L'ASVEL paraît vouloir changer de cap. Depuis quelques saisons, Tony Parker semble naviguer à vue et n'a toujours pas trouvé la recette pour faire de son club de Villeurbanne une référence sur le plan Européen. Car oui, là est bien l'objectif. Les Rhodaniens ont remporté trois années de suite le titre de champion de France, laissant leur couronne uniquement cette année à la Roca Team Monégasque. Mais en Euroleague, jamais ils n'ont atteint les playoffs, en quatre participations. Pire, depuis deux ans et l'obtention de leur licence permanente, ils squattent les bas-fonds de la plus prestigieuse des Coupes d'Europe. De quoi inciter TP à virer de bord au niveau du recrutement.
Fin de la french party à l'ASVEL?
Depuis toujours, le board Villeurbannais a souhaité recruter local. Des français en veux tu en voilà. Forcément, le quota de JFL (joueurs formés localement) oblige à avoir quelques tricolores dans ses rangs, mais pour l'heure, la recette est loin d'être gagnante.
Et quand Parker va chercher des internationaux, ce n'est que trop rarement une réussite. Il y a deux ans, l'arrivée de Kostas Antetokounmpo n'a rien apporté, si ce n'est de voir Giannis dans les travées de l'Astroballe. Les arrivées de Ryan Morgan ou Dylan Osetkowski n'avaient pas non plus été de franches réussites.
L'an dernier même constat: Jackson-Cartwright s'est révélé être un flop, Jonah Matthews et Retin Obasohan n'ont rien apporté. On s'est alors dit que l'ASVEL allait pouvoir compter sur son recrutement de frenchies. Mais ce n'est guerre plus une réussite. Si évidemment, ces dernières années, les apports de Nando De Colo ou encore Elie Okobo (parti à Monaco depuis) ont été indéniables, pour le reste… Entre mauvaise gestion des joueurs en devenir (Strazel, Wembanyama), joueurs en fin de vie (Lacombe, Diot) et garçon loin du niveau Euroleague (Noua), la stratégie de l'ASVEL est à revoir.
Miser sur la continuité?
Car il ne faut pas oublier qu'en deux ans à peine, l'AS Monaco a fait un plus grand pas en avant que Villeurbanne depuis le début du projet Parker. Avec un quart de finale et une Final Four d'Euroleague, les coéquipiers de Mike James ont prouvé qu'il était possible, en très peu de temps, de devenir grand.
Pour tenter de le devenir, Parker a semble-t-il changé son fusil d'épaule. Fini les paris sur des joueurs au niveau incertain, place à des garçons de devoir. Mbaye Ndiaye, solide ailier de 24 ans, a rejoint la Green Army pour trois ans. Une vraie satisfaction pour son futur coach, TJ Parker. “Mbaye dispose de très grosses qualités athlétiques. Il est dur en défense, attiré par le rebond offensif et a un jeu sans ballon très intéressant. C’est un profil que nous n’avions pas la saison dernière. On voit que chaque saison, il est en progrès, dans les lignes statistiques comme dans la compréhension du jeu et nous allons l’accompagner pour faire en sorte que cela continue”.
Boris Dallo, l'ancien Choletais et John Egbunu (tout proche de signer), devraient eux aussi apporter de la densité athlétique dans un effectif qui n'en manque déjà pas (Lauvergne, Kahudi, Lighty).
En plus de cela, le noyau dur de l'effectif devrait rester inchangé. Nando De Colo sera toujours le chef de file de ce petit groupe, épaulé par les inusables Kahudi et “D Light'”. Dans la raquette Youssoupha Fall et Joeffrey Lauvergne (blessé pratiquement toute la saison), seront toujours de la partie. Tout comme Amine Noua et Dee Bost, arrivé en cours de saison et qui devrait prolonger.
Entrer dans une nouvelle dimension
L'ASVEL aura bien besoin de performer cette saison. Car dès la fin d'année civile, Villeurbanne accueillera ses rencontres d'Euroleauge à la LDLC Arena, le tout nouvel écrin financé par OL Group (12 000 places en configuration basket), et qui verra le jour après plusieurs années de travaux. Le début d'une révolution pour un club qui aspire à devenir une référence sur le plan Européen, et qui pourra également s'appuyer sur des droits télés nationaux en nette progression. Si l'ASVEL a obtenu une licence permanente de l'Euroleague (qui durera donc dix ans minimum), attention à ne pas se reposer sur ses lauriers. La dernière place la saison dernière a fait tâche, aussi bien en interne que dans toute l'Europe, une réaction est donc attendue.
L'ASVEL a entamé une nouvelle intersaison chargée. Outre les rumeurs Collet pour l'après JO 2024, Tony Parker doit gérer un mercato délicat: après une saison ratée, Villeurbanne doit repartir du bon pied. Le basket Français en aura bien besoin.