Victorieux de deux de leurs 3 derniers matchs (face aux Lakers et au Grizzlies s’il vous plaît), les Rockets de Houston, rois du tanking, montrent quelques belles choses en cette fin de saison. Rien de sensationnel, ne nous emballons pas, mais de chouettes promesses pour l’avenir. Au point de redevenir une franchise qui compte?

Objectif dernière place

Houston ne s’en cache pas, les ambitions, si l’ont peut les appeler comme ça, sont claires : perdre le plus de matchs possible pour espérer pourquoi pas décrocher le premier choix de la draft 2022. Du tanking pur et dur. Après la période Harden, les rockets ont décidé de repartir de 0, et l’effectif semble être construit pour cela. Si le vétéran Gordon fait de vieux os, le reste du roster est très jeune. Christian Wood, le chef de file, n’a que 26 ans, et la meute qui l’entoure est encore plus juvénile. De Jaylen Green à Kevin Porter Jr, en passant par Kenyon Martin Jr pour ne citer qu’eux, les Rockets ont de l’expérience à revendre. Ajoutez à cela un 1er tour de draft qui risque d’amener un nouveau jeune et talentueux joueur, et voici Houston prêt à mettre en péril l’avenir radieux que tente de se concocter Sam Presti du côté d’Oklahoma City.

De vrais diamants à polir

Car de l’avenir, il y en a dans le Texas : Jaylen Green n’a pas 20 ans, tout comme Sengun. Josh Christopher vient tout juste de les fêter quant à lui, alors que les deux Juniors du nom, Kenyon Martin et Kevin Porter, ont à peine soufflé leur 21eme et 22eme bougie. Ajoutez à cela un Christian Wood et un Jae’Sean Tate, tous deux 26 ans et vous obtenez l’un des rosters les plus jeunes de la ligue.. mais aussi l’un des plus inexpérimentés. C’est pour cela que l’encadrement est primordial. Si Éric Gordon est une vraie source d’inspiration, le cas Stephen Silas fait débat. Le coach est proche des joueurs, mais leur apporte t’il les fondamentaux dont ils ont besoin pour grandir au sein de la NBA? Rien n’est moins sûr. Et son autorité est parfois remise en question, à l’image de sa prise de bec avec Porter (qui n’en est pas à son coup d’essai) et Wood en fin d’année 2021. Les jeunes progressent, c’est indéniable. Forcément puisqu’ils jouent. Mais certains cas interrogent : la gestion de Wood, parfois laissé sur le banc en fin de rencontre, ou Sengun, un vrai QI basket qui ne joue parfois que 15min par rencontre. Est-ce un choix délibéré du coach, ou une consigne du board ? Difficile d’y voir clair parfois, autant au niveau de la stratégie sur le parquet que dans les bureaux. Mais incontestablement, le talent est là.

L’exemple « Trust the Process »

Si Houston doit s’inspirer d’une franchise qui fut dans la même situation récemment, c’est bien de Philadelphie. Risée de la ligue au début des années 2010, les Sixers ont pris le temps de se reconstruire, autour de pick de draft, quitte à se morfondre dans les bas-fonds de la conférence Est pendant des années. Au final? Des 1er tours de draft, Simmons, Embiid, Fultz, Okafor. Avec des fortunes diverses certes, mais des choix hauts placés. Résultats? Philly semble aujourd’hui en mesure de lutter pour le titre, en ayant peaufiné son effectif avec des trades, mais également d’autres choix de draft bien sentis, comme  Landry Shamet ou Tyrese Maxey. La différence, c’est que les Sixers ont un ovni en la personne d’Embiid. Aucun joueur au sein de l’effectif Texans ne semble en mesure d’atteindre le niveau qu’a actuellement l’affreux Jojo, à savoir un prétend au titre de MVP, et capable d’emmener sa franchise au titre. Jalen Green, nouvelle tête de gondole du projet Rockets a un potentiel énorme. Mais difficile aujourd’hui d’affirmer qu’il pourrait avoir autant d’importance que n’en a Embiid aux Sixers. Porter Jr est bien trop irrégulier, et Christian Wood doit encore prendre de l’assurance, dans son leadership et son influence. Sengun n’est pas encore utilisé à bon escient (alors qu’il est tout de même MVP du championnat Turc, à à peine 20 ans !), et Christopher doit encore canaliser son jeu. Si au début de sa carrière, Embiid laissait perplexe, la question se posait plus sur l’aspect physique et des pépins à répétitions, que sur sa qualité de basketteur. Si dans le fond, l'exemple est le bon, dans la forme, difficile d'imaginer construire autour d'une seule superstar en devenir. Développer un collectif comme a pu le faire le Thunder du début des années 2010 avec un trio Harden-Durant-Westbrook est un bon exemple. Reste encore à savoir si tout ce petit monde va pouvoir atteindre le niveau d'OKC version superteam.

Le matériel est là du coté du Toyota Center. Les Rockets, bien qu'au fin fond de la conférence Ouest, ont de solides arguments à faire valoir pour l'avenir. Reste à structurer tout cela si Houston veut retrouver ce qu'il n'a pas réussi en faisant venir James Harden, à savoir renouer avec son glorieux passé.

Crédit photo: @RocketsNationFrance / twitter