De nouveau défait le week-end dernier à Monaco, le Cholet Basket navigue en eaux troubles cette saison en Jeep Elite. Actuellement 16ème et premier non relégable avec une seule victoire d'avance sur le Portel, le précipice est proche. Tout comme la saison dernière, où le club n'a terminé qu'avec deux victoires d'avance sur la zone de relégation. Et comme c'est le cas depuis maintenant trop d'années. A force de jouer avec le feu, il faudra faire attention à ne pas se brûler les ailes. Mais alors, comment redresser la barre. ?De Colo, Beaubois, Gobert.. Une époque lointaine.

Attention, séquence nostalgique. Le Cholet basket, club dont la longévité dans l'élite est la plus grande derrière l'ASVEL (32ans), n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été ces 15 dernières années. Champion de France en 2010 avec entre autres Kévin Séraphin ou encore Mickaël Gélabale, la descente aux enfers s'est depuis faite, doucement, mais sûrement. Longtemps porté par son centre de formation, qui a vu éclore De Colo, Beaubois, ou encore Mipoka, le club de Maine-et-Loire a enchaîné les satisfactions, que ce soit en championnat, où le club a participé aux playoffs 6 fois sur 7 entre 2006 et 2012, ou encore en Coupe d'Europe, Cholet disputant plusieurs fois l'Euroleague sous la houlette d'Erman Kunter, son célèbre coach Turc. Malheureusement, même le passage express de Gobert ne suffira pas à redresser la barre, Rudy partant rapidement vivre son rêve américain du côté de Salt Lake City.

Depuis la finale perdue en 2011 (qui succéda au sacre), jamais le club n'a atteint les playoffs. Pire, d'année en année, la sanction se rapproche. Souvent proche de la dixième place, à quelques victoires seulement de la post-season les années suivant son titre, Cholet lutte depuis maintenant 4 saisons pour son maintien. Et plus les années passent, plus la marge de manœuvre se réduit.

L'instant T en pointillé… 

Car le board, et notamment le président Didier Barré, n'arrive pas à faire revenir l'âme qui hantait la Meilleraie. Il faut dire qu'avec le recrutement de plus de 70 étrangers en 10 ans, dont une bonne partie d'américains, difficile de retrouver l'amour du maillot. Surtout, l'incertitude qui plane au dessus de la construction, ou plutôt la rénovation de la salle, n'est pas faite pour arranger les choses. Alors que la construction d'un nouvel écrin était actée, le maire de la ville, Gilles Bourdouleix, s'est rétracté, au vu des frais engagés (près de 30M d'euros). Soucieux de l'avenir du club, il a préféré investir dans la rénovation de la Meilleraie, bien moins coûteuse et qui permettrait de garder l'âme du club. Mais cela a malgré tout quelque peu contrarié le club, qui aurait préféré s'installer durablement dans une nouvelle salle et “tourner la page”. Il est, de ce fait, difficile de se plonger dans l'avenir. D'autant plus que la Jeep Elite va bientôt repasser de 18 à 16 clubs (en 2020), ce qui pourrait ne pas faire les affaires du Cholet Basket.

Pour éviter le cataclysme, Barré a un nouvelle fois misé sur son coach éternel, Erman Kunter, revenu pour la 2ème fois (après avoir déjà accepté de revenir en 2006, et bien lui en avait pris). Mais malheureusement, cela n'a, pour le moment, pas eu l'effet escompté. Toujours en grande difficulté, l'avenir du CB n'augure rien de bon. Heureusement, le club peut compter sur ses fidèles, toujours présents pour remplir le “hangar”, surnom de la salle, les soirs de matchs. Mais pas sûr que cela suffise. Cholet, n'est, en plus, pas forcément une ville très attrayante, il faut alors reprendre les bases, comme l'a annoncé Barré, et se focaliser sur ce qui fonctionne le mieux : la formation.

L'avenir s'écrit au présent? 

Abdoulaye Ndoye, Melvyn Govindy mais surtout Killian Hayes, jeunes joueurs formés au club, incarnent déjà le présent du CB. La formation, c'est d'ailleurs ce qui a toujours fait la force de ce club. De nombreux internationaux français sont passés par là, et certains ont même côtoyé la NBA. Difficile aujourd'hui d'affirmer que les pépites du centre de formation atteindront le niveau des Rigaudeau, Gelabale, Gobert ou De Colo, mais à court terme, ce sont eux qui ont les clés du camion afin de sortir Cholet du pétrin. Pas simple pour des jeunes à peine majeurs, mais déjà rodés aux joutes internationales grâce à leur passage dans les catégories de jeunes de l'équipe de France, et déjà bien installés au sein de la rotation de Kunter.

Il faut dire que tous ces beaux noms cités précédemment attirent, et permettent à l'académie de basket de se développer, afin d'attirer de nouveaux prodiges. Et heureusement d'ailleurs, sinon l'avenir du club serait bien terne. Épouvantail du championnat espoirs, Cholet, champion en titre, fait de nouveau figure de favori. Preuve en est d'ailleurs que son centre de formation ne se limite pas à Ndoye, Hayes et Govindy. Les Dimanche, Robineau ou encore Leopold assurent au CB un avenir radieux. Pour beaucoup d'experts, et notamment Kunter (qui en a vu passer), cette génération est sans doute l'une des plus belles du club. C'est dire.

Mais il ne suffit pas de s'assurer un avenir pour se reposer sur ses lauriers. En grande difficulté en Jeep Elite, Cholet va devoir s'accrocher pour éviter de descendre en Pro B cet été. Et devra même faire plus encore en 2020, avec une descente supplémentaire suite à la réforme. La salle est derrière son équipe, les jeunes pousses arrivent très fort, mais il faut également penser au présent. Cholet doit gagner des matchs, et vite.