Top 5 des finales du championnat de France de rugby au 21ème siècle

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Crédit photo : France 3
Ligue 1

L’adage le dit parfaitement bien : une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne !
Que cela soit pour la finale territoriale comme pour celle du Top 14, l’occasion de ramener un titre à son club est trop important pour tout joueur de rugby.

Hélas, et c’est encore plus vrai depuis le professionnalisme, l’enjeu prend souvent le pas sur le jeu dans ces matchs couperets : la peur de perdre est plus forte que l’envie de gagner, ce qui donne souvent des rencontres insipides et cadenassées.

Mais parfois, les dieux du rugby en décident autrement, et la finale se transforme en un drame au suspense insoutenable, avec des dénouements terribles pour les uns, magnifiques pour les autres…

Retour sur 5 finales du Top 14 de ces 20 dernières années, qui ont contribué à la magie du rugby !

2001 : Toulouse – Montferrand, l’explosion de l’école toulousaine

Pour certains, c’était le bon vieux temps du rugby, avec deux poules distinctes (10 et 11 clubs) et des clubs qui pouvaient ne pas se croiser durant toute la saison.

Ce format n’est que la résultante du resserrement du championnat, qui passait de 24 à 21 lors de cette saison 2000/2001 : le nouveau millénaire commençait avec les habituelles questions de chaque protagoniste, et les luttes intestines entre la FFR et la toute jeune LNR.

Concernant la phase régulière, Clermont et Toulouse, alors dans la même poule, terminent respectivement premier et second de ce mini-championnat.

Leur parcours dans les phases finales étaient sensiblement le même, avec des victoires sans trembler ou presque face à Agen et Biarritz pour l’ASM, et face à l’USAP et Castres pour Toulouse.

Crédit photo : Stade Toulousain

La finale était donc on ne peut plus logique, entre deux formations qui ont toujours prôné du jeu et des envolées au large.

Pour cet ultime match de la saison 2000/2001, c’est le drame en Haute-Garonne : plusieurs cadres de l’équipe de Guy Novès sont blessés, à l’image de Jérôme Fillol ou Jérôme Cazalbou.

Le sorcier toulousain n’hésite pas une seconde à lancer ses jeunes pousses du centre de formation, qui deviendront par la suite, même s’ils ne le savent pas encore, des cadres des Rouge et Noir.

On retrouvait alors Jean Bouilhou (pas encore 22 ans), Frédéric Michalak (pas encore 18 ans), Clément Poitrenaud (pas encore 18 ans) ou encore Nicolas Jeanjean (19 ans à peine) titulaires pour la finale !

En face, c’était une équipe rodée à ces matchs de haut niveau, mais qui courrait toujours derrière ce premier titre pour conjurer ces 6 finales perdues.

La rencontre, disputée sur un tempo d’enfer, verra les Toulousains triompher sur le score de 34-22, avec notamment trois drops bottés par l’artificier en chef Yann Delaigue : le Brennus reviendra sur la place du Capitole pour la seizième fois (!), le septième pour Guy Novès.

2002 : Biarritz-Agen, le drop de Lulu Mazas fait mouche au bout des prolongations

Nouvelle saison, et nouveau changement dans la formule du championnat : désormais, ce sont 16 équipes réparties en 2 poules qui joueront le tout premier Top 16 de l’histoire.

Agen, second de sa poule, et Biarritz, premier de l’autre groupe, veulent continuer leur progression après avoir été éliminés dans les phases finales la saison précédente par le futur finaliste, Clermont.

Sauf que l’imagination fertile des dirigeants de la LNR chamboule une fois de plus le parcours des équipes prétendantes au titre national : après la phase régulière, il faut encore passer par une phase de play-offs, avec deux nouvelles poules de quatre équipes !
Les deux premiers de chaque groupe participant aux demi-finales : idéal pour les organismes et la récupération…

Cette fois-ci ensemble dans la poule des play-offs (en compagnie également de Bourgoin-Jallieu et du Stade Français), Agen et Biarritz se qualifient pour les 1/2 finales, où ils rencontreront respectivement Toulouse et Clermont.

Des matchs serrés qu’ils remportent, pour rattacher Saint-Denis et le Stade de France, afin de finir ce championnat très long et épuisant.

Crédit photo : LNR

Cette finale restera assurément dans les annales du rugby français : le chassé-croisé auquel participeront le SUA et le BO coupera le souffle de tous leurs supporters tour à tour.

Chacun marquera un essai, et le reste se jouera au pied entre Joe Rhoff (pas le rappeur) pour Biarritz et François Gelez côté Agen.

Premier coup de théâtre : alors que le BO mène de 3 petits points et entrevoit la victoire, Gelez remet les deux formations à égalité 19-19 au bout du bout du temps additionnel.

C’est immuable, il faut alors jouer les prolongations, une première dans le championnat : Gelez et Rhoff continuent leur jeu au pied parfait, en ajoutant trois points de plus pour faire gonfler le score à 22-22.

Simplement, on voit bien qu’il ne reste plus trop d’essence dans le réservoir, et que chaque équipe essaye ne veut plus commettre de faute pour éviter la sanction…

Face à cet état d’esprit tout à fait compréhensible, c’est à celui qui sera le plus entreprenant qui gagnera : dans un dernier ruck dans les 22 d’Agen, le ballon arrive dans les mains de Laurent Mazas, qui crucifie ses adversaires par un drop victorieux à la 110ème minute !

La joie d’un côté, la déception de l’autre, mais un suspense terrible pour une finale qui restera assurément gravée dans les mémoires…

2009 : Perpignan-Clermont, la fin de 54 ans d’attente

Entre les Catalans et les Auvergnats, c’est tout d’abord une histoire de publics : des supporters qui poussent et ne lâchent jamais leurs protégés, et reconnus comme étant parmi les plus chauds de l’Hexagone se rencontrent en finale de ce Top 14 version 2008/2009.

