Alors qu’elle ouvrira officiellement ses portes ce Dimanche 1er Juillet, la Free Agency reste une période dont tous les mécanismes sont assez complexes à comprendre. Zoom sur les points clés d’une des périodes les plus excitantes de l’intersaison NBA.
Quand a-t-elle lieu ?
La date officielle d'ouverture est le 1er Juillet de chaque année. Pourquoi une telle date ? Tout simplement parce que l'année dite fiscale de la NBA se termine le 30 Juin, et que les contrats signés par les différents joueurs prennent donc fin à cette même date. Il n'y a pas de date de fin précise, car un joueur n'étant pas sous contrat peut signer avec une franchise à n'importe quel moment de l'année. On détermine donc uniquement une date d'ouverture pour mettre en évidence l'arrivée de nouveaux joueurs sur le marché des joueurs libres de tout contrat.
Comment se déroule-t-elle ?
La Free Agency se découpe en deux grandes phases : le moratorium et la phase de signatures.
Le moratorium :
Cette phase ne dure que quelques jours, du 1er au 6 Juillet. Lors de cette période, aucun contrat ne peut officiellement être signé, les joueurs ne pouvant que passer des accords verbaux/moraux avec les franchises, d'où le terme moratoire. Cette période permet de respecter l'équité sportive en permettant à un joueur de rencontrer différentes équipes avant de signer définitivement un contrat. Par ailleurs, elle permet aussi à la ligue de valider définitivement ses comptes avant de voir de nombreux millions de dollars être dépensés. Initialement cette phase était plus longue, mais depuis l'épisode Deandre Jordan en 2015 (qui avait passé un accord avec les Mavs avant de finalement rester aux Clippers) elle a été raccourcie.
La phase de signatures :
Après le 6 Juillet, tous les accords verbaux peuvent se transformer en véritables contrats. Chaque franchise est donc officiellement libre de faire signer n'importe quel contrat à n'importe quel joueur, dans les limites du salary cap (voir plus bas) et des sommes qui lui sont possibles d'obtenir (voir encore plus bas).
Qui peut y ‘’participer’’ ?
On va distinguer deux types de joueurs susceptibles de participer activement à la Free Agency : les RFA et les UFA.
Restriced Free Agent (RFA) :
Commençons par le plus complexe. Lorsqu'un joueur arrive en NBA, il signe un contrat rookie de durée variable possédant diverses options. S'il va au bout de ce contrat, il peut alors se voir proposer une Qualifying Offer, sorte de protection placée sur le joueur par la franchise. En effet, le joueur prend alors un statut de joueur protégé (RFA) et sa franchise peut alors s'aligner sur n'importe quel offre de contrat signée par son joueur. Le joueur est donc partiellement libre car si le franchise souhaite le conserver à n'importe quel prix, elle est libre de le faire.
Exemples cette année : Malcolm Brogdon, Kristaps Porzingis, D'Angelo Russell
Unrestricted Free Agent (UFA) :
L'autre type de joueur sans contrat abordant la période d'agent libre, c'est celui qui est libre de signer où il le souhaite. Il sort généralement d'un contrat autre que son contrat rookie et peut donc décider librement de la franchise dans laquelle il souhaite évoluer. Une fois le contrat signé, pas de possibilité pour son ancienne équipe de s'aligner, elle ne pourra que le regarder s'en aller vers d'autres contrées.
Exemples cette année : Jimmy Butler, Kevin Durant, Kyrie Irving, Kawhi Leonard
Quelles sont les limites à ne pas dépasser ?
Afin d'encadrer les dépenses de chaque franchise et de respecter une équité entre chaque équipe, la ligue a fixé deux seuils de dépense communs à chaque franchise : le Salary Cap et la Luxury Tax.
Le Salary Cap :
Fixé aux alentours de 109 M de $ pour l'exercice 2019/2020 (il faudra attendre dimanche pour les chiffres précis), le salary cap correspond à la limite théorique d'argent qu'une franchise peut dépenser pour construire son effectif. En clair, elle répartie cette somme comme elle le souhaite mais elle doit pouvoir avoir entre 13 et 15 joueurs sous contrat. Toutefois, contrairement à la NFL, la NBA ne possède pas un système de hardcap (limite stricte à ne pas dépasser) et chaque franchise a donc tout un tas d'exceptions lui permettant de dépasser ce montant. Assez complexe, on recommande aux bilingues les plus téméraires d'aller faire un tour sur cette page du site de la NBA pour comprendre chaque exception autorisée par la ligue.
