Ça roule…

Giro – étape 20 : analyse de la victoire de Caruso

Hier avait lieu la 20ème étape du Giro remporté par Damiano Caruso (Bahrain-Victorious). Après 3 cols de première catégorie, Caruso reprend du temps sur le leader Bernal. Les Ineos ont bien résisté pour assurer la victoire finale du Colombien. We Sport vous propose de revenir sur les tactiques des différents acteurs de cette passe d’armes.

DSM attaque en premier

Le premier coup tactique chez les favoris nous vient de la formation de Romain Bardet. Le Français n’avait plus grand espoir au général mais pouvait encore viser une place sur le podium. On le sait il fallait attaquer tôt pour espérer déloger faire bouger les choses. C’est donc dans la première ascension du jour, le Passo San Bernardino que la DSM se met à l’action. La formation allemande prend les choses en main dans ce long col et fait accélérer tout le monde. Quelques cassures sont faites mais les coureurs du top 10 sont tous là. Les organismes sont mis à rude épreuve dans cette montée par les coéquipiers de Romain Bardet.

La descente décisive

Mais c’est bien dans la descente que cela se joue. Bardet part avec Michael Storer dans cette partie rapide et technique. Ils sont bientôt rejoint par Peio Bilbao et Damiano Caruso. Côté Ineos, on ne prend pas de risque, la descente est dangereuse et humide. On contrôle l’écart autour des 40 secondes. On se dit qu’il reste deux ascensions, rien ne sert de paniquer pour le leader du général, encore entouré de trois coéquipiers dont Castroviejo et Martinez. Fait étonnant, au bas de la descente, c’est la formation BikeExchange du troisième Simon Yates qui vient relayer les Ineos dans le peloton. Un coup de main qui peut s’expliquer par la menace Bardet, mais la logique aurait demandé de laisser les Ineos rouler.
Dans l’ascension du Passo della Spluga, les écarts restent autour des 40 secondes entre le quatuor de tête et le groupe Maillot Rose.

Ineos limite la casse, pari gagnant pour Caruso

Au pied de la dernière difficulté, Bardet, Caruso et leurs équipiers ont toujours une quarantaine de secondes d’avance. Les Ineos impriment un tempo soutenu mais ne paniquent pas. On se sent fort, et le maillot rose est à l’abri derrière Castroviejo et Martinez. Au fur et à mesure de la montée, les équipiers disparaissent un à un. Storer, puis Bilbao devant, Castroviejo derrière. Les show Martinez et Caruso peuvent alors commencer. Porté par les tifosis, Caruso lâche Bardet et s’envole vers la victoire, il a développé 430 watts de moyenne sur les deux derniers kilomètres. Côté maillot Rose, Martinez est impressionnant comme tout au long de ce Giro en montagne. Le Colombien lance extrêmement bien Bernal qui va rattraper Bardet et perdre seulement 20 secondes sur Caruso.

Ainsi, trois formations se sont mises en avant hier. La DSM a tiré la première, bien suivi par la Bahrain-Victorious, qui, en l’absence de son leader Landa, a trouvé en Caruso un remplaçant idéal. L’Italien et sa formation ont été tactiquement impeccable pour offrir à Caruso sa première victoire d’étape sur un Grand Tour. Il aurait pu espérer mieux vu sa forme du moment, mais la maitrise tactique des Ineos d’un Bernal moins impérial que la semaine dernière aura eu raison des espoirs de la Bahrain-Victorious. Le Colombien va signer sauf imprévu un deuxième victoire sur un Grand Tour cet après-midi, c’est  mérité.

Crédits photo en une : @giroditalia

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