Malgré la cure rugbystique à laquelle nous sommes désormais confrontés depuis près de trois mois, il y a bien eu une partie d’exercice du Top 14 version 2019-2020. Puisque cette saison a été officiellement arrêtée et déclarée comme “blanche”, la rédaction de We Sport FR vous propose de revenir sur les performances des quatorze clubs qui composent le championnat. Aujourd’hui, direction le RC Toulon, qui a réalisé une saison placée sous le signe du renouveau.

 

  • Classement Top 14 (J17) : 4ème avec 45 points : 9V, 2N, 6D.
  • Parcours en Coupe d'Europe : Qualifié pour les quarts de finale de la Challenge Cup (devait recevoir les Scarlets).

 

L'effet rétro : l'arrivée de Collazo enfin payante ?

  • Un recrutement très fourni

Afin d'effacer la neuvième place de l'an dernier, la cellule de recrutement toulonnaise a activement travaillé. En effet, ce n'est pas moins de 11 nouveaux joueurs qui ont débarqué à Mayol. Parmi toutes ces renforts, plusieurs joueurs se dégagent déjà : Baptiste Serin, Christopher Tolofua et surtout Eben Etzebeth. Seule ombre au tableau, le transfert du Néo-Zélandais Nehe Milner-Skuder a été annulé en raison de la situation actuelle. L'ailier signera pour deux ans de plus aux Highlanders.

Avec ces arrivées, les ambitions sont claires : Toulon joue gros, très gros et le club n'a pas peur de le montrer.

  • Un début de saison difficile avant un retour fracassant

Sur les premières semaines de championnat, Toulon était privé de sept joueurs : Emerick Setiano, Charles Ollivon, Baptiste Serin, Eben Etzebeth, Sergio Parisse, Mamuka Gorgoze et Beka Gigashvili. Des absences à des postes clés qui ont fait beaucoup de mal à Toulon : sur six défaites, quatre ont eu lieu durant la période de Coupe du Monde.

La Coupe du Monde a pris fin le 2 novembre et les internationaux sont revenus prêter main forte à leurs coéquipiers. Le match qui illustre le mieux cet apport est la rencontre contre Clermont, le 22 décembre dernier. Lors de cette rencontre, Toulon va dominer son sujet dans quasiment tous les secteurs de jeu, si ce n'est la touche. Eben Etzebeth va inscrire le premier essai du match et sera d'un soutien sans faille sur les ballons portés et les mêlées. Baptiste Serin va piloter et organiser le jeu toulonnais très intelligemment. Ce match montre parfaitement de quoi est capable le Toulon de Collazo, un véritable récital et une leçon de rugby.

Toulon va enchaîner six matchs sans défaites avant d'être stoppé par le LOU. Juste après ce match. Le RCT va ensuite faire le yo-yo alternant victoires et défaites pour finir sur une bonne note en s'imposant à la sirène contre le Stade Français (19-18).

 

Le tournant de la saison

Le retour des internationaux. On y revient encore mais c'est très certainement l'élément qui a permis à Toulon de grandir et de se construire autour de cadres expérimentés. L'occasion pour Patrice Collazo de bâtir un véritable collectif avec également une relève illustrée par les jeunes Gervais Cordin ou Louis Carbonel, qui pourront se perfectionner en côtoyant de grands noms.

Louis Carbonel est-il trop impatient ? | Le Blog des Supporters du ...
Crédit photo : Blog-RCT

 

Les tops

  • Le recrutement toulonnais :

En plus d'avoir attiré plusieurs grands noms du rugby mondial comme Sergio Parisse ou encore Eben Etzebeth qui sont des joueurs dont les qualités ne sont plus à prouver, d'autres éléments se démarquent comme Gervais Cordin, Bryce Heem ou Beka Gigashvili. Des joueurs plutôt “inconnus” qui se sont rapidement imposés et ont su briller sans attendre.

  • Raphaël Lakafia :

Impérial en touche et en défense, Raphaël Lakafia a brillé cette saison avec Toulon. Avec 93% de plaquages réussis, il a été un des hommes-clés de l'équipe varoise.

Raphaël Lakafia, avec Rhys Webb et Liam Messam (crédit: quinzemondial.com)

 

Les flops

  • Julian Savea

Arrivé des Hurricanes en 2018, Julian Savea était censé être une si ce n'est la star de l'équipe : un joueur puissant avec le bagage technique qu'on lui connait. Au final, après deux saisons à Toulon, l'international Néo-Zélandais ne sera pas conservé par le RCT, ses performances jugées trop faibles par rapport à ses capacités : trois essais en 17 matchs en 2018-2019 et trois essais en 11 rencontres cette saison, un bilan bien loin des attentes.

Julian Savea: Out of favour ex-All Black reportedly took pay cut ...

  • Les fautes de main
Les fautes de main, en moyenne par match

 

Si on se fie aux statistiques proposées sur le site de Toulon (source : http://www.rctoulon.com/news/article/les-stats-du-vendredi-le-recap/), c'est le secteur de jeu qui pénalise le plus l'équipe toulonnaise.

On peut voir que Toulon fait beaucoup de fautes de main, ce qui pénalise et ralentit sa progression. Les hors-jeu et l'anti-jeu sont également des facteurs importants des pénalités toulonnaises.

 

 

Ce que l'arrêt du championnat change

Toulon revenait de loin face au Stade Français et il restait encore 9 journées, donc tout était possible. L'UBB et le LOU avaient énormément d'avance, mais la troisième place du Racing 92 était à portée (seulement un point sépare les deux équipes, à la J17). De plus, le parcours en Coupe d'Europe était loin d'être fini, les quarts de finale allaient commencer et Toulon avait sa carte à jouer, surtout que les lieux des rencontres pouvaient rendre service aux hommes de Collazo (avec une finale à Marseille notamment).

Après une saison 2018-2019 plutôt compliquée pour Toulon avec une neuvième place, cette saison est nettement plus aboutie. On sent la patte Collazo qui se met en place, un groupe est en train de naître avec des cadres et la relève qui arrive. Le groupe vit bien, c'est ce que l'entraîneur confiait à l’Équipe (source : https://www.lequipe.fr/Rugby/Article/Patrice-collazo-toulon-il-ne-s-agit-pas-de-reconstruire-mais-de-se-relever/1136760). Hâte de voir la saison 2020-2021.

 

Rendez-vous demain pour la review du Racing 92 !