Sachez aussi qu'il existe un minimum à dépenser correspondant à 90% du cap, soit ici environ 98.1 M de $. Cette limite, tout comme la limite maximum, est variable et dépend des revenus de la ligue.
La Luxury Tax :
Toutefois, même si la ligue laisse les équipes dépasser le cap, elle finit tout de même par punir les plus dépensiers. Jusqu'à 132 M de $, la NBA passe outre. Au dessus, la ligue va taxer la franchise pour chaque dollar dépensé au dessus de ce seuil. On appelle cette zone de dépense la luxury tax. Ainsi, une équipe comme les Warriors paient chaque année plusieurs dizaines de millions car leur effectif pléthorique de stars leur fait largement dépasser les 132 M de $. Pour information, cet argent récupéré par la ligue est ensuite reversé aux franchises qui ne paient pas cette taxe. Un bon élève est toujours récompensé.
Existe-t-il un contrat minimum et un contrat maximum ?
Oui, cela existe. Pourtant, ces contrats varient selon l'expérience du joueur dans la ligue. Pour faire simple, plus un joueur est ancien en NBA, plus il peut gagner d'argent. En ce qui concerne le contrat minimum, il variait l'an passé d'environ 840 000 $ pour les joueurs sans aucune expérience à environ 2 400 000 $ pour les joueurs avec plus de 10 saisons d'expérience (ces chiffres concernent la première année du contrat). Les contrats minimums peuvent permettre à une franchise de dépasser le salary cap afin de compléter son effectif.
Pour la salaire maximum, il varie lui aussi en fonction de l'expérience et augmente en fonction de l'augmentation du salary cap. On retiendra qu'un joueur ayant entre 0 et 6 années dans la ligue peut toucher 25% du cap, 30% pour ceux entre 7 et 9 ans et 35% pour les joueurs avec au moins 10 années d'expérience. Là encore, tout détailler serait trop complexe car chaque joueur peut avoir des bonus (All Star, All NBA, MVP, …) pouvant augmenter son salaire. Petite info technique, un joueur peut disposer de Bird Rights lui permettant d'obtenir un plus gros contrat dans la franchise où il évolue plutôt que dans une autre qu'il rejoindrait librement.
Depuis quand cela existe ?
On situe la première Free Agency de l'histoire à l'été 1988. Avant cette date, un joueur ne pouvait arriver dans une franchise que via la draft ou un transfert. Même lorsque votre équipe était d'accord pour vous laisser partir, elle devait recevoir une compensation. Oui, le sign and trade, mouvement consistant à re signer un joueur pour le transférer dans la franchise de son choix existait déjà, mais le joueur ne pouvait donc pas totalement choisir librement où il souhaitait aller. Tout changea en 1988.
Après de longue négociations, l'association des joueurs arriva à obtenir un accord avec la ligue afin que chaque joueur en fin de contrat soit libre de signer où il le souhaite une fois certaines conditions remplies. Bienvenue dans l'ère de la Free Agency presque comme on l'entend aujourd'hui. Pour l'anecdote, le premier UFA de l'histoire se nomme Tom Chambers, qui à la fin de son contrat avec les Seattle Supersonics (ancêtre du Thunder) signa avec les Suns.
On peut résumer rapidement ?
La Free Agency est une période où les joueurs en fin de contrat deviennent libres (ou partiellement libres) de signer où ils souhaitent. Instaurée en 1988, cette période permet à chaque franchise de signer les joueurs libres qu'elle souhaite tant qu'elle ne dépasse pas le salary cap. Elle peut toutefois bénéficier d'exceptions (contrat minimum, mid-level exception, …) pour le dépasser mais sera contrainte de payer la luxury tax si elle le dépasse trop. Elle commence ce dimanche et les contrats pourront être signés à partir du 6 Juillet. Soyez attentifs, car les mouvements vont se multiplier dans les jours à venir !