On nous disait d'attendre, de laisser une chance au produit. Nous avons donc attendu, et nous avons vu. Dans une Caja Magica qui n'a rien de magique, la Coupe Davis version Kosmos ne ressemble ni de près, ni de loin à la Davis que l'on a connue.

La Coupe du malaise… 

Même si sur le papier, la configuration de la nouvelle compétition peut être attrayante, l'image renvoyée sur le terrain nous fait vite déchanter. Si nous étions habitués aux ambiances électriques des “home & away”, c'est bien un silence de plomb qui est désormais maître des tribunes.

Et ce n'est ni les zooms bien choisis sur le peu de supporters présents, ni l'éclairage tamisé qui tente de masquer les gradins clairsemés qui nous aident à trouver quelconque intérêt à cette compétition. Ni la “discrète” publicité glissée pour le concert de Shakira (compagne de Gerard Piqué) pour être tout à fait honnête.

Si la première journée a pu livrer quelques rencontres intéressantes, tel qu'un sublime Shapovalov / Berretini, l'essence même de la Coupe Davis – c'est à dire la passion et les frissons – est la grande abonnée absente.

Si vous avez suivi l'équipe de France ces dernières années, vous vous souvenez sûrement des rencontres à domicile (et même à l'extérieur) des tricolores toujours suivis de près par leur armada de supporters. Ils sont, eux aussi, les grands absents de cette Coupe Davis. Pour la première fois depuis…? (Je ne devais pas être née la dernière fois que cela est arrivé) les Bleus (dont on a bien senti l'air perplexe se dessiner sur leur visage) ont fait leur entrée devant un complexe vide. Triste. Désolant. C'est donc cela la nouvelle Coupe Davis ? Quelques supporters qui tentent (tant bien que mal) de mettre un peu d'ambiance dans une salle aux 3/4 vide ? Et bien… Ça valait le coup de signer un gros chèque. Je vous passerai également volontiers cette Marseillaise tristement chantée par l'équipe de France. Décidément, là encore, on est bien loin des Marseillaise qui font s'égosiller tout un stade au point d'en mettre les larmes aux yeux…

On nous promettait la fête du tennis, on nous a donné la pire version possible de ce que l'on attendait. C'est à dire une “Coupe Davis” sans saveur, dans une ambiance lambda qui ressemble bien trop à ce que l'on voit sur le circuit.

Ne l'appelez plus “Coupe Davis”

Alors, oui. Le format en lui même peut être intéressant, et il n'y aura pas que du négatif à tirer de cette semaine madrilène. Mais par pitié, que l'on arrête d'appeler cela “Coupe Davis”. Rien de ce qui est proposé ne ressemble ni de près, ni de loin à la Coupe Davis. Un terme “World Cup by Rakuten” me semble plus approprié. Ah, cher Dwight Davis… Heureusement que vous n’assistez pas à cela.

D'ailleurs, les fans de tennis ne sont pas les seuls à montrer leur mécontentement. A l'image d'Arnaud Clément, Alizé Cornet est sortie de son silence sur les réseaux sociaux.

D'ailleurs, il n'y a pas que les Français (que l'on considère comme d'éternels râleurs, il est vrai), qui sont sortis du politiquement correct pour dénoncer ce changement qui a définitivement du mal à passer. (On vous aime, amis belges).

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Gerard Piqué ne fait rien pour remonter sa cote de popularité auprès du monde de la petite balle jaune. En témoigne ce tweet sarcastique publié en faveur de Filip Dewulf, ancien joueur et demi-finaliste à Roland-Garros (Décidément Gégé, tu fais tout à l'envers).

Un flop annoncé depuis un an…

Bref, vous l'aurez compris, pour l'instant, cette “Davis Piqué Kosmos Cup by Rakuten” est tout sauf une réussite. Le groupe Kosmos et l'ITF ont voulu réformer une compétition aussi prestigieuse qu'historique, respectée par tous, alors à quoi fallait-il s'attendre ? Les gradins vides reflètent le désintérêt du grand public envers la nouvelle création des cols blancs du tennis. Cette Coupe Davis bas de gamme ne plait pas.

Comme la majorité des tournois sur le circuit, il est compliqué de trouver des tribunes remplies en pleine journée et en pleine semaine. Un paramètre que les instances ont certainement oublié de prendre en compte. Cette réforme est – et restera – un énorme doigt d'honneur adressé envers les supporters qui adulaient les week-ends de Coupe Davis. Cette compétition – d'un certain point de vue – leur appartenait aussi.

Alors, messieurs les dirigeants, n'oubliez pas que l'argent n'achète pas tout. Il n'achètera jamais le cœur des supporters qui ont contribué à faire vivre la Coupe Davis durant 118 ans. Vous avez voulu réformer une page significative de l'histoire du tennis, vous risquez aujourd'hui de vous y brûler les ailes. Le profit et l'appât du gain ont aujourd'hui remplacé l'essence de la Coupe Davis par un événement sans saveur.

L'heure n'est pas encore au bilan. Mais dans l'esprit des plus nostalgiques, la Coupe Davis est bel et bien morte il y a un an.

Crédit photo : Europe1