C'est un scénario qui se répète tous les ans. Championnat formateur par excellence, la Ligue 1 est délestée de ses meilleurs éléments chaque été par les clubs étrangers, toujours plus puissants financièrement et attractifs sportivement. Ce mercato estival ne devrait pas échapper à la règle.
À quelle sauce les clubs de Ligue 1 vont-ils être mangés ? Voilà la question qui brûle les lèvres de nombreux observateurs, alors que le marché des transferts devrait démarrer le 10 août dans les autres pays européens. Si un mercato franco-français est ouvert depuis le 8 juin, c'est bien en direction de l'étranger que les écuries tricolores effectueront comme chaque année leurs plus belles ventes. L'enjeu sera même encore plus important cet été, l'interruption des compétitions ayant fragilisé la santé économique de plusieurs clubs. Anglais, Allemands, Espagnols et Italiens devraient donc à nouveau se régaler et piocher dans l'immense vivier de la Ligue 1, qui semble aujourd'hui bien vulnérable.
De nombreux candidats au départ
Alors que les exemples de jeunes talents quittant la France se multiplient depuis plusieurs saisons, une nouvelle vague de prétendants se profile à l'horizon. À commencer par les phénomènes Houssem Aouar (22 ans) et Eduardo Camavinga (17 ans). Convoité par la Juventus et Manchester City, le Lyonnais devrait disposer d'un bon de sortie à en croire son président Jean-Michel Aulas. Quant au Rennais, il reste l'une des cibles prioritaires du Real Madrid. Du côté de Lille, plusieurs joueurs sont sur les radars de grands clubs européens. Boubakary Soumaré (21 ans) possède une grosse cote en Angleterre, tandis que Victor Osimhen (21 ans), surveillé partout sur le continent, et Gabriel (22 ans) pourraient rejoindre Naples dans un “package” estimé à 100M€. Le Marseillais Boubacar Kamara (20 ans) devrait également susciter des intérêts à l'étranger.

Les clubs moins huppés également attaqués
Toutefois, les cadors du championnat de France ne sont pas les seuls qui devront subir des assauts répétés pour leurs joueurs. Les clubs plus modestes seront également sollicités, malgré une exposition moindre aux yeux du grand public. Le solide défenseur Axel Disasi (22 ans) devrait par exemple quitter Reims cet été, convoité par des écuries anglaises. Si le Nantais Imran Louza (21 ans) semble parti pour rester en Ligue 1, ce ne sera vraisemblablement pas le cas d'Ibrahima Diallo (21 ans), auquel les dirigeants de Brest ont accordé un bon de sortie. À Dijon, l'attaquant Mounir Chouiar (21 ans) sort d'une belle saison et devrait être sollicité, tout comme le défenseur de Strasbourg Mohamed Simakan (20 ans), suivi par Dortmund, Leipzig et Milan. Quant au jeune latéral angevin Rayan Aït-Nouri (19 ans), il a récemment prolongé son contrat mais reste surveillé par des cadors européens. Les dirigeants du SCO devraient heureusement se montrer exigeants face à d'éventuels acheteurs.

Des cibles toujours plus jeunes
Plus effrayant encore, les clubs français sont attaqués de plus en plus tôt pour des joueurs de plus en plus jeunes. Les écuries étrangères n'hésitent plus à venir faire leurs achats directement dans les centres de formation, et peu importe si leurs cibles n'ont que quelques matches professionnels dans les jambes. Le Paris Saint-Germain lui-même n'échappe pas au carnage, ses jeunes cédant souvent aux sirènes de l'étranger. C'est le cas de Tanguy Kouassi (18 ans), qui a préféré signer son premier contrat pro au Bayern Munich. À Lyon, le défenseur Pierre Kalulu (20 ans) a rejoint Milan alors qu'il ne compte aucun match en équipe première avec l'OL. Enfin, déjà contraint de céder William Saliba l'année dernière à Arsenal après une seule petite saison chez les pros, Saint-Etienne sera attaqué cet été sur un autre défenseur guère plus expérimenté, Wesley Fofana (19 ans). “La durée de vie d'un jeune dans un club français n'est pas très importante”, a déploré son entraîneur Claude Puel dans les colonnes de L'Equipe le 13 mai dernier.

Vous l'aurez donc compris, réussir à conserver ses meilleurs éléments est devenu un enjeu incontournable pour la Ligue 1. Mais comment y parvenir ? La hausse conséquente des droits TV grâce à l'arrivée de Mediapro en tant que diffuseur la saison prochaine devrait offrir aux clubs français une nouvelle manne financière non négligeable. À eux de négocier correctement ce virage pour aller vers un championnat plus compétitif, enfin capable de retenir ses pépites.