Pendant cette période de flou dans le sillage français du rugby, les présidents des clubs du Top 14 grognent. Mais le roi reste bordelais. Tel un bon vin, Laurent Marti enchaîne les bouchons et casse les vitres.
Omniprésent dans les médias, munitions illimitées
Ce jovial chef d'entreprise enchaîne les interviews depuis quelques jours : France Bleu, Midi Olympique, RMC Sport,etc. Rien ne l'arrête. Il joue avec les mots, avec les propos de ses confrères présidents. Mais surtout, il bastonne.
Loin d'avoir la langue dans sa poche, tout le monde en prend pour sa gouverne. Les présidents de clubs du bas de tableau, les décisionnaires de la probable annulation du championnat, le président de la LNR, personne n'est épargné.
Un président grognon, mais réaliste
Même si ses réactions sont des fois très excessives dans le fond, sa forme est très juste. Son ressentiment d'injustice pour les clubs de Pro D2, le tapis vert, le bonus-malus, tous ces sujets sont sensibles mais il garde un point de vue réaliste et raisonné.
“C’est pire en Pro D2 qui a disputé 75% de ses matchs, trois sur quatre donc, alors que nous c’est deux sur trois. Leur dire: vous ne montez pas, on ne vous donne aucune chance de monter, et en plus vous avez joué 75% des matchs mais vous repartez avec zéro comme les petits copains…” (RMC Sport)
“Le titre? Sans phases finales, on ne le demandera pas” (RMC Sport)
“Dire qu’on va tout effacer d’un revers de mains, alors que deux tiers des matchs ont été joués, il y a de l’iniquité et de l'injustice.” (Midi Olympique)
“On sait tous que, dans ces périodes compliquées, on regarde tous devant notre porte avant d’agir. Mais il y a des limites. Si j’étais moins bien classé, je ne serais pas comme certains, à savoir tout faire pour que ça ne se termine pas. Je laisserais faire les choses.” (Rugbyrama)
Un président inquiet, consterné par les clubs du bas du Top 14, mais qui soutient le désarroi des clubs de Pro D2. Ses propos sont virulents sans être dénués de tout sens. Un homme certes agacé, mais qui reste droit dans ses bottes. Et pour ça on l'apprécie Laurent Marti.
Crédit photo : Rugbyrama