Malgré la cure rugbystique à laquelle nous sommes désormais confrontés depuis près de trois mois, il y a bien eu une partie d'exercice du Top 14 version 2019-2020. Puisque cette saison a été officiellement arrêtée et déclarée comme “blanche”, la rédaction de We Sport FR vous propose de revenir sur les performances des quatorze clubs qui composent le championnat. Aujourd'hui, focus sur le Stade Français Paris, 14e au moment de l'arrêt, et pour qui cette saison aura été un chemin semé d'embûches.

 

  • Classement en Top 14 (à la J17) : 14e avec 25 points -> 5V, 1N, 11D
  • Parcours en Coupe d'Europe : Éliminé en phase de poules de la Challenge Cup

 

L'effet rétro : le désastre avant un (léger) regain

Après une année déjà compliquée la saison passée malgré les investissements du milliardaire allemand Hans Peter-Wild, le Stade Français Paris voulait sans mauvais jeu de mot capitaliser en 2019-2020, pour faire avancer un projet ambitieux destiné à (re)faire du club l'une des places fortes du rugby européen d'ici 2023.

La saison du club parisien commence cependant bien mal, avec une claque reçue à Gerland face au LOU (43-9). Le bilan lors des neuf premiers matches est un désastre. Seulement deux victoires pour sept défaites, dont deux à domicile face à Clermont et au Racing, mais surtout des joueurs qui ne répondent pas sur le terrain. Un néant collectif absolu, tant sur le plan tactique que psychologique. Le vestiaire semble ne plus adhérer au discours du staff en place, et le docteur Wild se voit dans l'obligation de débarquer Heyneke Meyer, après l'avoir longtemps conforté dans la position d'homme providentiel pour mener la barque parisienne. Dès lors, c'est le tandem composé de Julien Arias et Laurent Sempéré qui est chargé de reprendre l'équipe.

Un changement de “board” qui entraîne un début d'éclaircie, même si les résultats ne sont pas immédiatement au rendez-vous. Les Soldats Roses ramènent en effet un point de bonus défensif Brive à l'issue d'une prestation encourageante (26-21). Déjà éliminés en Challenge Cup suite à une campagne ratée (une seule victoire chez les Italiens des Zebre), les Parisiens vont pouvoir procéder à quelques réglages à l'occasion de ces rencontres européennes dans le but de gagner du temps sur l'urgence de résultat à laquelle ils sont confrontés en championnat.

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Crédit photo : RMC

S'en suit une série de résultats positifs entre les mois de décembre et de janvier, où le Stade Français Paris ne perd pas, battant Pau (21-18) et Toulouse (30-18) à Jean Bouin et ramenant un nul presque regrettable de Montpellier (20-20) après les fêtes.

Avant l'arrêt du championnat, l'équipe retombe dans quelques uns de ses travers, et s'incline à trois reprises en quatre matches (certes trois fois à l'extérieur), dont une dernière défaite au goût amer à Mayol. Après avoir regardé les Toulonnais dans les yeux tout au long de la rencontre, les Parisiens ont laissé échapper la victoire à la sirène sur une pénalité de Louis Carbonel (19-18). Un revers qui relègue une nouvelle fois les coéquipiers de Joris Segonds à la 14e et dernière place.

 

Le tournant de la saison

Incontestablement, le départ d'Heyneke Meyer. 2 Tout grand coach qu'il est, le Sud-Africain n'aura jamais su s'adapter et prendre la valeur de ce que représente le Stade Français Paris (préférant notamment le recrutement de joker médicaux sud-africains au lancement de jeunes joueurs français, ce qui allait à l'encontre de ses promesses, des ambitions du club et de la politique du rugby français).  La fin de son aventure parisienne aura même tourné au vinaigre, ne parvenant plus à tirer le meilleur de ses joueurs. Avec seulement 19 victoires en 43 matches à la tête de l'équipe (TTC), son mandat n'aura pas eu l'effet escompté.

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Crédit photo : francetv sport

 

Tops et flops

  • Le joueur : Sekou Macalou

Homme important du XV parisien, Sekou Macalou a impressionné tout son monde cette saison. Après une saison 2018-2019 déjà pleine malgré quelques soucis d'indiscipline, le natif de Sarcelles a une nouvelle fois pesé sur la conquête et le jeu de son équipe. Avec 4 essais, 118 plaquages réussis, 42 touches gagnées dont 4 ballons volés, Macalou s'est montré omniprésent lorsqu'il a été aligné. De plus, sa qualité de course ballon en main pour un troisième ligne apporte une véritable plus-value offensive à une équipe qui en a bien besoin.

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  • Les (autres) tops : la confirmation Hamdaoui (titulaire indiscutable à l'arrière, meilleur marqueur du club avec sept essais, et qui confirme sa bonne saison de l'an passé) et la progression de certains jeunes joueurs prometteurs (on peut notamment penser à Lester Etien, Julien Delbouis, Ryan Chapuis, Joris Segonds ou encore Adrien Lapègue).
  • Les flops : l'indiscipline (encore beaucoup de pénalités concédées à chaque match, qui empêchent l'équipe d'être dans l'avancée et qui peuvent même lui coûter des rencontres, comme à Toulon), l'irrégularité (le Stade n'a pas une seule fois enchaîné deux succès cette saison) et la faiblesse de l'équipe à l'extérieur (zéro victoires en dix matches hors de ses bases).

 

Ce que l'arrêt du championnat change

L'arrêt du championnat change une chose fondamentale pour le Stade Français Paris : le club est officiellement maintenu dans l'élite. Une belle épine du pied enlevée au club de la capitale, bien qu'au vu de la dynamique et du nombre de matches restants à disputer, il n'était peut-être pas le plus en danger de ce point de vue. A contrario, cet arrêt peut dans la même mesure faire perdre du temps à l'équipe en vue de sa préparation pour la saison prochaine, qu'elle reprendra par conséquent sans certitudes.

Beaucoup de points restent encore à éclaircir concernant l'avenir du Stade Français, que cela soit au niveau du mercato et de l'investissement qu'est encore prêt à mettre Hans-Peter Wild, ou même de l'identité du coach et du staff qui seront sur le banc parisien l'an prochain. Une seule chose est sure : la saison 2020-2021 n'est pas une année de Coupe du monde, ce qui devra permettre aux Parisiens de mieux débuter ce nouvel exercice, afin de pouvoir entrevoir un avenir plus radieux que ces trois dernières années.

 

Grégoire Allain