triomphe en Coupe de l’UEFA. Depuis sa nomination en 2016, alors que le club était en Serie C, Roberto D’Aversa réalise un travail remarquable, faisant de Parma une équipe séduisante. Cette saison, la formation d’Emilie-Romagne a dans ses rangs un certain Kulusevski. La pépite suédoise est l’une des grosse révélations cette saison. Mais cette formation parmesane a du mal à enchaîner les victoires, incapable d’enchaîner trois victoires consécutives.

Enfin, au 10e rang, se trouve Bologna, à cinq points du Napoli. Au-delà de la saison intéressante des Rossoblù, une qualification européenne serait l’occasion de récompenser le courage de Sinisa Mihajlovic. Atteint d’une leucémie depuis juillet 2019, le tacticien serbe combat la maladie et semble avoir fait le plus dur comme il l’explique : « Je me sens plus fort qu’avant je suis très heureux. Le pire devrait être passé[…] je me sens bien grâce à mon physique mais surtout grâce aux médecins qui m’ont suivi d’une manière merveilleuse ».

 

Rendez-vous donc ce samedi 20 juin pour le retour de la Serie A qui nous a quand même un peu manqué, on ne va pas se le cacher.