NBA

Irving, Dallas et des questions

L'affaire aura été pliée en un rien de temps. Désireux de ne pas prolonger son contrat chez les Nets de Brooklyn, Kyrie Irving a alors fixé un ultimatum à ses dirigeants en fin de semaine dernière. Soit c'est un départ avant la trade deadline, soit le meneur partira free agent l'été prochain. Sean Marks n'a alors pas traîné et deux petits jours plus tard, Irving était envoyé à Dallas, contre Spencer Dinwiddie, Dorian Finney-Smith, un 1er tour de draft et plusieurs seconds tours. Alors que d'autres franchises s'étaient manifestées pour tenter de recruter le fantasque Kyrie (Suns, Lakers), c'est finalement les Mavs qui ont mis le grappin dessus. Mais est-ce pour autant gage de sécurité? L'avenir nous le dira, mais en attendant, cette arrivée d'Irving dans le Texas soulève quelques questions. 

Une destination.. incongrue

Il avait déjà évoqué ses envies de départ et n'a jamais vraiment semblé impliqué dans un projet qu'il a lui même monté de toute pièce avec son pote Kevin Durant. Après l'épisode du vaccin qui l'a vu manquer une bonne partie de la saison dernière, puis une frasque concernant la promotion d'une film antisémite au début de l'année (ce qui lui a valu 11 matchs de suspension), Irving semblait enfin stable, depuis quelques temps. En phase avec son basket, il portait les Nets. Encore plus depuis la blessure de KD.

Et puis patatra. Le platiste est retombé dans ses travers. Il a déraillé, une nouvelle fois. Bien que sa franchise ne soit pas exempt de tout reproche, il a surpris son monde à quelques jours de la trade deadline en annonçant vouloir partir de New-York.. ou au moins de Brooklyn. Une demande qui a également étonné Durant, qui se retrouve donc seul dans ce marasme. Qu'elle semble déjà loin l'époque de la superteam où Durant, Irving et Harden devaient écraser la ligue.

Mais alors qu'il souhaitait enfin tourner la page Nets, Irving avait en tête une destination, connue de tous : les Los Angeles Lakers. Retrouver son pote LeBron avec lequel il avait décroché une bague, en 2016, avec les Cavaliers de Cleveland. Rejoindre le King sur les plages Californiennes, pour tenter de redresser une franchise mythique, cela avait de la gueule. Au lieu de cela, il se retrouve au beau milieu du Texas, au sein d'une franchise en nette progression certes (finaliste de conférence l'an dernier), mais dont on ne connaît finalement pas réellement les ambitions cette saison. Forcément, l'ajout d'un joueur de la trempe d'Irving oblige presque Dallas à devenir désormais un prétendant au titre. Mais le natif de Melbourne aspirait sans doute à autre chose que l'humidité du désert Texan.

Qui aura le pouvoir? 

Malgré cela, Irving semble tout de même excité à l'idée de rejoindre Dallas, mais surtout Luka Doncic. Comme l'a révélé Chris Haynes, “Kyrie serait « extatique » au sujet de son trade à Dallas et le fait de jouer avec Luka”. Nous devrions bientôt avoir les premiers éléments de réponses car Dallas affronte les Clippers la nuit prochaine et le néo Mavs ne devrait pas tarder à faire ses débuts avec sa nouvelle franchise.

Mais maintenant que les deux vont être associés, lequel aura les clés du camion? Pour la première fois de sa carrière, le Slovène sera associé à une superstar et n'aura plus besoin de s'occuper de tout. Le problème, c'est qu'il adore ça, et jamais il n'a eu le besoin de partager la gonfle. Irving est lui aussi un gros manieur de ballon et il faudra forcément trouver un terrain d'entente pour ne pas se retrouver dans une parodie de basket. L'ancien Nets a déjà évolué à coté de frachise players, que ce soit à Cleveland avec LeBron James ou aux Nets avec Durant et Harden. Cela ne l'a pas empêché de faire évoluer son jeu. S'il peut avoir tous les défauts du monde, il faut reconnaître qu'il sait (parfois) faire preuve de maturité.

D'autant qu'il arrive dans une franchise acquise à la cause de Luka Doncic. Il sait pertinemment que Luka Magic sera le numéro 1, et lui le “1 bis”. Son arrivée va soulager l'ancien du Real mais il n'en restera pas moins le leader. Après tout, n'est-ce pas dans ce rôle de second qu'Irving a décroché sa seule et unique bague jusqu'alors?

Dallas, maintenant ou jamais 

En lâchant deux rôles players (Dinwiddie et Finney-Smith) et plusieurs tours de draft pour un joueur en fin de contrat dans quatre mois, Dallas n'est pas très loin d'avoir fait all-in pour la fin de saison. Car rien ne dit que la greffe prenne avec un joueur aussi fantasque que magnifique. D’autant que rien ne garantit qu'il prolongera à l'issue de la saison, et Dallas pourrait donc se retrouver sans rien (bien que la masse salariale soit allégée pour la free agency). Surtout, les Mavs avaient de gros problèmes défensifs depuis le début de saison. Seulement 24ème au ranking défensif, ils ne se sont pas renforcés avec ce trade, au contraire.. Pour aller loin et gagner des titres, il faut avant tout une bonne défense. Et c'est, pour l'heure, loin d'être le cas du coté de l'American Airlines Center.

Mais il reste une journée au front office et Mark Cuban pour, pourquoi pas, tenter un dernier coup pour se ranger définitivement dans la case d'un prétendant au titre. Après avoir attiré un aussi gros poisson, la tentation est belle de se dire que c'est cette année ou jamais. Luka Doncic, la tête de proue du projet a demandé du renfort? Il a été servi, et ce n'est peut-être pas fini. Dallas dispose encore de quelques joueurs de valeurs dans son effectif : Tim Hardaway Jr, 13,7pts de moyenne cette saison et son contrat à 13 millions de dollars sur quatre ans en est la preuve. Christian Wood (18.4pts, 8.4rbds) pourrait également être prié de faire ses valises, lui qui intéresse vivement les Clippers. Enfin, Davis Bertans, Javale McGee ou Reggie Bullock, en cas de belles offres, pourraient eux aussi plier bagages.

Le dernier jour de la free-agency pourrait être animé du coté de Dallas. Alors qu'avec l'arrivée de Kyrie Irving, les Mavs deviennent de sérieux prétendants au titre, nul doute qu'ils tenteront un dernier coup si l'occasion se présente dans la journée. 

Crédit photo : Eurosport

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets au stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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