Cela fait plus de trois décennies que les femmes n'ont pas participé à l'apogée du cyclisme professionnel – le Tour de France – Marianne Martin, Maria Canins et Jeannie Longo ayant remporté le maillot jaune entre 1984 et 1989.
Ce mois de juillet marque un moment décisif puisqu'un peloton de classe mondiale composé de 24 équipes prendra place sur la ligne de départ pour le retour d'une version féminine du Grand Tour, le Tour de France Femmes avec Zwift. L'événement, qui se déroulera du 24 au 31 juillet, s'ouvrira sur l'emblématique Tour Eiffel à Paris et les femmes participeront à une course en circuit le long des Champs-Élysées. C'est un endroit approprié pour commencer la compétition et peut-être l'occasion de dire adieu à l'événement tremplin La Course, un événement populaire mais parfois bref et controversé qui a vu le jour en 2014 suite à une pétition adressée à ASO demandant un Tour de France féminin.
Huit ans plus tard, ASO accueille le peloton féminin sur le Tour de France pour la première fois depuis que l'ancienne Société du Tour de France a organisé une version féminine il y a 33 ans. Ainsi, le 24 juillet, le long des Champs-Élysées, le Tour de France masculin s'achèvera sur la 21e étape et le maillot jaune sera symboliquement remis au peloton féminin pour entamer huit étapes variées et leur quête tant attendue du titre de championne du Tour de France Femmes.
Le Tour de France Femmes a le potentiel pour changer le paysage du cyclisme professionnel féminin. ASO a mis les bouchées doubles pour la première édition de l'événement avec 2,5 heures de diffusion en direct et un package marketing et média qui rivalise avec les meilleures courses du monde. Les organisateurs offrent une bourse de 250 000 dollars, qui n'est égalée que par le Giro d'Italia Donne, et bien qu'il s'agisse d'une fraction de la bourse masculine, de nombreux acteurs du sport pensent, pour commencer, que la couverture télévisée en direct est le facteur le plus crucial de la croissance de l'événement.
L'ancien Tour de France féminin de 1984 s'étendait sur environ 1 000 km et se courait en 18 étapes qui suivaient la dernière section du parcours masculin, et se terminaient deux heures avant les hommes sur la même ligne d'arrivée. Les femmes ont également gravi des montagnes emblématiques telles que l'Alpe d'Huez.
Le format est différent cette fois-ci, mais beaucoup pensent que la course féminine gagnera à être organisée la semaine suivant le Tour de France masculin, afin de lui donner son propre espace et sa propre visibilité. Il y a des défis et des limites évidentes à la quantité de campagne que le Tour de France Femmes peut traverser en huit jours. Le peloton restera donc dans le nord-est et les Vosges cette année. Le peloton restera donc dans le nord-est et les Vosges cette année. Cependant, le parcours offre quelque chose pour tout le monde et constitue une toile de fond pour ce qui devrait être une course cycliste passionnante.
Les femmes parcourront 1 029 kilomètres, dont deux étapes de puncheur, une étape remplie de secteurs de gravier, quatre étapes de sprint plus plates et des étapes de montagne consécutives dans les Vosges. Le tout culminera au sommet de la Super Planche des Belles Filles où le vainqueur sera couronné le 31 juillet.
Les favorites du Tour de France féminin
Le Tour de France Femmes a quelque chose à offrir à chaque type de coureur, des sprinters aux puncheurs en passant par les purs grimpeurs. Mais lorsqu'il s'agit du classement général, voici les coureurs à suivre. Annemmiek van Vleuten (Movistar) sera la grande favorite du classement général. Elle arrive tout juste après avoir remporté son troisième Giro d'Italia Donne plus tôt en juillet. Ancienne championne du monde à plusieurs reprises, elle a prouvé sa suprématie sur les sommets les plus longs et les plus difficiles de ce sport.
Vainqueur de Paris-Roubaix Femmes et du Tour féminin, Elisa Longo Borghini de Trek-Segafredo peut tout faire. L'Italienne peut courir après des victoires d'étape en moyenne et haute montagne, mais ses tactiques astucieuses lui permettent de se placer parmi les favorites au classement général.
Kasia Niewiadoma de Canyon-SRAM est l'une des athlètes les plus régulières de ce sport, se plaçant régulièrement en haut du tableau des résultats. Une concurrente de taille sur tous les terrains, à surveiller lors de l'étape décisive de gravier, des échappées et des étapes de montagne critiques. La danoise Cecilie Uttrup Ludwig a passé les trois dernières saisons à se préparer pour une victoire au Tour de France Femmes. Elle bénéficiera d'un soutien total dans sa tentative d'apporter le maillot jaune à l'équipe française FDJ-SUEZ-Futuroscope. L'équipe aura également une deuxième carte à jouer avec la dauphine du Giro Donne, Marta Cavalli.
Demi Vollering, pressentie comme la prochaine Anna van der Breggen chez SD Worx, a le plus bel avenir du cyclisme professionnel. Après un apprentissage intensif depuis qu'elle a rejoint les rangs professionnels il y a quatre ans, elle a déjà remporté certaines des courses les plus prestigieuses, de Liège-Bastogne-Liège et La Course à Itzulia Femmes. Les Vosges sont son terrain d'entraînement habituel, et elle est experte dans chaque pente et chaque virage de la Super Planche des Belles Filles.
La course ne se limitera pas aux coureurs de la GC, et les fans peuvent s'attendre à voir une course pleine d'action avec un sprint massif de femmes rapides comme Lorena Wiebes (Team DSM), Lotte Kopecky (SD Worx), Emma Norsgaard (Movistar) et Marianne Vos (Jumbo-Visma). Elles viseront également le maillot vert. Les spécialistes de l'échappée Mavi Garcia (UAE Team ADQ), Elise Chabbey (Canyon-SRAM) et Grace Brown (FDJ-SUEZ-Futuroscope), pour n'en citer que quelques-unes, pourraient également être à la recherche du maillot de la montagne. Dans l'ensemble, les huit jours de course offriront une compétition de classe mondiale et la capacité de mobiliser les fans jusqu'au sommet de La Super Planche des Belles Filles.