NBA

Harden, pour boucler la boucle?

Et si. Et si James Harden retrouvait ses Rockets cet été. Agent libre à la fin de la saison, il n'a toujours pas prolongé du coté de Philadelphie et ce week-end, une rumeur est apparue. Le barbu pourrait être tenté par un retour à Houston. Une information à prendre avec des pincettes bien évidemment, mais étant donné qu'il n'y a pas de fumée sans feu, la possibilité de voir le MVP 2018 retrouver le Texas existe. Tout dépend, en partie, du déroulement de la saison des Sixers. Mais en cas de nouvel échec, l'intersaison pourrait être agitée pour Darryl Morey et les siens..

Woj bomb

Cette rumeur aurait pu être totalement infondée. D'ailleurs, rien ne dit qu'elle est totalement vraie. Malgré tout, un christmas day, pour qu'Adrian Wojnarowski lâche ce tweet à quelques heures de la rencontre entre les Knicks de New-York et les Sixers de Philly où joue actuellement le principal concerné, c'est sans doute que l'insider a eu vent de quelques murmures. “Je suis ici. Nous jouons très bien. Je ne sais pas d’où vient cette information, mais je suis très excité d’être ici. Nous jouons bien et nous continuons à nous améliorer“. Après le match, The Beard a tenté tant bien que mal de désamorcé la bombe. Sans le faire dans les grandes largeurs. Le doute existe.

Redorer le blason

Ce n'est évidemment qu'une rumeur, peut-être même qu'une intox. Mais imaginons que cela soit vrai. Les Rockets auraient-ils grand intérêt à rapatrier la superstar dans le Texas? Le natif de Los Angeles serait-il en odeur de sainteté dans son ancien jardin? N'oublions pas que fin 2020, après un nouvel échec en playoffs dans la bulle (vous vous souvenez, le fameux ultra small-ball de Mike d'Antoni?), Harden avait fait des pieds et des mains pour quitter le Toyota Center, séchant la reprise de l'entraînement, s'affichant régulièrement dans les clubs les plus huppés du pays, arrivant même en surpoids. Une attitude qui avait finalement fait craqué le board qui l'avait laissé partir pour une bouchée de pain. Le gaucher était prêt à tout pour partir, et (presque) n'importe où.

C'est finalement à Brooklyn qu'il atterrira, pour un nouvel échec, finalement. Toujours dans les cœurs du coté de H-Town, son image en a tout de même pris un coup. A 33 ans, et alors qu'il lui reste sans doute 2 ou 3 ans au plus haut niveau, revenir chez lui, où il a passé plus de huit saisons, pourrait être une symbolique forte. Faire frémir le Toyota Center, comme au bon vieux temps, trotte peut-être dans la tête de James Harden.

Terminer l'histoire inachevée

Car du bon temps, il en a passé à Houston. Huit saisons pleines donc, huit qualifications en playoffs. Des saisons difficiles, d'autres rageantes. Mais au final, une empreinte laissée à tout jamais sur la franchise. Que ce soit collectivement, avec deux finales de conférences Ouest où seuls les grands Warriors ont su se mettre en travers de son chemin. Mais aussi au niveau individuel, avec un titre de MVP en 2018, trois titres de meilleur marqueur, un titre de meilleur passeur, et des performances plus stratosphériques les unes que les autres. Si son jeu, parfois caricatural, a longtemps fait débat, il n'empêche qu'Harden a marqué l'histoire de la NBA lors de son passage aux Rockets.

Mais si, individuellement, il aurait pu espérer mieux qu'un seul trophée de meilleur joueur, c'est surtout collectivement que le bât blesse. Houston a parfois semblé être la meilleure équipe de la ligue, ou tout du moins l'un des grands favoris pour le trophée Larry O'Brien, avec James Harden. Comme ce fut le cas en 2018 (année de son trophée MVP), où les Texans terminent en tête de leur conférence avec un bilan de 65 victoires pour 17 défaites, meilleur bilan de l'histoire de la franchise. Malheureusement, les Warriors étaient trop forts.

