Pour la saison des cent ans, Angers a réalisé son objectif qu’il accumule depuis cinq saisons. Avec un titre, qui ressemble à un mauvais jeu de mots sur l’exercice 2015/2016, mais qui exprime la progression du club du Maine et Loire. Nous revenons sur l’année surprenante, pour laquelle l’effectif a surmonté les nombreuses phases de troubles.
La saison
En Ligue 1 :
En Coupe de France :
2019 correspond à l’occasion manquée de marquer la saison des cent ans par un long parcours dans la coupe nationale. Après avoir arpenté la Haute-Normandie, les Scoîstes ont reçu les tenants du titre. Il est rare de voir neuf réalisations à Kopa. Une rencontre pleine de rebondissements qui n’ont pas souris aux Angevins. Score final, 4-5.
En Coupe de la Ligue :
Stéphane Moulin a accordé une importance moindre à la dernière édition de cette coupe. En s’inclinant dès son entrée en lice à Amiens, sur le score de trois buts à deux, le SCO dit au revoir à la Coupe de la Ligue.
L’effet rétro, une saison cyclique
Alors qu’il reste dix journées de championnat, le SCO est quasiment maintenu au niveau comptable. Une saison mouvementée, à l’image des différentes phases de l’équipe au plus haut et au plus bas de leurs capacités. Un exercice à rebonds, marqué par des événements clés et des lueurs d’espoirs. Un bilan, également, bientôt au contact de la saison 2015 /2016, celle du retour dans l’élite.
La première partie de saison
À la fin de l’été dernier, chez We Sport, nous vous parlions du mercato angevin et de ses ambitions offensives. L’arrivée de cinq joueurs à vocation d’attaque, marqué par un départ canon au stade Raymond Kopa et une avalanche de buts.
Pour résumer au mieux la saison angevine, on remarque que l’équipe a connu beaucoup de phases au plus haut et au plus bas. On pourrait alors parler d’une équipe à deux visages. Douze buts marqués contre deux, encaissés lors des quatre premières rencontres à domicile. Quatre victoires à la maison, qui place les angevins dans les premières places, malgré les premières divergences.
Le SCO performe à Kopa mais est impuissant en dehors de sa ville. Un déplacement tumultueux à Lyon, avec un score fleuve marqué par un 6-0 au tableau d’affichage, sans compter la perte de Reine-Adélaïde. À l’heure des premiers troubles, Angers n’y arrive pas non plus à Lille, ni à Paris et fait face à loi des grands du championnat français.
Les abonnés ont également profité des performances fantastiques de plusieurs derniers remparts de l’élite. Le gardien amiénois, Régis Gurtner, Larsonneur, Bernardoni ou encore Lecomte ont réalisé des matchs clés en Anjou. Une façon symbolique, au-delà des prouesses, de dire que l’équipe de Stéphane Moulin a connu une grande baisse d’efficacité devant le but. Un retour à des principes de jeu moins plaisants et plus classiques pour les Noir et Blanc basé sur la création rapide d’occasions, sans retomber dans l’image atypique du jeu de la montée. Le SCO considère moins sa possession du ballon, mais est toujours tranchant quand il le faut.
Un match piège : Angers – Marseille, le 3 décembre 2019. Parmi les matchs les plus décisifs de la saison angevine. Il est important de revenir sur cette faille dont peu d’équipes ont profité. Lors de la réception de l’OM, les idées d’André Villas-Boas étaient claires, jouer à Angers, de la même manière qu’Angers. Sur son terrain et avec un taux de possession inhabituel, le SCO a été surpris, tant surpris qu’il a multiplié les erreurs, sans parvenir à refaire surface dans la partie. Score final, 0-2.
La seconde partie de saison
Pour la première de l’histoire du club – de plus, lors de la saison des cent ans – , Angers a remporté ses deux derbys face au voisin Nantais. Synonyme de progression depuis l’accession à la Ligue 1. Deux rencontres par an qui prendront, sûrement, dans le futur, une importance plus grande.
À deux reprises dans l’exercice, les Scoïstes sont passés au travers des « 3 matchs en 8 jours ». Face à Nice, Marseille et Rennes, début décembre, Angers s’est incliné à chaque rencontre. Puis, face à Reims, Monaco et Lille, rebelote. Les hommes de Stéphane Moulin n’ont pas su faire face à ces rencontres. Deux épisodes qui marquent la distance par rapport au niveau européen, comme le rappelait Saïd Chabanne cet hiver.
Dans des situations délicates, on peut rappeler la mise en lumière de « l’affaire Chabanne ». L’une des forces du Sporting Club de l’Ouest a été de surmonter ces phases de doutes et de troubles. Angers après une série de défaites, a souvent répondu présent avec une série, cette fois-ci, de bons résultats.
Enfin, peu avant l’arrêt temporaire du championnat, les bons résultats du club ont fait revenir un espoir inattendu. Dans cette saison cyclique, le SCO a renoué avec la victoire en rencontrant consécutivement Montpellier, Brest et Nantes. Deux petits points les séparent du club champenois de Reims, classé à une place potentiellement européenne. Avec une reprise favorable, Stéphane Moulin va-t-il pousser son effectif vers l’avant ?
Ce que l’arrêt du championnat change pour Angers
Après un passage à vide, la saison s’est stoppée nette au point où les Scoïstes retrouvaient des forces. Notamment en remportant le second derby ligérien de la saison. Trois victoires à la suite qui permettent au SCO de remonter au classement. Proche des places européennes, les Noir & Blanc peuvent envisager une coupe d’Europe, en cas de bons futur résultats, comme leurs homologues U19 qui pourraient être qualifiés en Youth League.
Ensuite, l’arrêt du championnat représente de lourdes pertes financières, déjà chiffrée dans une interview au Courrier de l’Ouest par le président délégué, Fabrice Favetto-Bon, entre 4 et 8 millions d’euros. Une communication, ici, claire, mais qui est critiquable ces deniers temps. L’éviction d’Olivier Pickeu a affecté les supporters et l’effectif. Une relation de quatorze années arrêtée subitement et mystérieusement.
Sébastien Larcier, le remplaçant au poste de directeur, prendra ses fonctions le 15 mai prochain. Prêt à démarrer en Anjou, l’ancien du DFCO veut « se fondre dans l’identité du club », tout en effectuant un travail efficace pour « faire perdurer cette qualité », comme il l’indiquait au Courrier de l’Ouest.
Quant aux conditions d'entrainement, l’effectif garde la condition physique loin du Centre de la Baumette. Les séances des joueurs sont moins intensives et nécessiteront une nouvelle préparation à la reprise. Quant à la question du retour à la compétition, il est trop tôt pour entrevoir une date officielle.
Les Tops
Baptiste Santamaria

