Frédéric Weis : “Mon rêve est de pouvoir créer des vocations”



Frédéric Weis, c’est 100 sélections en équipe de France de Basket, une médaille d’argent Olympique à Sydney, un triplé magique avec Limoges, une Draft aux Knicks, et surtout un gros coeur. Son projet, Big Camp, est un événement à but associatif. Il permet d’accueillir des enfants désireux de jouer au basket, et tous les bénéfices sont reversés à une structure (IME) s’occupant d’enfants handicapés. Cette année, deux camps auront lieu en Juillet à Limoges : du 8 au 13 et du 15 au 20. On a voulu parler avec lui de sa carrière, de la NBA, mais aussi du Big Camp. Il nous a accordé une superbe interview.

Bonjour, et merci d’avoir accepté l’invitation ! C’est un honneur de pouvoir parler à un médaillé olympique de Basket !

FW : Pas de soucis avec plaisir !

“Je chantais toujours La Marseillaise”

Souvent, vous dites que les JO de Sydney ont été le point d’orgue de votre carrière. Vous y avez gagné la médaille d’argent avec l’équipe de France. Pourquoi est-ce si spécial pour vous ?

FW : (Sur la médaille) : C’est assez simple. Quand on fait du sport en général, le truc qu’on rêve d’avoir c’est une médaille olympique. C’est vraiment la compétition réelle, qui réunit tous les sports en même temps. On se sent différent, privilégié de participer à cela.

(Sur le fait de représenter la France) : Tu peux rigoler en disant que c’est bien de gagner en club. Mais qu’est-ce qu’il y a de mieux que de représenter son pays ? Jamais un club ne pourra rivaliser avec l’émotion de représenter ton pays. Moi je chantais toujours La Marseillaise, toujours. Je ne pouvais pas m’en passer.

Vous possédez un palmarès en club assez impressionnant (Un triplé en 2000 avec Limoges : Championnat, Coupe de France et Coupe Korac, cette même coupe avec Malaga en 2001), qu’en retenez-vous ?

FW : C’était une énorme fierté (de réaliser le triplé, ndlr). C’était immense. Puis j’ai signé au PAOK trois mois où je n’ai pas été payé, ce qui m’a permis de me tourner vers l’Espagne où je suis resté presque dix ans, à Malaga, Bilbao et Minorque.

“Le meilleur championnat d’Europe”

C’est un peu une carrière atypique, à l’époque il n’y avait que très peu de basketteurs français en Espagne.

FW : Il y en avait quelques-uns mais l’exode commençait à peine. C’est vrai que de rester dix ans en Espagne, il n’y a pas beaucoup de basketteurs qui peuvent s’en targuer. D’ailleurs, le Championnat espagnol était, et est toujours le meilleur championnat d’Europe, le deuxième au monde. À cette époque là, on ne parlait pas beaucoup des joueurs à l’étranger.

Tu as remporté également des titres en Espagne, de grosses distinctions d’ailleurs.

FW : Oui, j’ai été deux fois dans le meilleur 5 de l’année, élu meilleur défenseur d’Europe. C’est vrai que c’était une fierté.

Juste avant le triplé au CSP, vous êtes drafté par les Knicks de New York en 15è position. Pouvez-vous nous raconter un peu cette aventure ? L’ambiance avec le public ?

FW : Surtout que j’étais un Français qui n’était jamais passé par le cursus universitaire ! Il y a eu pleins d’histoires autour de cette draft. Je revenais d’une hernie discale, donc déjà je partais de loin. Puis mon agent français est allé en prison. Quant à mon agent américain, il venait de perdre sa femme. Sur le coup, il me dit « my wife passed away », sauf que je ne connaissais pas l’expression ! Donc je lui dis : « ok c’est pas grave tu me rappelleras la semaine prochaine ! ». Il ne m’a jamais rappelé. Je n’ai plus eu de nouvelle. Il devait penser que j’étais un sans-coeur.

(Concernant le public) : Ce n’était pas si difficile que cela de s’imposer. Mais c’est vrai que le premier match, tu es le pire mec du monde, puis tu enchaînes avec un double-double contre Boston en Summer League et là ça va beaucoup mieux.

“J’adore le basket, je regarde beaucoup de matchs”

En parlant des Knicks, un jeune Frenchy les a rejoints il y a peu (lors de la draft de 2017) : Frank Ntilikina. Globalement, que pensez-vous des français en NBA, notamment les derniers arrivés (Okobo aux Suns, Ntilikina donc aux Knicks)?

FW : On a une belle génération qui arrive. Honnêtement, je pense qu’Okobo est plus NBA compatible. Il est capable de prendre de gros shoots, et ses responsabilités. Il n’a pas peur de brasser et a une grosse présence sur le parquet. Ntilikina est un joueur plus cérébral, un joueur dont le profil irait bien en Euroligue. C’est un gros défenseur, il a un gros QI Basket, qui ne force pas les shoots. Et il a déjà prouvé en France qu’il avait le niveau. Cependant, j’espère qu’il fera une belle carrière NBA !

