Fiction

Fiction – Stop The Count, version sport

Le 5 Novembre dernier, peu après avoir senti le vent tourner, Donald Trump nous gratifiait d’un nouveau tweet légendaire. Stop the Count devenait viral, la planète s’en emparait, le tournant parfois en dérision. Si le 45e Président des USA souhaitait jouer la montre, il en est tout autre pour le sport. Un match de foot ne se joue pas en 88 minutes, le GP du Brésil fait 71 tours et non pas 70, un 4x400m ne fait pas 1590m, un match de rugby se joue en 80 minutes… Et si nous raccourcissions certains événements sportifs, changeant irrémédiablement le résultat final ?

PSG – Barcelone, que calor !

Le 8 Mars 2017, le Paris Saint-Germain s’avance sur le terrain du FC Barcelone, trois semaines après avoir réussi l’exploit de démonter le grand Barca 4-0 à l’aller. Jamais une équipe ne s’était pas qualifiée après avoir remporté la première manche sur ce score. Le Camp Nou est plein à craquer, prêt à exploser. Dès le début du match, les hommes de Luis Enrique sentent que c’est faisable. Suarez ouvre la marque à la 3e minute, Kurzawa double la mise à la 40e minute en marquant contre son camp. Fluctuat nec mergitur, c’est la devise de Paris. À Barcelone, le navire parisien n’est pas loin de sombrer. Messi transforme un penalty à la 50e minute suite à une faute de Meunier, et le Camp Nou se met à rêver. 

Cavani rédempteur

Mais rien n’est jamais parfait. Cavani, suite à un coup franc de Verratti bien détourné par Kurzawa, crucifie Ter Stefen, beaucoup pensent que c’est plié… Et puis non. Barcelone, n’abdique pas, loin de là, et repart à l’assaut. Neymar, d’un somptueux coup franc, nettoie la lucarne de Trapp à la 88e minute, puis marque sur penalty après une énième erreur individuelle d’un parisien. 5-1, il reste une pognée de seconde. Si Barcelone marque, l’équipe est qualifiée pour le tour suivant, ridiculisant le PSG devant le monde entier. Emery tente le tout pour le tout, fait rentrer Krychowiak, cassant le rythme du Barca. À l’approche de la 90e+5, l’arbitre met son sifflet à la bouche. Verratti fait faute, mais trop tard. Barcelone est passé à un rien de l’exploit, les insultes à l’encontre des parisiens descendent des travées, mêlées à des applaudissement nourris à l’encontre de l’équipe à domicile. Les Catalans n’ont pas démérité, loin de là, et s’imposent 5-1. Finalement, le but de Cavani aura suffit au PSG pour se qualifier. Il n’aura peut-être manqué aux Barcelonais qu’une seule minute…

GP du Brésil 2008, Massa prophète en son pays

À l’aube du dernier GP de la saison, qui se déroule au Brésil, patrie de Felipe Massa, Hamilton possède 7 petits points d’avance sur le pilote Ferrari. Le bilan comptable est simple : Massa doit l’emporter et Hamilton ne doit pas être dans les 5 premiers. À final dramatique, conditions météorologiques dantesques. Massa à jusqu’alors tout bien fait. Des essais maîtrisés, une pole position décrochée, un Hamilton seulement 4e… Le Brésilien peut croire en ses chances de victoire. 

Une pluie torrentielle s’abat sur Interlagos, et Massa surnage. Tous les pilotes ont chaussé les pneus pluie, mais les positions n’évoluent guère jusqu’au premier arrêt au stand de chaque pilote. Hamilton semble une nouvelle fois pétrifié, bloqué derrière Fisichella et sa Force India. Vettel a lui choisi la bonne stratégie, et talonne Massa à la deuxième place. La pluie s’en va, puis revient alors que seulement 7 tours restent à couvrir. Massa est en tête, devant Alonso, Räikkönen, Hamilton et Glock. Le pilote McLaren s’arrête, pour chausser de nouveau des pneus pluie, ressortant derrière l’Allemand. Vettel revient comme une bombe derrière Hamilton, tandis que Massa franchit la ligne en héros au bout des 70 tours de course.