Angevin depuis 2016, le sentinelle phare du SCO arrive au terme de son aventure en Anjou. Quatre saisons où le marathonien à dû s’adapter au niveau de l’élite français, jusqu’à progresser pour pouvoir prétendre au Real Madrid, voici Baptiste Santamaria. Membre incontournable de l’équipe type, il s’est révélé comme un régulateur du jeu. Toujours au sommet au niveau de la récupération, régulier dans la transition et souvent tranchant, Baptiste s’est offert quelques folies offensives.
Sada Thioub

Peu d’erreurs ont été commises à l’occasion du dernier mercato estival et Sada Thioub est à la tête des satisfactions. Arrivé pour la somme de trois millions d’euros, Thioub n’a pas tout de suite fait partie du onze de Moulin. Grâce à une montée en puissance considérable, percutant sur son aile, l’international sénégalais a réalisé des performances formidables. À l’image du derby les opposants aux Nantais, en décembre, l’ancien Nîmois a démontré aux supporters angevins, l’étendue de son potentiel offensif.
Les Flops
Mateo Pavlovic

L’un des rares joueurs capables d’évoluer en charnière centrale ou de l’autre côté de la pelouse, en buteur, mais qui n’a pas réussi à préserver sa place de titulaire. La saison dernière, Brate évoluait indiscutablement aux côtés du capitaine Traoré. Cependant, le croate a souvent exécute des gestes défensifs maladroits et des relances hasardeuses cette année. Une méforme qui a souri au breton Romain Thomas.
Casimir Ninga

Le portier angevin, Ludovic Butelle, a été plus décisif, en seconde partie de saison, dans sa mission de base, rapporter des points à l’équipe. Alors, on va parler du transfert le plus décevant de ce mercato estival, Casimir Ninga. Pourtant, l’aventure avait si bien commencée. En assommant les critiques et Saint-Étienne grâce à son entrée fracassante en août, il a vite démenti. Sans action décisive depuis le mois de septembre, Ninga a déçu, retrouvant même sa réputation de sprinteur. Une saison cauchemardesque marquée par le K.O. envoyé à la pommette de Zinedine Ferhat.
Que doit-on attendre d’Angers pour la suite
Depuis son retour en Ligue 1, Moulin n’a jamais aspiré au haut de tableau. Pourtant, si la Ligue 1 venait à reprendre, Angers aura l’opportunité de se rapprocher d’une place européenne. À seulement deux points du Stade de Reims, Angers pourrait, en fonction des prochains résultats, projeté d’atteindre cette cinquième place. Seulement, l’entraîneur, Stéphane Moulin, se satisferait d’un maintien quasiment assuré.
De nombreuses questions se posent concernant la suite pour le club angevin. Le chamboulement de la structure directive offre de nouvelles perspectives d’avenir, même si le traitement d’Olivier Pickeu subsiste mystérieux. Le SCO a réussi à attirer dans ses rangs, Sébastien Larcier, au poste de directeur sportif. Larcier pourrait travailler un recrutement équivalent à celui réalisé dans le club dijonnais. C’est-à-dire que le nouvel arrivant pourrait assurer la continuité de Pickeu, en attirant à Angers des joueurs étrangers. Une ambition qui correspond à ce qu’entreprenait l’ancien directeur sportif, qui affirmait : « on cherche à faire des gros coups à l’étranger ».
Enfin, les travaux du stade Raymond Kopa vont encore prendre du retard, initialement prévu pour la saison 2021/2022, cet arrêt pourrait prolonger la durée de construction de la nouvelle tribune Saint Léonard.
Après le Maine et Loire, nous prendrons, demain, la direction de la principauté pour parler de l’AS Monaco !