Malgré la cure rugbystique à laquelle nous sommes désormais confrontés depuis près de trois mois, il y a bien eu une partie d’exercice du Top 14 version 2019-2020. Puisque cette saison a été officiellement arrêtée et déclarée comme “blanche”, la rédaction de We Sport FR vous propose de revenir sur les performances des quatorze clubs qui composent le championnat. Aujourd’hui, direction l’Île-de-France et le Racing 92, au terme d’une saison qui laissera forcément un goût d’inachevé.

 

  • Classement Top 14 (J17) : 3ème avec 46 points : 9V, 1N, 7D
  • Parcours en Coupe d’Europe : Qualifié en quarts de finale de la Champions Cup (devait défier l’ASM Clermont Auvergne).

 

L’effet rétro

  • Une saison placée sous le signe du renouveau et de l’ambition

Des mots de son capitaine Henry Chavancy, la saison 2019-2020 se doit d’être celle d’un nouveau visage des Ciel et Blancs.

Le recrutement estival va dans ce sens, avec les départs de certaines légendes du club, sur la fin de carrière à l’image de l’emblématique Szarzewski ou du néo-zélandais Rokocoko.

Le Racing se renforce surtout au cœur du jeu avec les arrivées de Trinh-Duc et de l’écossais Sam Hidalgo-Clyne. Le sort s’acharne cependant sur les Racingmen lorsque l’international français se fracture l’avant-bras pendant un match de pré-saison, entraînant le recrutement de l’argentin, ancien des Jaguares, Joaquin Bonilla en tant que ”joker médical”.

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  • Un début de saison poussif

Après une préparation intense, la première pour Laurent Travers sans son compère Laurent Labit, le Racing s’incline à domicile contre Bayonne, une vraie contre-performance compte tenu de l’avance de 10 points acquise par les Ciel et Blancs avant la mi-temps.

Une victoire plus tard, à domicile une nouvelle fois, face à Castres, et le Racing se présente à Toulouse pour glaner un point de bonus défensif (20-17), pour leur premier bon résultat à l’extérieur de l’année.

La suite ne tourne pas vraiment beaucoup mieux, seulement deux victoires lors des sept matchs suivants, avec dans l'ordre à domicile, une nouvelle défaite, face au LOU cette fois ainsi qu'un nul peu réjouissant arraché face à Agen. C'est définitivement l'enchaînement et le rythme que va amener la coupe d'Europe au Racing qui va permettre aux Franciliens de retrouver des couleurs en championnat.

  • L'Europe comme catalyseur

Leur troisième défaite à la maison, cette fois face à l'UBB sonne paradoxalement le début d'une fin d'année 2019 et surtout d'un début 2020 de haute volée, avec un enchaînement de cinq succès consécutifs en Top 14, pour terminer sur une bonne note en dominant notamment de la tête et des épaules un Stade Rochelais muet (49-0), pour la dernière rencontre avant l'arrêt de la saison.

 

Le tournant de la saison

A la différence de nombreuses formations du championnat, le vrai tournant de la saison des Racingmen réside dans leur expérience européenne, ponctuée de vrais succès. La première salve de matchs avec une large victoire face au Saracens tenants du titre, et un match nul au Munster faisait des hommes de Laurent Travers des favoris de leur poule. Après une double confrontation largement maîtrisée face à une équipe des Ospreys impuissante, le Racing s’impose contre le Munster à domicile et ira s’incliner lors de la dernière journée, déjà qualifiés, de trois points.

Le parcours européen est un vrai déclic pour les joueurs du Plessis Robinson, qui ne s’inclinent qu’à deux reprises en Championnat depuis fin Octobre.

 

Les tops : les Teddys

  • Iribaren, le métronome

Avec un ratio de 75% au coup de pied, plus de 211 mètres parcourus, et même un essai au compteur cette saison, le Français est bien évidemment le meilleur réalisateur des Ciel et Blancs de la saison, et s’ancre au meilleur âge, 30 ans, au cœur du jeu des Franciliens.

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Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • Teddy Thomas, la dynamite

Que ce soit en Championnat (6 réalisations) ou en Coupe d’Europe (6 réalisations également), l’international français a, comme à son habitude, été un élément clé de la saison, à la fois par son apport et son rendement mais surtout par ses percussions et son jeu offensif.

Crédit : Rugbyrama

Le flop : Trinh-Duc, tuiles à répétition

Les malheurs s’accumulent pour l’international français ; après sa grave blessure en pré-saison qui l’éloignera du terrain jusqu’à mi-décembre, le français retrouve l’infirmerie juste avant l’arrêt du championnat en raison d’un claquage. Le symbole d’une saison en dents de scie et encore très compliquée pour l’ancien toulonnais, qui devra rassurer l’année prochaine dans le but de s’assurer une fin de carrière beaucoup plus régulière.

Crédit: Icon Sport

 

Ce que l’arrêt du championnat change

En l’espèce, l’arrêt du championnat ne peut que susciter de la frustration pour les Racingmen. Un début de saison maîtrisé, une troisième place bien acquise en championnat, et l’accès aux phases finales de Coupe d’Europe après un parcours presque parfait dans une poule relevée : tout cela promettait une fin de saison à enjeux pour les Franciliens.

Frustrés, ils auront sans doute à cœur dès la reprise de l'entraînement de repartir sur de bons rails pour commencer la saison prochaine sur une bonne dynamique, pour peut-être aller de nouveau décrocher le graal, que cela soit en France ou même en Europe.