Danke Vettel

Au même moment, Vettel dépasse Hamilton, pour le gain de la 5e place. Les deux pilotes franchissent le drapeau à damier roue dans roue, et le clan Ferrari exulte. Après Räikkönen l’année précédente, un autre pilote Ferrari est cette fois sacré, en la personne de Felipe Massa. Tremblement de terre au Brésil, le successeur de Senna est enfin là. À égalité de points avec Hamilton, Massa l’emporte finalement au nombre de victoires (6). Consécration pour le Brésilien, et nouvelle désillusion pour Hamilton après 2007. Il n’aura finalement manqué qu’un tour au Britannique, qui voyait devant lui Glock à l’agonie…

Floria Guei y était presque

Les françaises ne partaient vraiment pas favorites de ce 4x400m des Championnats d’Europe d’athlétisme de Zürich en 2014. À leurs côtés, de grandes nations du sport s’élevaient, comme l’Allemagne, l’Ukraine, la Grande Bretagne ou encore la Russie. Il fallait tout de même y croire pour Marie Gayot, Muriel Hurtis, Agnès Raharolahy et Floria Guei, qui promettaient de toute façon de tout donner ; en partie pour Muriel, pour qui c’était le dernier tour de piste. 

À la première transmission de témoin, Marie Gayot met la France dans les meilleures dispositions possibles. Hurtis récupère le témoin en seconde position, derrière l’étonnante Pologne, juste devant l’Ukraine. Tir groupé globalement pour toutes les premières filles à partir, les jeux n’étant pas encore faits. Lors du deuxième 400m, Muriel Hurtis donne tout ce qu’elle peut pour mettre Agnès Raharolahy dans les meilleures conditions. Après une course quasiment en tête pendant les premiers 800m, le soufflet retombe un peu. Les Britanniques partent loin en tête, devant les Russes et les Ukrainiennes. À la transmission de témoin, le podium semble se dessiner, tandis que la Pologne joue à la France la 4e place.

Alors, peut-être ? 

À 300m de l’arrivée, Patrick Montel est résigné, la France ne gagnera pas. Floria Guei n’a cependant pas dit son dernier mot. « Alors, peut-être ? » Devant, les autres filles craquent une à une, la Russe en première. Guei passe 3e, entrevoyant la victoire… Puis l’arrivée. Alors qu’elle signait une dernière ligne droite magique, le 4x400m de ces Mondiaux de Zürich présentait une particularité, le dernier relais comptant 10m de moins, officiellement pour un problème technique. L’Ukraine l’emporte d’un souffle devant la Grande Bretagne, la France échouant à la 3e place. Avec 10m de plus, pas sûr que les deux nations devant auraient tenu face à la fusée Guei…

France – Angleterre, un Crunch en suspens

Le 1er Février 2014 voit s’ouvrir la 15e édition du Tournoi des 6 Nations, réunissant chaque année la France, l’Angleterre, le Pays de Galle, l’Écosse, l’Irlande et l’Italie. Deuxième match du samedi, le Crunch opposant Français et Anglais a tout du match piège pour les Bleus de Saint André. Des 23 joueurs ayant participé au précédent match entre les deux nations côté français, seuls 11 ont été reconduits ce jour, et notamment un certain Yohann Huget. Sont notamment alignés Mas, Papé, Picamoles, Doussain, Plisson, Fofana, Bastareaud, Médard… Beaucoup de beau monde en somme.

Le match débute sur les chapeaux de roue, les Français à l’ouverture investissent le camp anglais et profitent d’une erreur de main pour aplatir dès la 1e minute. 5-0, Doussain ne transforme pas. Après une pénalité transformée de part et d’autres, Huget double la mise. Sur un bon travail côté droit avec Dulin, Huget est dans le timing pour aller aplatir derrière les poteaux anglais pour la seconde fois de l’après-midi. À la mi-temps, la France mène 16-8, Mike Brown réduisant la marque. 

Une 2e mi-temps cauchemardesque

Au retour des vestiaires, les vagues anglaises déferlent sur les Bleus, qui ne savent plus quoi faire. De 16-8, le score est passé à 21-16 en à peine 16 minutes. Machenaud réduit la marque sur pénalité, mais les Anglais reprennent immédiatement le large. À quelques minutes de la fin du temps imparti, le XV de la Rose mène 24-19. Les Français n’abdiquent pas, mais sont trop imprécis dans le dernier geste. Fickou fait énormément de bien au XV de France, mais n’a pas le temps de s’illustrer. À peine son entrée en jeu que les 38 minutes de la mi-temps sont écoulées. Il n’aura manqué qu’une seule minute à ce XV de France pour se relever d’une seconde mi-temps catastrophique et espérer décrocher leur première victoire dans ce tournoi des 6 Nations.

Jouer avec le temps, en espérant en tirer profit, est souvent impossible dans le sport. Alors, bien sûr, certains essayent, en récoltant parfois les fruits. Ici, il est évident que Paris a malheureusement perdu 6-1, que Hamilton a sauté Glock dans le 71e tour de course, que le relais 4x400m femmes a tout explosé à Zürich, et que les Bleus se sont imposés in-extremis face aux Anglais. Mais en retranchant quelques minutes, quelques secondes, à chaque événement, on le retrouve complètement métamorphosé, au gré des joies et des peines de chacun. 

Montage photo : We Sport

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