Si aujourd'hui, les Rockets semblent bien courts pour ambitionner quoi que ce soit, la franchise disposera cet été d'un énorme salary cap. Il n’est pas à exclure que deux gros contrats max puissent être intégrés à l’effectif déjà en place. Ce qui permettrait de faire revenir Harden, et potentiellement un autre gros joueur. Le barbu, qui dispose d’une player option, pourrait ambitionner un contrat max de 4 ans, et plus de 200 millions de dollars. En plus de toutes les pépites (Green, Porter Jr, Sengun, Smith Jr) qui polissent, de match en match. Alors, cela vaut-il le coup de tenter une dernière danse?

Etre au centre d'un nouveau projet

En revenant là où il a façonné sa légende, Harden serait en pleine lumière, comme il a toujours aimé l'être. À Brooklyn, il était au cœur d’un trio, en compagnie de Kevin Durant et Kyrie Irving. Mais la vraie star, c’était KD. À Philly, son binôme avec Joël Embiid fonctionne bien, mais là encore, le Camerounais reste la tête d’affiche de la franchise. Harden n’est pas un lieutenant, mais s’il fallait n’en choisir qu’un seul, le pivot, drafté par la franchise, serait l’élu.

En retournant à Houston, qui ne dispose plus de tête d’affiche, The Beard serait à nouveau celui que tout le monde adulerait. Il aurait, comme c'était le cas avant son départ, les clés du camion. Celui sur qui tout reposerait. Celui sur qui on compte le plus. Lui adore ça, même si cela ne s’est pas toujours bien passé en playoffs. Il aurait une magnifique occasion de faire taire les critiques autour de lui. On lui a bien trop souvent reproché son incapacité à mener une franchise (en l’occurrence les Rockets), vers le titre. S’il n’y a pas de trophée en fin de saison en Pennsylvanie, pourquoi ne pas se laisser une dernière chance là où il n’a jamais été aussi proche de le faire ?

Le guide

En plus de redevenir le franchise player, il aurait un nouveau rôle, qu'il n'a sans doute jamais eu : celui de mentor. Devenu plus meneur de jeu et plus altruiste depuis son départ de Houston, il aurait en plus le rôle de meneur d'homme. Autour de lui, une meute de jeunes pépites à polir. Les Rockets sont l’une des pires équipes de la ligue cette saison, mais le vivier de potentiels joueurs de haut niveau est intéressant.

A commencer par Jaylen Green, qui est amené à devenir le vrai franchise player à Houston. Il est encore loin de trouver la régularité qu’il devrait déjà avoir, au cœur de sa saison sophomore, mais il parvient à se stabiliser, et trouve ses marques de plus en plus. Jabari Smith, recruté lui en 3eme position de la dernière cuvée, est dans le même cas. Pas assez impactant, il doit grandir et vite. Quoi de mieux qu’un mentor comme Harden. Kevin Porter Jr lui semble enfin trouver de la régularité, après avoir connu des hauts et des bas, à Cleveland mais aussi dans le Texas. Enfin, Sengun, MVP du championnat turc a 19 ans (on a souvent tendance à l’oublier) étale toute sa classe depuis quelques semaines maintenant.

Ne négligeons pas non plus d’autres jeunes pousses tels que Kenyon Martin Jr, 21 ans,  10.9 pts et 4.9 rbds de moyenne cette saison, Tari Eason, le même âge, et auteur de 8.5 pts et 5.1 rbds, en sont le parfait exemple.

Sans oublier une éventuelle arrivée d’un certain Victor Wembanyama. Avec le deuxième plus mauvais bilan de la ligue, les Rockets sont en course pour obtenir le first pick la saison prochaine et ainsi décrocher le graal. Imaginez, un 5 avec James Harden, Jaylen Green, Eric Gordon, Victor Wembanyama, Alperen Sengun, avec Jabari Smith Jr et Kevin Porter Jr en sortie de banc,  sans compter l’arrivée d’une éventuelle autre star, et Houston serait armé pour faire peur à pas mal de monde. On en est encore loin, mais l’avenir va peut-être rapidement s’éclaircir du côté de Houston..

La rumeur d’un éventuel retour de James Harden aux Rockets est à prendre avec des pincettes. Mais si cela se concrétisait, Houston basculerait immédiatement de catégorie: après deux années compliquées, les hommes de Stéphan Silas voient peut-être le bout du tunnel.

Crédit photo : WallStreetJournal


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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