Et dès la phase préliminaire, les deux clubs ne se lâchent pas d’une semelle ou presque : l’USAP et sa génération dorée termine 1ère de la poule, tandis que l’ASM s’offre la troisième place : les 1/2 finales sont connues, avec des alléchants Perpignan – Stade Français et Clermont – Toulouse.

Si l’USAP a eu un peu plus de mal face aux Parisiens, l’ASM a été intraitable contre le champion en titre, et arrive avec l’étiquette de favori ou presque dans ce dernier match de la saison.

Crédit photo : Madeinrugby.com

D’autant plus que les Jaunards cherchent toujours à ramener ce bouclier à la maison, pour leur troisième finale consécutive : en face, on est un peu dans le même cas de figure, avec 54 longues années sans titre ramené du côté d’Aimé Giral…

Et ce sont les Clermontois qui démarrent le mieux ce match, en menant 10-0 dès la 18ème minute et l’essai en force de Nalaga, le meilleur marqueur du Top 14 : ce démarrage rapide s’avérera être le seul “bon” moment de cette rencontre pour les Auvergnats, qui ne marqueront que 3 petits points sur les 60 minutes restantes malgré de nombreuses occasions d’essai.

Perpignan, quant à lui, ne s’affole pas et attend le bon moment pour frapper : un essai de Marty à la 45ème et un jeu au pied parfait de Porical, pur produit de la maison catalane, permettent aux Sang et Or de ramener le bouclier en Catalogne, au grand dam de leurs adversaires du soir, qui ne savent plus quoi faire pour enfin toucher ce bout de bois qui hante leurs rêves…

2010 : Clermont – Perpignan, toute première fois !

Si la finale 2009 du Top 14 était inédite entre deux équipes qui n’avaient pas été championnes depuis l’apparition du rugby pro, celle du cru 2010 est tout aussi inattendue, avec les mêmes formations qui se retrouvent au même stade de la compétition !

Perpignan, tenant du titre, a bouclé sa phase de poule de superbe manière, avec une première place qui les qualifie directement pour les 1/2 finales, au contraire de Clermont, 3ème, qui doit passer par un 1/4 de finale face au Racing 92 pour rallier le dernier carré.

L’USAP, toujours emmenée par ses hommes forts et son public très chaud, se défait alors du Stade Toulousain sur le score de 21-13, retournant en finale pour tenter le doublé.

Clermont, qui a déjà ferraillé dur face au Racing, trouve sur sa route un autre ambitieux de ce Top 14, le Racing Club Toulon de Mourad Boudjellal, qui est en train de construire une équipe pour régner sur la France et l’Europe.

Crédit photo : LNR

Mais au terme d’un match incroyable d’intensité et de suspense, l’ASM sort gagnante de ce duel grâce à un Broke James des grands soirs, et rallie la finale cette fois avec l’étiquette du “petit”, contrairement à la saison précédente.

Peut-être cela a-t-il eu un effet sur les Jaunards, qui ont dans tous les cas tiré les leçons de leurs trois précédentes finales perdues en trois ans : la maîtrise dont a fait preuve la bande à Vern Cotter durant toute la rencontre (remportée sur le score de 19-6) est assez impressionnante, et le bouclier de Brennus peut enfin découvrir la place Jaude après 111 éditions du championnat !

2016 : Racing 92 – Toulon, la finale au Camp Nou

Un stade immense et un vrai pari pour la LNR, qui a décidé de délocaliser la finale du Top 14 à Barcelone, au fameux Camp Nou, antre habituelle du FC Barcelone !

Si l’on pouvait craindre du manque d’intérêt des Catalans espagnols pour le rugby, le stade est bel et bien rempli pour l’événement.

Ce sont deux nouvelles écuries en vogue dans ce Top 14 qui se retrouvent dans la péninsule ibérique, après un parcours réussi tout au long de la saison régulière.

Le RC Toulon, deuxième de la phase de poule, s’est débarrassé en 1/2 finale d’un autre club inhabituel à ce niveau de la compétition, le Montpellier Hérault Rugby.

Le Racing 92, 4ème de la phase préliminaire, a dû quant à lui se défaire du Stade Toulousain en 1/4, puis de l’ASM en 1/2 au terme d’un match époustouflant, après prolongations; conclu sur le score de 34-33 !

On attend alors un choc entre deux formations très solides, aux nombreuses stars internationales qui peuvent faire basculer le match sur un éclair de génie.

Toulon démarre fort sur la pelouse barcelonaise, en profitant du jeu au pied impeccable de Leigh Halpenny et d’un essai de Gorgodze à la 29ème : le club de la Rade voit même le chemin s’ouvrir après le carton rouge infligé à Maxime Machenaud pour un plaquage cathédrale sur Matt Giteau à la 18ème minute.

Crédit photo : La Croix

Mais on le sait, en sport, être réduit d’un élément ne veut pas forcément dire abandon, bien au contraire : du côté du Racing, on se resserre, et on essaye de faire douter les Toulonnais.

Et comme souvent, ça marche : le RCT s’endort quelque peu sur ses lauriers, et voit les Franciliens recoller au score, puis carrément les dépasser grâce à un essai de Rokocoko, mais aussi et surtout la botte de Dan Carter et Johan Goosen.

L’essai de Mermoz côté varois redonnera du piquant dans les dernières minutes, mais ce sera bien le Racing, avec une dernière pénalité de Carter, qui scellera le sort de cette rencontre sur le score de 29-21, devant plus de 99 000 spectateurs !

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