Dans les skis de… Antonin Guigonnat : trouble-fête de la saison ?

Il était méconnu aux yeux du grand public la saison dernière, il est désormais assuré d’une place avec l’équipe de France en Coupe du Monde. Grâce à ses performances prometteuses l’hiver dernier, Antonin Guigonnat peut maintenant rêver en grand.

Au sprint du Grand-Bornand, Antonin Guigonnat (à droite) décroche sa première médaille individuelle, battu par… Johannes Boe et Martin Fourcade. Crédit : Franck Fife (AFP).

Il avait déjà fait quelques piges en Coupe du Monde, mais lorsqu’Antonin Guigonnat s’élance pour la manche au Grand-Bornand, c’est un petit nouveau en manque d’expérience que le public découvre dans l’élite. C’est le dernier de l’équipe de France. Pas du fait de son âge, car à 27 ans, le Haut-Savoyard n’est pas le petit jeune qui monte. Mais en termes de renommée, c’est à lui de faire sa place avec les Bleus. Dossard 88 sur le dos, alors que Simon Schempp pense savourer sa médaille de bronze déjà acquise, Antonin Guigonnat excelle. Parfait au tir, impressionnant sur les skis. La troisième place est pour lui. C’est la première étape de la success story.

Confirmation à Ruhpolding et première victoire

La suite est tout aussi radieuse pour « Guigo ». Le coup d’éclat au Grand Bornand ne relève pas d’un « one shot », d’un jour de gloire avant la rechute. A Ruhpolding, lors de la mass-start, ils sont trois Français à la poursuite de l’intraitable Johannes Boe. Martin Fourcade, Quentin Fillon Maillet et… Antonin Guigonnat. Le natif d’Ambilly tient alors tête à ses adversaires, et s’adjuge une nouvelle médaille de bronze en Coupe du Monde, avec un 20/20 au tir et à 8 petites secondes du vainqueur norvégien. Enchaînée avec une 2e place au relais masculin. On regrette presque ses JO un peu manqués, mais la manche à Kontiolahti lui offre sa première victoire dans l’élite, sur le relais mixte simple, avec Anaïs Chevalier (vidéo ci-dessous). La machine est lancée… pour 2018/2019 ?

Des progrès fulgurants au tir

C’est là l’élément clé de sa progression la saison dernière. S’il ne compte “que” 42 départs en Coupe du Monde, son pourcentage au tir s’est considérablement accru. Autour des 70% jusqu’alors, Antonin Guigonnat signe un 85% de moyenne en 2017/2018. Tous les compteurs sont au vert pour le biathlète de Morzine. De plus, étant assuré de prendre part à la première manche à Pokljuka, sa préparation s’en voit largement impactée. Comme il l’explique au Dauphiné : « « Avant sur les compétitions (ndlr : de présaison) […], il fallait se placer, là je prends du recul, c’est de la pure préparation. Je sais que je serai sur la première Coupe du monde. Ça allonge la préparation de quasi trois semaines. Je me prépare pour ça. » Remonté à bloc, le couteau entre les deux.

Antonin Guigonnat pourra-t-il profiter de ses progrès au tir pour signer une première victoire individuelle en Coupe du Monde ? Crédit : Facebook officiel du biathlète.

Après des premiers coups de force sur la Coupe du Monde, Antonin Guigonnat n’est plus le petit nouveau qui doit prendre de l’expérience. Il est désormais un membre permanent de cette équipe de France. On attend de sa saison 2018/2019 qu’il assume ce statut, avec toujours plus de podiums… et une première victoire individuelle ? « Guigo » a toutes les cartes en main pour y parvenir. La fête est encore plus folle lorsqu’elle est troublée par des bonnes surprises.

A propos de l'auteur

Je ne sais pas qui attaque le plus entre Pierre Rolland et Rafael Nadal. Je ne sais pas qui monte le mieux entre Chris Froome et Ivo Karlovic. Je ne sais pas non plus qui cumule le plus de revers entre Stan Wawrinka et Nacer Bouhanni. Je n'ai jamais su choisir entre le tennis et le vélo. Mais ce dont je suis sûr, c'est que je n'ai percé dans aucun de ces deux sports.

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