La ruée vers le Ballon d’Or (5/30) : Edinson Cavani

WeSportFR vous propose “La ruée vers le Ballon d’Or”. Cette série livrera un focus sur les 30 joueurs nommés pour cette récompense individuelle. Le portrait de chacun sera publié par ordre alphabétique. Aujourd’hui, Edinson Cavani

Moisson nationale




Ça devient une habitude, le Paris-Saint-Germain a tout raflé sur la scène hexagonale, et son attaquant uruguayen avec lui. La Ligue 1? C’est dans la poche, avec 93 points soit treize d’avance sur le dauphin monégasque, la meilleure attaque et la meilleure défense. La Coupe de la Ligue? Pareil, victoire facile en finale face à l’ASM (3-0). Et la Coupe de France? Vous connaissez la musique, le PSG a disposé des Herbiers (N) (2-0). Ajoutez à cela le trophée des champions qui ne fut qu’une formalité face aux pauvres Monégasque (4-0). Et si le club de la capitale a autant dominé le football français cette année il le doit en partie a son goleador uruguayen. Le Matador a ainsi fini meilleur buteur du championnat avec 28 buts, et il n’a pas démérité en coupe non plus, avec trois buts dans chacune des deux compétitions avec à chaque fois au moins une réalisation en finale. Une saison pleine donc qui contraste un peu avec le bilan européen.

En Europe ça coince

A l’image de son club, Cavani a survolé la phase de poule avec cinq pions en six matchs. Comme le PSG, il a brillé face au Bayern à l’aller (un but, 3-0 score final) avant de se retrouver impuissant au retour, malgré une passe décisive pour Kylian M’Bappé (1-3). En huitième, l’Uruguayen et ses coéquipiers se sont retrouvés devant la montagne Real Madrid. Très loin d’être le plus ridicule sur la double confrontation, il ne peut toutefois pas empêcher l’élimination de son club (1-3, 1-2). Cavani marque même le but de l’égalisation au Parc au retour, permettant a tout un stade de croire en une improbable remontée. Comme l’année précédente, ne reste de l’aventure européenne qu’un sentiment de gâchis, et on ne peut s’empêcher de se demander ce qui arriverait, si tout le groupe avait le même état d’esprit que son irréprochable avant-centre.

Et en juin, rebelote! Comme il a tenté tant bien que mal de faire oublier l’absence de Neymar lors du huitième face aux Madrilènes en C1, Cavani a passé sa Coupe du monde à suppléer Luis Suarez, attaquant du FC Barcelone et star de l’équipe, mais à la ramasse en terre russe. Non content d’envoyer quasiment à lui seul son pays en tête de la poule A, Cavani élimine ensuite le Portugal d’un magistral doublé. Son dernier match de la compétition puisqu’il sort sur blessure et ne peut revenir à temps pour affronter les Bleus. Là encore, Cavani est davantage trahi par les limites de ses coéquipiers que par les siennes, qu’il repousse souvent pour sortir son équipe de la panade.

Un scénario aussi cruel ne pouvait avoir qu’une seule fin: l’Uruguayen semble se retrouver de plus en plus mis à l’écart au PSG depuis la reprise. Victime de l’entente parfaite entre M’Bappé et Neymar, il touche trop peu de ballons à son goût, et ça, c’est quand il joue. Ce que certains craignaient la saison dernière se vérifie finalement un an plus tard. Le Matador ne parle pas le même football que les deux génies. Quand lui a besoin de ballons en profondeur et de jeu rapide vers l’avant, les deux autres, beaucoup plus techniques favorisent l’onanisme footballistique (je la prend, je la touche, je la retouche, je la met à gauche, puis à droite, je la montre…), un jeu de percussion et de dribbles et ne combinent que très peu avec le pauvre avant-centre qui se retrouve alors sevré de ballons. Ajoutées a cela des probables tensions dans le vestiaire, mises au jour lorsque l’Uruguayen est rentré en retard de son voyage au pays l’hiver dernier après la trêve, et un futur loin du PSG semble alors se dessiner pour Cavani. Cela tombe bien, le Real et l’Atletico notamment seraient sensibles à son profil et rien ne s’oppose à un départ dès cet hiver pour celui qui n’a toujours pas prolongé et qui partirait donc libre a l’été 2020.

Pourquoi est-il dans les 30?

Une saison nationale parfaite, une aventure européenne auréolée de six buts, quand même, et une Coupe du monde de bonne facture, et vous comprenez alors pourquoi Cavani mérite sa place dans les trente meilleurs joueurs cette année.
Suffisant pour aller chercher le trophée et devenir le premier uruguayen à remporter le mythique Ballon d’or? Très peu probable. L’attaquant de 31 ans ne sera vraisemblablement même pas sur le podium, il n’égalera pas non plus Diego Forlan légende de la Celeste en entrant dans le top 5, ni même dans le top 10 a priori. Mais une récompense individuelle pour un joueur qui a passé son année à se sacrifier pour la cause commune quitte à laisser les éloges aux autres, plus beaux à regarder, est-ce bien sérieux?

Demain, c’est autour de Thibaut Courtois, déjà élu Ballon d’or de la possession, d’apparaître dans notre série consacrée au Ballon d’Or France Football ! 

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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