Throwback: Et Curry fit taire la Chesapeake Arena

Qu’il est long, cet été. On s’extasie sur un gamin de 13 ans qui dunk, on regarde avec nostalgie les highlights de la saison passée, on suit tant bien que mal les vacances de nos stars préférées. La NBA nous manque, les matchs nous manquent, les joueurs nous manquent. En attendant le retour aux choses sérieuses, pourquoi ne pas se remettre en mémoire quelques uns des moments les plus marquants de ces dernières saisons ? Place à un show qui restera célèbre, un soir de Février 2016. Un show nommé Steph Curry.

Anthony Morrow l’a vu, avant tout le monde, et gesticule pour prévenir ses coéquipiers. Il connaît la bête, anciennement son coéquipier. Andre Roberson est pourtant prévenu, Curry est en feu. 43 points à 11/15 à 3 pts, et une deuxième mi-temps de folie. Alors que ce match Oklahoma City Thunder – Golden State Warriors est très serré, et se jouera en prolongation, les deux équipes sont à égalité parfaite, 118 partout. Sur un shoot manqué par les locaux,  Curry récupère la gonfle à 8 secondes du terme. Il remonte, et ralenti sur la ligne médiane. Alors qu’il reste 5 secondes à jouer et avec un temps mort, les choix son multiple pour le futur double MVP. Mais alors qu’il n’a cessé de rentrer des tirs plus compliqués les uns que les autres tout au long de la partie, SC30 se stoppe, à 10m et dégaine. Roberson, pourtant défenseur reconnu au sein de la ligue, est proche de toucher la balle. Mais trop tard, le missile est envoyé. Ficelle. Victoire des Warriors 121-118 au terme d’un des plus beaux matchs de la saison régulière. Retour sur le festival Stephen Curry.

Une entame parfaite du Thunder

Pour avoir un grand match, il faut de grands joueurs, mais aussi et surtout deux grandes équipes. C’est tout ce que l’on a eu à la Chesapeake Arena en ce 28 février 2016. Motivés à l’idée de faire tomber le champion en titre qui lutte pour le record All-Time de victoire sur une saison (72 pour les Bulls de Jordan à l’époque), les hommes de Billy Donovan attaquent le match de la meilleure des façons. Survoltés, les locaux, très aggressifs, prennent le large au score sous l’impulsion d’un duo Kévin Durant-Russel Westbrook de gala (37pts, 5asts, 12rbds pour le MVP 2014, 26pts, 13asts, 7rbds pour le marsupilami au final). Dominateurs dans la raquette grâce à son binôme Enes Kanter-Steven Adams, les locaux comptent 10pts d’avance à la fin du premier quart-temps, et même 11 à la pause. Plutôt intéressant, surtout quand on sait que le Thunder est une vraie équipe de guerrier qui ne lâche rien et lutte pour le décrocher enfin une bague tant attendue. Mais la carrière de Stephen Curry se résume souvent à des remontada improbable. Et ça, il ne faut jamais l’oublier.

Une grosse frayeur pour les Californiens

Secoués pendant une mi-temps, chahutés par Steve Kerr au repos, les Warriors repartent pieds au plancher, et reviennent dans le match, ne comptant plus que 5 points de retard à la fin du troisième quart-temps, sous l’impulsion d’un Iguodala en jambe (12pts, 6rbds) et d’un Draymond Green qui commence à se réveiller (14asts et 14rbds au final). Le problème, c’est que Curry s’est une nouvelle fois tordu la cheville. Lui qui prennait feu et commençait à rentrer des shoots dont lui seul à le secret, se réceptionne mal après une pénétration et retombe sur sa cheville si fragile. Westbrook, arrivé derrière tout en finesse comme à son habitude, retombe en plus sur l’articulation qui a fait tant défaut au natif d’Akron. Grosse frayeur. Mais plus de peur que de mal, Steph reviendra, et continuera son show, l’accentuant même.

Une fin de match haletante

Toujours devant à l’entame du dernier quart, le Thunder ne faiblit pas, et reprendra même le large, comptant jusqu’à douze points d’avance dans la dernière période. Durant continue de porter les siens. Malgré des prises à deux et parfois à trois, le longiligne ailiers d’Oklahoma impressionne. Mais il était écrit que rien ne pouvait arriver aux Warriors cette saison là. Et alors que les locaux comptent encore 4 pts d’avance à 15 secondes du terme, c’est à ce moment précis que l’histoire va basculer. Klay Thompson, pas en reste ce soir là (32pts), dégaine à trois points et ramène son équipe. Durant hérite alors du ballon, et tandis que les Warriors doivent faire faute et que Billy Donovan dispose encore d’un temps-mort, KD envoie une vieille saucisse, interceptée par les Warriors. Terrible pour celui qui avait tenu son équipe tout le match.. Iguodala, seul à trois points, fait mine de shooter et rentrer dans la peinture et obtient la faute. Il ne tremblera pas et permettra à son équipe d’arracher une prolongation innespérée. Car avec 9 points de retard et moins de 4 minutes à jouer, cela relève presque du miracle. Sauf lorsque Curry fait partie de son équipe.

Un chef-d’œuvre signé Steph Curry

Déjà très en jambe durant le temps réglementaire, le fils de Dell Curry va alors faire basculer la partie dans une autre dimension. Alors que Durant écope rapidement de sa 6ème faute et qu’il observera la plupart de la prolongation depuis le banc de touche, le match reste très ouvert, en atteste le score finale de la période supplémentaire (18-15). Et alors que les seconds couteaux du Thunder ( Ibaka, Roberson) se démènent pour entretenir l’espoir, Steph Curry ne touche plus terre. Alors que le score est toujours à égalité, c’est donc lui qui aura la dernière possession. La suite, tout amateur de basket s’en souvient. Une remontée de balle en soliste, à peine un regard vers le panier, un stop et un banderille à 10m, une ficelle. Et un tir pour l’éternité.  Un silence de cathédrale s’empare alors des 18 200 spectateurs de la Chesapeake Arena. C’est la soupe à la grimace sur le banc des blancs du Thunder, une explosion de joie sur celui des noirs des Warriors. Curry peut improviser quelques pas de danse, il vient de réaliser une performance qui restera dans les annales. Tout comme cette saison historique des Warriors, qui banalisent, au fil des années, l’irrationnel.

A propos de l'auteur

Supporter inconditionnel de l'Olympique de Marseille mais aussi du football en général. Fan des Houston Rockets mais surtout de The Beard.

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