Tennis

Alors c’était comment l’UTS ?

L’Ultimate Tennis Show, compétition imaginée par Patrick Mouratoglou, vient de se terminer avec la victoire finale de Matteo Berrettini. Après notre lettre ouverte au coach français, nous avons souhaité observer le spectacle proposé et les changements de règles apportés au tennis. Qu’est-ce qui est mieux, moins bien ? Retour sur ces cinq week-ends de matchs.

Des éléments sur lesquels se baser

L’un des principaux but de Patrick Mouratoglou est de redonner du rythme aux matchs de tennis, pendant lesquels il considère qu’il y a trop de temps morts. Pour éviter cela et l’attente entre les points, le temps maximum séparant deux échanges a été raccourci à 15 secondes (contre 20 habituellement), obligeant les joueurs à moins tergiverser ou les empêchant d’enchaîner d’innombrables tics. Ceci est bien évidemment une idée à développer et à aménager. Beaucoup de spectateurs se plaignent des lenteurs entre les points. Mais, il faut aussi se mettre à la place des joueurs : après un échange de 2 ou 3 frappes, ce laps de temps est suffisant mais après un rallye d’une vingtaine de coups, il faut allonger cette coupure pour ne pas affecter la qualité de jeu. Lucas Pouilles, lui, semble conquis. Le Français, qui a déclaré forfait en cours de tournoi, a apprécié les ajustements et le rythme des matchs : “il se passe toujours quelque chose. C’est le but de ce format-là. C’est très ludique. J’ai pris beaucoup de plaisir. Premièrement, parce que je suis retourné sur un court et deuxièmement, le format est vraiment super. On peut revenir à n’importe quel moment avec les cartes et ça rend le jeu hyper drôle et attractif.”

Aussi, une des volontés communes du coach français et de bons nombres de joueurs est d’assouplir le code de conduite. Lors de l’UTS, les échanges verbaux entre les joueurs sont autorisés et peuvent être utilisés pour déstabiliser l’adversaire. Cela peut évidemment donner du piment à un match et ajouter un peu de dramaturgie et de tension.

“Tout est trop cadré, toujours pareil. Les Grands Chelems c’est différent mais les autres tournois du circuit, il y a des choses à revoir, sans aucun doute”

Richard Gasquet à propos du code de conduite sur le circuit

Les gestes d’humeur sont aussi autorisés : ainsi, on a pu voir Benoît Paire aller à ses fameuses jérémiades sur la chance supposée de son adversaire ou encore des jets de balles dépassant le complexe sportif de Sofia. Les joueurs sont évidemment contents de cette évolution. Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès. Beaucoup de jeunes prennent en exemple les joueurs et il ne faudrait pas voir pleuvoir des raquettes ou des injures à chaque match. Le tennis c’est aussi le contrôle de soi et de ses émotions.

Des règles qui dénaturent le tennis

Mais, mis à part ces simples éléments, le reste est à jeter plus ou moins loin d’un court de tennis. Le système de temps fait perdre l’essence même du tennis. “Tant que la balle de match n’est pas jouée, un match de tennis n’est pas fini”. Cette petite phrase que l’on nous répétée dès nos premiers entraînements ne veut plus rien dire… On a vu des joueurs balancer la dernière balle alors qu’ils avaient la victoire assurée ou bien d’autres jouer la montre pour empêcher l’adversaire de recoller. Ainsi, il n’y a plus de points qui comptent : aucune balle de break ou balle de match à négocier. Les moments tendus sont donc supprimés, remplacés par la mort subite. En cas d’égalité à deux quart temps partout, elle permet au joueur de remporter le match dès qu’il gagne deux points de suite, même s’il ne mène que d’un point, abandonnant un des autres principes de base de ce sport : les deux points d’écart.

Le coaching sur le court est l’un des points les plus clivants. Certains le plébiscitent, d’autres ne veulent pas en entendre parler. Je me trouve plus dans la seconde catégorie, les capacités d’analyse faisant partie de la panoplie d’un joueur de tennis complet. Ainsi, il semble peu judicieux d’instaurer ces échanges qui créeraient plus d’inégalités entre les joueurs capables de se payer les plus fins tacticiens et les autres. Plus important, ceci supprimerait les joueurs qui brillent par leurs capacités tactiques. A Nice, l’impact des coachs n’a pas été très significatif, si ce n’est de pouvoir demander un temps mort en cours de quart temps. 

“Ça fait peur. TRÈS PEUR. Quelle honte ce tournoi”

Harold Mayot sur Twitter

Malheureusement, la carte blanche donnée aux joueurs vis à vis de leur comportement accentue le côté théâtrale et certaines réactions ont semblé parfois surjouées. Même si les interviews on court ont permis d’avoir quelques moments savoureux (ceux ci impliquaient très régulièrement Benoît Paire), on a senti quelques fois certains chercher la bonne réaction qui ferait le buzz sur les réseaux. On peut tout de suite penser à l’épisode 2 de la chatte de Paire. A cause de cela, on a plus parler félins que reprise du tennis et niveau de jeu. Pas sur que l’on veuille que ce soit cette image du tennis qui soit véhiculée.

Enfin, les cartes bonus s’ajoutent au côté fun des matchs. Mais, quitte à aller dans ce sens, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez de choix. Les joueurs prenaient très régulièrement les mêmes cartes et elles n’ont pas radicalement changé l’issu des matchs. Finalement, très inspiré du visuel des jeux vidéos, l’UTS a permis de voir du tennis différemment et de retrouver certains de nos joueurs favoris. Ce qui revient souvent est que, pour une exhibition, toutes ces règles conviennent parfaitement. Mais uniquement pour une exhibition, il ne faut pas aller plus loin. Qu’en sera-t-il lorsque le vrai circuit aura repris. L’UTS se lèvera-t-il face à la concurrence des ATP 250 ?

Les premiers week-ends ont été plutôt suivis, surtout par curiosité, puis totalement délaissées par la suite. L’organisation n’a pas souhaité communiquer les chiffres des abonnements payants, preuve du peu d’intérêt ? Les quatre matchs par week-end diffusés sur Eurosport suffisaient pour se faire une idée. Même s’il ne faut pas se baser uniquement là-dessus, leur peu d’abonnés sur Twitter (environ 4300) témoigne aussi de l’échec partiel dans le monde de la petite balle jaune. Finalement, peut-être que c’était vraiment mieux avant…

Source Image en Une : @UTShowdown



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