S’il y a bien un pouvoir qui fait rêver, c’est celui de voir l’avenir. Je crois pourtant que, même s’il était possible d’avoir un tel don, il ne serait pas totalement efficace en matière de sport, et particulièrement en tennis où nous ne sommes jamais à l’abri d’une surprise quant aux scores, et aux vainqueurs. L’Open d’Australie va débuter dans quelques heures maintenant, le tirage au sort a été effectué, et mis à part le fait que Roger Federer ne soit pas là cette année, il n’y a (presque) aucune certitude concernant le tableau masculin. Seulement des suppositions…

 

Parmi les favoris, on retrouve évidemment en tête de liste Novak Djokovic. Même s’il serait assez réducteur d’associer un joueur à un tournoi, il faut bien reconnaître que l’Open d’Australie et le serbe sont devenus indissociables avec les années, de même que Nadal et Roland Garros, ou encore Federer et Wimbledon. Avec ses 8 titres (dont celui de 2020) en l’espace de 12 ans qui font de lui le recordman, et son envie qu’il ne cache pas de vouloir dépasser l’espagnol et le suisse en nombre de victoires du grand chelem, Djokovic va sans doute vouloir réduire l’écart dès ce début d’année à Melbourne.

Rappelons que Novak était arrivé en finale, contre Dominic Thiem, en ne perdant qu’un seul set (au premier tour), et que face à Roger, en demi, il ne lui en avait concédé aucun (7-6 6-4 6-3). Avec beaucoup moins d’heures passées sur le court que son adversaire, on s’attendait donc à retrouver un serbe plutôt « serein », mais ça n’a pas vraiment été le cas. Nerveux, et obnubilé par sa quête inassouvie, il a même fait appel à son kinésithérapeute à deux reprises durant le troisième set. Les deux hommes se sont affrontés pendant 3h59, et les statistiques du match sont à l’image du score, c’est-à-dire très serrées! Même nombre de doubles fautes et de balles de break converties, et quasi le même pourcentage de premiers services. Seule différence, et pas des moindres, les points gagnés: 157 pour le serbe, 10 de moins pour l’autrichien. Score final: 6-4 / 4-6 / 2-6 / 6-3 / 6-4.

(Crédits photo: Sport 365)

Une chose demeure certaine, c’est qu’ils ne se retrouveront pas face à face en finale cette année, mais potentiellement en demi. L’occasion pour l’autrichien de prendre sa revanche sur le serbe. Car oui, il est naturel que Dominic Thiem fasse partie des grands favoris de cette édition 2021. Pour se retrouver face au numéro 1 mondial l’an passé, souvenons-nous qu’il avait dû affronter Nadal d’abord en quart, puis Zverev en demi. Au total, 7h52 de durée de matchs, et 8 sets joués! Rafa n’étant pas dans sa partie du tableau, s’ils devaient s’affronter ça ne serait que pour le gain du titre, le dimanche 21. Toutefois, en supposant que Dominic remporte son quart et que Novak rate le sien, il serait une nouvelle fois opposé à Alexander. L’allemand est d’ailleurs un joueur à suivre de près durant ce tournoi.

 

Au tableau, messieurs.

Côté espagnol, Nadal est arrivé avec les mêmes avantages et inconvénients que Thiem. A savoir faire partie du nombre restreint de joueurs qui ont eu le droit d’être à Adélaïde pour leur quarantaine, contrairement à d’autres, plus nombreux, qui étaient à Melbourne. Ils ont également participé au tournoi d’exhibition, et ont été privés de leur entraîneur principal. En 2020, les deux hommes nous avaient offert un très beau bras de fer, où il est impossible de dire que Rafa avait moins bien joué, c’est juste que Dominic avait été meilleur. Le score nous prouve à quel point le match fut disputé: 7-6 / 7-6 / 4-6 / 7-6.

Si ses douleurs dans le dos ne perdurent pas, le tirage au sort montre que le roi de la terre battue devrait passer la première semaine sans trop de difficultés. En seconde, il rencontrerait un, voire deux italiens: Fognini, puis pourquoi pas Berrettini en quart, s’il sort vainqueur d’un éventuel huitième face à l’actuel numéro 6 mondial qui pourrait aussi nous surprendre, Stefanos Tsitsipas. Mais parmi les noms souvent cités pour se retrouver sur les chemins de Novak et Rafael, et qu’on s’attend désormais à voir dans les carrés finaux de tournois de grand chelem, il y a Medvedev. C’est d’ailleurs une éventualité encore confirmée ici, puisque d’après le tableau, une demi serait possible entre l’espagnol et le russe, rappelant celle du Masters de Londres, en novembre dernier. Les choses sérieuses et l’incertitude commenceraient alors ici. On le sait, la surface dure n’est pas la préférée de Nadal, de plus il reste sur une défaite contre le russe. En effet, on avait pu voir un Daniil très bon au service, avec un pourcentage élevé (70%), et un nombre d’aces supérieur à celui de Rafael. Il était alors sorti vainqueur après 2h36, et après avoir sauvé une balle de match lors du deuxième set, à 4-5. Score final: 3-6 / 7-6 / 6-3.

(Crédits photos: Twitter @WeAreTennisFR / @DaniilMedwed)

En enchaînant deux victoires consécutives l’année dernière, il faut dire que Medvedev n’a pas volé sa quatrième place mondiale. Et que même s’il n’a jamais dépassé les huitièmes à Melbourne, il n’y aurait rien de surprenant à le voir aller plus loin aujourd’hui.

Si c’est le cas, ça voudrait dire qu’il aura battu un de nos français, Gaël Monfils, si ce dernier arrive à se hisser dans cette partie du tableau. Car il faut l’admettre, les tricolores n’ont jamais brillé en Australie… Comme événements à retenir, il y a tout de même la finale de 2001 entre André Agassi et Arnaud Clément. Et puis 2008, l’année où Tsonga a battu Nadal, avant de se retrouver en finale contre Djokovic, lors de laquelle il a décroché 1 set. Je le disais, celui sur lequel nous sommes susceptibles de fonder un espoir aujourd’hui, et qui est le mieux classé, c’est évidemment Gaël. Il faut quand même rappeler que l’équipe de France a été éliminée ce mercredi du tournoi de l’ATP Cup par nations, et que La Monf’, battu par Matteo Berrettini, est touché à l’épaule droite.

 

Vous l’aurez compris, il est difficile de savoir qui va remporter ce premier tournoi du grand chelem de la saison 2021 chez les hommes. Mais une chose est sûre, c’est que nous allons de nouveau avoir droit à du grand et beau tennis, ce qui n’est pas pour nous déplaire!   

 

Crédits photos en une: Le Parisien / Tennis World USA / Welovetennis