On pense également à Rudy Gobert, qui tient le même poste que celui que vous occupiez pendant votre carrière. D’ailleurs, vos surnoms se rapprochent ! (Gobzilla pour Rudy, et Fredzilla pour Fred, ndlr)

FW : Oui, on est deux défenseurs. Mais bon, Rudy Gobert c’est une version 3.0. Un physique exceptionnel, et un des joueurs les plus dominants de la NBA.

“Parfois, la NBA m’énerve”

Et pourtant, il était absent du All-Star Game …

FW : Oui. Parfois la NBA m’énerve, et là c’est le cas. Clairement, ils prennent l’option de dire que ce sont seulement les points marqués qui comptent, et pas l’impact sur le jeu. Les Américains font du protectionnisme sur leurs joueurs, et on ne peut pas leur en vouloir.

Vous vous êtes reconverti après votre carrière, et tenez maintenant la place de consultant chez RMC Sports. Que vous apporte ce nouveau métier ?

FW : J’ai beaucoup de chance, j’adore le basket, je regarde beaucoup de matchs. J’ai eu l’occasion d’être recruté pour en parler à la télé et à la radio, on ne peut qu’être le mec le plus heureux du monde ! (rires). On a beaucoup de commentaires en direct, c’est génial. Je ne peux pas souhaiter mieux à quelqu’un qui aime le basket, et j’espère en profiter au maximum !


“On accueille tous les jeunes”

Cette année aura lieu la 4è édition de ce camp (la première a eu lieu en 2015) : comment cette idée vous est-elle venue ?

FW : C’était mon rêve d’animer ce genre de camp, et d’y être présent tous les jours. C’est très important pour moi. Mon souhait était de redistribuer tous les bénéfices du camp aux alentours, aux IME (Institut Médico-Educatif). Par exemple, il y a deux ans, on a acheté des tablettes pour tous les enfants des IME, afin de les aider à travailler. On leur paye des sorties, on les occupe à l’extérieur. On les aide dans la mesure de nos capacités.

En quoi consiste ce projet ? Et qui concerne-t-il ? Il reçoit d’ailleurs de plus en plus de soutien. 

FW : On accueille des enfants deux fois cet été. Du 8 au 13 Juillet et du 15 au 20 juillet 2019. C’est un camp surtout orienté pour les jeunes de 12 à 18 ans. Mon rêve est de pouvoir créer des vocations. On sera là pour orienter les jeunes, les aider. Le but est qu’il prenne une licence après. On accueille tous les jeunes, novices ou non. Evidemment, s’ils font déjà du basket, c’est un plus. Surtout que la structure est riche d’entraîneurs qualifiés et compétents. J’essaye de ramener des gens chaque année à Limoges, qui vont faire progresser les enfants. Le « bling-bling » ne m’intéresse pas. Les « guest stars » ce sont mes entraîneurs. J’ai de la chance d’en avoir de très bons chaque année. Ils nous aident beaucoup. Après, si j’arrive à avoir des joueurs connus qui viennent nous aider, qui viennent pour faire progresser les joueurs, ce sera avec un immense plaisir.

“C’est un projet qui prend de l’ampleur”

Tous les bénéfices seront donc reversés via votre association « Big Camp » qui aide à la prise en charge des enfants atteints d’autisme. Quelles sont vos actions ?

FW : En fait, on va surtout travailler avec les IME. Un IME, c’est une structure qui accueille les enfants autistes, et handicapés en général. Nous, l’argent ne nous sert à rien. On reverse tout afin d’aider les IME locaux. Pour l’instant, on ne travaillait qu’avec un seul. Mais on essaye de mailler tous les IME aux alentours, d’abord au niveau départemental, puis régional. C’est un projet qui prend de l’ampleur, on peut même héberger les enfants maintenant. C’est mon projet le plus important, celui auquel je suis le plus attaché.

Auriez-vous une anecdote sur votre carrière, en regardant dans le rétro, afin de conclure ? Par exemple sur ton passage aux Knicks.

FW : Je me rappelle m’être fait reprendre un jour par Jeff Van Gundy (coach des Knicks à l’époque) devant tout le monde parce que j’avais ma montre au poignet. Je l’avais seulement pour ne pas arriver en retard à l’entraînement. Il n’a rien voulu savoir.

Un énorme merci à Frédéric Weis qui nous a accordé cet interview. Pour retrouver toutes les informations sur son camp qui se déroulera en Juillet à Limoges, voici le lien : bigcamp.fr



A propos de l'auteur

Si un jour on m'avait dit que je deviendrais journaliste F1 ... Fan d'athlètes espagnols en tout genre, mais surtout d'un en particulier. Considéré comme un footix par mes pairs, je supporte fièrement l'Olympique Lyonnais. Considéré comme un basketix par mes pairs, je supporte fièrement GSW.

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