Le tennis vous manque et vous en avez assez des films de Noël ? Nous avons la solution ! Lire et découvrir des joueurs par le biais de leurs écrits pour garder un lien. Aujourd’hui, retour sur l'analyse du tennis par Gilles Simon, “Ce sport qui rend fou”, sortie le 28 octobre dernier.

Si vous voulez en apprendre plus sur la vie de Gilles Simon, n'ouvrez pas ce livre, ceci n'est pas une autobiographie. Dans un style très courant et parlé, celui que l'on surnomme “le Prof” nous dresse, en tant qu'amoureux du jeu, sa vision du tennis, de la formation française mais aussi son ressenti vis-à-vis des instances du tennis français, notamment en Coupe Davis. Récit d'un incompris ou d'un boomer ?

La formation à la française et le tennis aujourd'hui

Gilles Simon rentre d'emblée dans le vif du sujet en abordant la formation française. Il estime que l'on recherche le joueur parfait et consacre même un chapitre au “Mythe Federer“. À trop vouloir trouver un nouveau maestro ou à vouloir s'y approcher, on passe à côté de talents. Il évoque aussi la part de mental inexistante, toujours selon lui, au sein de la FFT. Ce mental estimé si faible chez nos joueurs tricolores ne serait pas assez travaillé jeune. Sans en dire plus, ce qui ferait que les tennismen français “mouillent” est qu'on ne leur apprend pas à avoir peur ni à la gérer.

Autre point qui tend à rechercher le joueur de tennis parfait : la surmédiatisation de ce sport. Aujourd'hui, le tennis est un des sports les plus populaires au monde mais on nous rabâche sans arrêt qu'il faut le modifier pour le rendre encore plus attrayant. L'ancien 6e mondial explique qu'en fait, le spectateur de tennis est “mal éduqué” : on lui a trop donné ce qu'il voulait (homogénéisation des surfaces, tie-break au 5e set…) alors qu'il aurait fallu lui apprendre à apprécier ce qu'il voyait. Participant à ce “toujours plus de spectacle”, les highlights, vidéos présentes sur internet pour résumer un match, seraient en fait un trompe l’œil ; les coups gagnants ne représentant qu'une part infime d'un match complet. Gilles Simon souhaiterait lui voir les “lowlights“, résumé des moments un peu plus tranquilles, pendant lesquels les joueurs mettent en place leur tactique.

La Coupe Davis

Gilles Simon a toujours eu une histoire compliquée avec la Coupe Davis. Son bilan de 5 victoires pour 8 défaites dans les matchs à enjeu en témoigne. Il raconte qu'il terminait chaque week-end de Coupe Davis déçu. Pour lui, les joueurs n'ont pas la possibilité d'exprimer leur plein potentiel dans ces rencontres importantes car ils sont bridés. Bridés par l'organisation française qui ne semble pas s'adapter à chaque individualité. Il juge qu'il est très difficile de créer un esprit d'équipe alors que le joueur pratique son sport tout le reste de l'année de manière individuelle. L'exemple le plus frappant qu'il donne est l'interdiction des entraîneurs particuliers lors des rassemblements. Toujours selon Gilles Simon, la FFT effectuerait un “chantage au drapeau”, obligeant les joueurs à respecter ses règles au risque de sanctions : il explique à cette occasion l'éviction de Benoît Paire lors des JO de Rio.

Gilles Simon et Guy Forget lors d'une rencontre de Coupe Davis – L'Express

 

Enfin, il aborde un des points que l'on attendait tous : sa relation avec Guy Forget, et plus particulièrement la finale de la Coupe Davis 2010 en Serbie. Sans trop en dire, l'entente avec l'ancien capitaine n'était pas des meilleures et Gilles Simon n'était pas le joueur type selon Forget. Ainsi, pour aller “au bout de sa logique” et de ses idées, l'actuel directeur du tournoi de Roland Garros a préféré aligner Llodra plutôt que Simon sans prendre en compte l'état de fatigue ni les résultats face aux adversaires. On le sait, ces deux points sont déterminants dans un match de tennis… On connait la suite de l'histoire.

Ainsi, au travers de divers sujets, Gilles Simon nous offre sa vision de son sport. Il dresse un bilan très complet selon moi. Toutefois, il ne donne pas de piste de solutions qui, selon lui, améliorerait ou résoudrait certains des problèmes énoncés. Peut-être les abordera-t-il après sa carrière de joueur, si un jour il obtient des responsabilités au sein de la fédération.