Ça roule…

F1 – Bilan 2020 – Ferrari: saison noire chez les Rouges

Jusqu’à fin janvier, avant d’embrayer sur une nouvelle saison de Formule 1, la rédaction Sports Mécaniques va tirer les conclusions de cette saison 2020 très palpitante. De Williams à Mercedes, plusieurs mondes d’écart existent, avec des ambitions totalement différentes. Il est temps pour chaque écurie d’être passée au crible, afin de voir ce qui a pêché, ce qui a été bien réalisé, ce qui aurait pu être mieux fait. Aujourd’hui c’est au tour de la Scuderia Ferrari de passer sur la table d’autopsie.

Ferrari: une saison en enfer (6e, 131 points)

Coup d’œil dans le rétro

On avait laissé Ferrari en 2019, sur un goût d’échec. Un goût qui venait de plusieurs points. Une voiture basée sur un concept aérodynamique qui ne marche pas comme l’équipe l’aurait souhaitée. Et qui a forcé la Scuderia à passer toute la première partie de saison à rechercher les problèmes, et jusqu’à Singapour, pour apporter des solutions viables. Une lutte intestine pour le pouvoir, chez les pilotes. L’arrivée de Leclerc a fait flanché de son piédestal un Sebastian Vettel, qui a mal pris la concurrence forcée. Ce qui a conduit les deux pilotes à se frictionner. Et ça a causé des dégâts. Enfin, sur le plan politique, avec cette enquête pour suspicion de fraude pour leur moteur. Fraude que la FIA constate, mais qu’elle ne peut prouver. Ce qui conduit les deux entités à un accord secret début 2020. Autant dire que 2020 ne sentait pas bon pour la Rossa.

Résumé de la saison

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce fut plus que nauséabond. Une 6e place aux constructeurs, soit le pire classement depuis 40 ans (10e en 1980), pas de victoire (une première depuis 2016) et pas de pole position non plus. La SF1000 est ratée, sur toute la longueur. Il est impossible pour elle de générer de l’appui, donc pas de vitesse virage. Et elle crée énormément de trainée, ce qui la freine en ligne droite. Si on ajoute à cela un moteur asthmatique (c’est limite si il n’est pas atteint de mucoviscidose), nous avons le cocktail parfait pour créer un tracteur au lieu d’une F1.

 

Charles Leclerc, devant Sebastian Vettel – crédit image: RTL.fr

Et pourtant, Charles Leclerc réussira des prouesses au volant de cette auto. Mais pour beaucoup d’entre elles, il le doit ou à des circonstances de courses, où à son talent. D’ailleurs, si on regarde les résultats dans leur ensemble, Ferrari a connu deux gros trous d’air. Le premier sur la triplette Spa-Monza-Mugello, où l’équipe ne gagne que 5 points et réalise ses pire performances de la saison en qualifications (à Monza, Leclerc se qualifie 12e, Vettel 17e). L’autre passage à vide, c’est pour les trois dernières courses de la saison (Barheïn-Sakhir-Abou Dabi), où Ferrari ne ramène qu’un miraculeux point.

Mais s’il n’y avait que la piste encore cela passerait. Mais ce qu’il se passe en coulisses n’est pas franchement glorieux. L’obtention de l’accord secret sur le moteur a fait jaser en début de saison. La communication autour de la fin de collaboration entre Ferrari et Vettel a été tout aussi vertement critiquée. La restructuration en interne essuie de vive critiques de l’autre coté des Alpes. Ce qui donne l’impression d’un bateau qui vogue sans capitaine. Et à ce petit jeu, celui qui prend le plus cher, c’est Mattia Binotto. Il a voulu les rênes sans savoir maîtriser vraiment le jeu politique de la F1. Il en paye aujourd’hui les conséquences.

Les Pilotes

Charles Leclerc (8e, 98 points)

L’éclaircie dans le ciel de Maranello. Sans lui, la saison de Ferrari aurait été piteuse. Il ramène les deux tiers des points par la grâce de son talent. Comme à Silverstone (3e) ou à Portimão (4e). Il réussit globalement à tirer son épingle du jeu aussi en qualifications, en se plaçant la plupart du temps en Q3, là où Vettel reste bloqué en Q2. Bref, il s’impose comme le leader attendu de la Scuderia. On lui savait ce talent, il le met à profit aujourd’hui. Mais attention à ne pas trop en faire. Comme pour les GP de Styrie et de Sakhir, où en voulant trop forcer il s’est mis à la faute. On peut même lui reprocher son erreur dans les deniers mètres à Istanbul, où il aurait pu ramener le meilleur résultat de la saison. Le diamant de la Scuderia reste encore à être poli.

Charles Leclerc au GP de Russie – crédit image: @Scuderia Ferrari Press Office

Sebastian Vettel (13e, 33 points)

Le divorce était en vu l’année dernière, il est consommé aujourd’hui. Et de la pire des façons possibles pour les deux parties. La saison de Vettel ne fut qu’un long chemin de croix, où l’Allemand n’a eu de cesse que de montrer son spleen, tant en course qu’en coulisses. Malgré tout, il a su garder un professionnalisme exemplaire, malgré des résultats très médiocres. Et il a su montrer qu’il avait le sens de la course avec quelques choix stratégiques bien sentis (Hongrie, Espagne) où un coup de volant maîtrisé (Turquie). D’ailleurs sa course à Istanbul sera son rayon de soleil de 2020 (avec sa signature chez Aston Martin).

Vettel qui salue son rival Hamilton au GP de Turquie – Crédit image: F1.com

Coup d’éclat/Coup de blues

  • L’éclat: Le GP de Turquie, où Vettel a tenue la dragée haute à Hamilton pendant 30 tours, et Leclerc qui réalise sa plus belle course de sa carrière.
  • Le blues: Le GP d’Italie à Monza. Pire qualification le samedi et un double abandon le dimanche (défaillance des freins pour Vettel, et sortie de piste pour Leclerc).

Le point statistique

  • 0: comme le nombre de victoire, une première depuis 2016.
  • 40: Cela faisait 40 ans que Ferrari finissait au pire 4e du classement constructeurs. La dernière fois ce fut en 1980 avec une 10e place (son pire résultat dans son histoire).
  • 1000: comme le nombre de GP disputés par Ferrari. Le chiffre a été atteint lors du Week-end au Mugello (Circuit qui appartient à Ferrari).
  • +0.444: l’écart moyen entre Leclerc et Vettel en qualification cette saison. Le plus grand du plateau 2020.
  • 13/4: Le duel en qualification, largement dominé par Charles Leclerc.

2020 restera pour Ferrari comme une année noire. Mais pire que la saison 1980, elle marquera l’équipe italienne. Car cette saison peut au final peut être le début d’un long chemin de croix pour Ferrari. La faute à la crise de la Covid-19 qui pourrait entrainer une série de mesures qui risquent de geler les performances jusqu’en 2025. Le pire est-il donc à venir pour Ferrari?

Crédit image Une: F1actu.com

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