Basketball

Euroleague : les Flops

Alors que la phase aller touche à sa fin (seuls quelques matchs en retard restent à jouer), il est temps de faire un premier bilan d'une Euroleague qui a commencé avec une épée de Damoclès nommée Covid au dessus de la tête. Néanmoins, après un premier retard à l'allumage, du point de vue sanitaire, les clubs ont réussi à limiter la casse. Coté sportif en revanche, certains ont cartonné, d'autres déçu. Voici les tops et les flops de cette Euroleague 2020-2021, avec les déceptions de la première partie. 

Les flops :

• Shane Larkin :

Mais où est passé le Shane Larkin de 2019. Flamboyant, envoutant, spectaculaire, l'ancien Celtic de Boston est devenu agaçant et fatiguant. Oui, il a à sa décharge quelques excuses. Tout d'abord individuelles: blessé en début de saison, il a manqué les 4 premières rencontres avant d'être touché par le Covid, et d'être forfait deux nouveaux matchs. Collectives ensuite, avec un Efes Istanbul complètement à coté de la plaque, loin de ses standards de l'an passé (1er avec 24 victoires en 28 matchs!). Mais c'est justement dans ces moments précis que l'on attend les grands joueurs. Et force est de constater que sur cette première partie de saison, Larkin est loin du compte. Oui, les stats sont parfois bonnes, comme face à l'ASVEL pour sa rentrée (18pts, 5rbds, 3asts, 2stls), contre le Khimki (20pts, 3rbds, 7asts) ou encore le Barca, son match référence où il a porté l'Efes (23pts, 7rbds, 8asts, 2stls). Mais malheureusement, les impressions sont parfois trompeuses, et ces quelques bonnes prestations ne sont que l'arbre qui cache la forêt. Si l'Anadolu est encore en course pour la post-season (8V-9D, 11ème), c'est en grande partie grâce à Vasilije Micic, qui porte les Tucs à bout de bras. Une preuve? Dans les money-time, Larkin est sur le banc la plupart du temps, laissant sa place à Rodrigues Beaubois. Bien sur, Larkin reste Larkin et son potentiel n'est plus à démontrer. Mais il faudra le retour du Shane version 2019-2020 si les Stambouliotes veulent avoir de l'ambition.

• Khimki Moscou :

Pathétique, tout simplement. Avec 2 victoires en 17 rencontres, le club Moscovite est la risée de l'Europe. Une vaste blague. Et surtout, les instances de l'Euroleague commencent à prendre cela pour une moquerie. Comment un club à 24M€ de budget peut s'enliser dans les profondeurs du classement de la sorte? Oui, il est possible de perdre des matchs, de ne pas être à la hauteur. De là à prendre 4 fois 100 pions, perdre 7 matchs avec au mois 10 points d'écart, en prendre 17 à Baskonia, 28 contre l'Anadolu, 20 à Berlin, 17 contre l'Olympiakos, il y a une limite. Si Alexey Shved et ses 17.8pts de moyenne (3ème scoreur de l'Euroleague) continue de penser que le basket est un sport individuel où la défense est illusoire, un seul joueur semble au niveau : l'ancien MVP Chalonnais de Jeep Elite Devin Booker. Jordan Mickey apporte un peu de présence dans la peinture, Jonas Jerebko son expérience NBA, bien qu'il soit sur courant alternatif. Greg Monroe quant à lui, devrait tout bonnement être coupé. Pour le reste, le néant est proche. Et cela devient presque gênant. Il va falloir se réveiller du coté du Khimki, sous peine que l'Euroleague devienne rapidement un souvenir.

Le progrès

• TJ Parker:

Evidemment, il paraît trop facile de tomber sur l'inexpérimenté coach de l'ASVEL. Un effectif limité, des blessures (Howard, Lacombe, Fall), un début tronqué par des cas de Covid… Malgré tout, l'impression laissée sur la touche par Parker laisse à désirer. Si son équipe a su se sublimer pour vaincre le Barça et le Maccabi à l'Astroballe, les 3 autres succès sont autant dûs à des progrès dans le jeu Villeurbannais qu'à la faiblesse des adversaires. Le Panathinaikos n'a pas existé lors de sa venue dans le Rhône, tandis que le Khimki n'a tout simplement pas envie de jouer l'Euroleague. La victoire à Baskonia tient également à une fin de match ratée par les Espagnols, alors que ces derniers étaient revenus tout proche en fin de match après avoir été menés l'intégralité de la rencontre. Le manque de maîtrise de l'ASVEL est criant. Oui, comme dit précédemment, il y a du mieux dans le jeu. Antoine Diot apporte toute son expérience et son adresse (21/37 à 3pts !), David Lighty son énergie des deux cotés du terrain, Fall est un des meilleurs pivots de la compétition, tandis que Yabusele est capable de prendre le leadership quand cela est nécessaire. Malgré tout, les Rhodaniens connaissent parfois des trous d'air béants, et prennent des éclats, dans des matchs où ils font jeu égal. Forcément, la qualité de l'effectif est moindre que certains cadors, mais c'est à Parker d'être capable également de s'adapter. Il va falloir continuer à travailler. Car avec une avant-dernière place au classement, les ambitions de top8 clamées par TP sont pour le moment illusoires.

• Le Panathinaikos :

Un être vous manque, et tout est dépeuplé. Orphelin de son leader de toujours Nick Calathes parti distribuer des caviars en Catalogne, le sextuple vainqueur de la compétition est en chute libre. Avec seulement 5 victoires après 16 journées, les playoffs sont à l'heure actuelle un doux euphémisme. Cela peut-il devenir un objectif? Il va pour cela falloir passer la seconde. Sans le chaud public de l'OAKA, il est évident que la donne est différente. Mais elle est identique pour tous. Si le trio Nemanja Nedovic (16.5pts, 3.5asts), Georgios Papagiannis (9.3pts, 6.5rbds, 1.9blks) Ioannis Papapetrou (13pts, 4.6rbds, 2.2asts) tente tant bien que mal de sortir la tête de l'eau, l'inconstance globale du club Grec fait pour l'instant défaut. Rien n'est perdu, mais il va falloir une prise de conscience, et vite.

le télégramme

Crédit photo : l'Analyste NBA

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