Compétitions internationales

Équipe de France : la défense, autrefois impériale, aujourd’hui en ruines

Si performante en défense lors de son titre mondial en 2018, l’équipe de France n’a été que l’ombre d’elle-même dans ce secteur à l’occasion de cet Euro 2020. Entre titulaires en méforme, inconstance et choix tactiques discutables, ces Bleus n’ont pas pu compter sur leurs certitudes observées ces dernières années.

 

Qu’il semble loin, le temps où Samuel Umtiti cassait la démarche pour célébrer la qualification de la France en finale du Mondial, où Raphaël Varane était un sérieux candidat à l’obtention du Ballon d’or et où les Bleus comptaient dans leurs rangs une des meilleures paires de latéraux au monde. En ce mois de juin 2021, outre une rencontre inaugurale porteuse d’espoirs contre l’Allemagne, l’arrière-garde française a rarement semblé aussi fébrile. Autopsie d’un chantier en ruines.

 

Des prestations individuelles loin des attentes

Budapest, le 19 juin dernier. Dans un stade comble, la France défie la Hongrie sous une température avoisinant les 35 degrés. Dominateurs dans le jeu, les Bleus ne parviennent pas à concrétiser leurs nombreuses occasions. Pire, les hommes de Didier Deschamps concèdent l’ouverture du score sur l’un des seuls ballons de contre hongrois. Ce jour-là, Benjamin Pavard réalise une prestation très en deçà des attentes. En difficulté dans son dos, imprécis techniquement au moment d’ajuster ses centres, le pensionnaire du Bayern Munich vit un véritable cauchemar, au point de relancer certains débats concernant sa légitimité en tant que titulaire au poste d’arrière droit.

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Crédit photo : Getty Images

Quatre jours plus tard, la prestation de son remplaçant lors du match contre le Portugal n’est pas plus convaincante. Pour sa première titularisation en Bleus, Jules Koundé est en très grande difficulté sur son côté. “Tout n’a pas été facile collectivement et individuellement. Défensivement, je me suis senti bien. Offensivement, c’est moins naturel pour moi et ça a été plus compliqué”, déclare le défenseur du FC Séville à l’issue de cette ultime rencontre de la phase de poules. Si son apport offensif s’est avéré très limité, sa manière de défendre a également coûté un pénalty à son équipe, permettant à Cristiano Ronaldo d’égaliser à l’heure de jeu (2-2). Rarement dans le bon tempo, il n’a pas donné satisfaction sur le peu de temps de jeu qui lui a été octroyé.

Plus globalement, la prestation des latéraux français lors de cet Euro a très (trop) souvent laissé à désirer. À gauche, après une première rencontre taille patron de Lucas Hernandez contre Kimmich & co, Deschamps a dû bricoler. Son latéral gauche titulaire en délicatesse musculaire, le sélectionneur français a été contraint d’improviser Adrien Rabiot piston gauche après la blessure du n°2 habituel, Lucas Digne. Si le Turinois a plutôt séduit dans ce rôle contre le Portugal, il a été bien plus en difficulté contre la Suisse. Outre son nombre élevé de ballons perdus (22), son manque de repères à ce poste a été l’une des causes du deuxième but des Helvètes. Au milieu de ce marasme défensif, on oublierait presque le pénalty concédé par Benjamin Pavard contre la Suisse, qui aurait pu permettre à la Nati de ne même pas avoir à aller jusqu’aux tirs au but pour se qualifier…

 

Une charnière centrale à l’image de la dynamique collective

À l’image de la compétition de l’équipe de France, l’Euro de Raphaël Varane et Presnel Kimpembe avait bien débuté. Impériaux face à la Mannschaft, les deux compères pouvaient se targuer d’avoir enchaîné un cinquième match consécutif sans prendre de but. Une série plus réalisée par les Bleus depuis 2008. Mais la suite a été bien plus compliquée pour la colonne vertébrale des Tricolores.

Six buts encaissés en trois rencontres, et une fâcheuse tendance à défendre en reculant et perdre des duels dans les zones de vérité. Varane pris de court par Fiola contre la Hongrie, battu dans son duel aérien avec Seferović en huitièmes, Lenglet impuissant face à ce même joueur et Kimpembe effacé par Gavranović sur l’égalisation salvatrice de la Suisse : la liste des bévues commis par les centraux français a été bien trop longue pour espérer faire du secteur défensif une base solide sur laquelle construire les succès du onze tricolore.

Crédit photo : franceinfo

Et que dire d’Hugo Lloris ? Incontournable depuis une décennie en équipe de France, le portier des Spurs n’a pas été aussi impérial qu’attendu. Avec six buts encaissés sur quatorze tirs cadrés adverses, un pénalty concédé contre le Portugal et seulement un pénalty sur huit arrêtés tout au long de la compétition, Lloris ne s’est que rarement montré décisif lorsque son équipe avait besoin de lui. Si son statut et son apport passé ne sont pas à remettre en cause, la question des alternatives possibles au poste de gardien en Bleus devra être posée dans les prochains mois. Avec un Lloris loin de son meilleur niveau et un Mandanda dont la carrière internationale est à priori terminée, une profonde mutation pourrait s’opérer en vue des prochaines grandes échéances internationales. Avec Didier Deschamps sur le banc ?

 

Crédit photo : LCI

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