Comme souvent pour l'ASM Clermont Auvergne, il est impossible de dire si la saison a été réussie ou ratée. Même si les résultats ne sont pas incroyables, les Clermontois ont à chaque fois été battus par plus forts qu'eux. Retour sur une saison une nouvelle fois mitigée.
- Classement en Top 14 : 5e (15 V, 1 N, 10 D), puis défait en barrage par Bordeaux (25-16).
- Parcours en Champions Cup : éliminé en quarts de finale par le Stade toulousain (12-21).
L'effet rétro : fort face aux faibles, faible face aux forts
Généralement, la différence entre les meilleures équipes se fait durant les grands matchs face aux plus fortes écuries du championnat. C'est précisément le problème de la saison de l'ASM Clermont Auvergne. Les partenaires de Morgan Parra ont trop souvent été dominés face aux gros. À l'extérieur, l'ASM est seulement allée s'imposer chez le Stade français parmi les qualifiés pour la phase finale. Au Michelin, les hommes de Franck Azéma ont tout de même battu Toulouse et La Rochelle, les deux finalistes, d'un faible écart à chaque fois.
Dans le même temps, les Clermontois ont souvent fait le plein de points face aux plus petites équipes du Top 14. Cela a permis aux Jaune et Bleu de se qualifier pour les barrages (5es). Avec de larges victoires face à Agen, Bayonne, Pau ou Brive l'ASM a pris de nombreux points de bonus importants à la fin de la saison. Les arrières clermontois ont joué un rôle important, notamment Penaud, Barraque ou Moala.
En Coupe d'Europe, les Auvergnats ont été davantage performants loin de leurs bases. Lors de la phase de groupes, l'ASM est d'abord allée l'emporter à Bristol avant de s'incliner à domicile face au Munster. Qualifiés pour les huitièmes, ils ont remporté la rencontre contre les Wasps en Angleterre, sur un essai après la sirène de Matshushima (score final 25-27). Enfin, l'aventure s'est arrêtée en quarts de finale avec une défaite 12 à 21 à Clermont face au Stade toulousain.
Le joueur : Kotaro Matsushima
Les supporters de la Yellow Army ont pris l'habitude de voir évoluer de très bons arrières au Marcel-Michelin. Alors quand les dirigeants ont annoncé la signature de Kotaro Matsushima à l'hiver 2020, ils avaient pris rendez-vous avec le spectacle. Arrivant avec la pression d'une Coupe du monde plus que réussie à domicile, le Japonais devait d'abord s'adapter au Top 14 et à l'atmosphère des volcans d'Auvergne.
Très rapidement, l'arrière de 28 ans a pris ses marques au sein de l'effectif des Jaune et Bleu. Après le départ d'Isaia Toeva pour Toulon, Matsushima a pu enchaîner les matchs sans vraiment être concurrencé à son poste. Son début de saison très réussi a soulagé tous les observateurs et a confirmé tout son potentiel lorsqu'il s'agit de casser des lignes de défense.
Ses statistiques sont plutôt flatteuses puisqu'il a inscrit 10 essais en 28 matchs toutes compétitions confondues. Il a joué 2046 minutes, ce qui en fait l'un des joueurs les plus utilisés par Franck Azéma. Malgré cela, Matsushima n'a pas suffisamment pesé sur la fin de saison de l'ASM. Dans les grands rendez-vous, à l'image de tous ses coéquipiers, il n'a pas su être assez dangereux pour faire basculer les matchs. Le bilan après la première saison est donc plutôt positif même si, au vu de son statut au sein de l'équipe, on peut en attendre encore plus pour les années à venir.
Perspectives d'avenir : une page se tourne à l'ASM
11 ans ! 11 ans que Franck Azéma est dans le staff de l'ASM. Arrivé de Perpignan en 2010 juste après le premier bouclier de Brennus de l'histoire du club, il est en charge des arrières jusqu'en 2014. Après le départ du légendaire Vern Cotter cette année-là, Azéma prend les rênes de l'équipe. Il offrira en 2017 un deuxième titre de champion de France et un trophée de Challenge Cup en 2019 aux supporters auvergnats. Mais après de nombreuses années passées à Clermont le coach de 50 ans a décidé de relever un nouveau challenge.

Même si on ne sait pas encore où il va tenter sa nouvelle aventure, on connaît depuis plusieurs semaines son successeur. Jono Gibbes, ancien de la maison, quitte La Rochelle après un échec en finale de Top 14 et de Champions Cup. Le Néo-Zélandais va tenter de redonner des couleurs au club dont il a entraîné les avants entre 2014 et 2017. Il emmène aussi dans ses valises une légende de l'ASM, Davit Zirakashvili qui était en charge de la mêlée des Maritimes. Le Géorgien, qui a disputé 337 matchs sous les couleurs de Clermont aura sans doute un rôle similaire la saison prochaine.