Avant l’entame du sprint final de l’USL Dunkerque en Ligue 2, l’attaquant de 35 ans s’est confié pour We Sport sur la bonne passe des Maritimes, le pourquoi de sa signature dans le Nord, et s'est remémoré les souvenirs heureux mais aussi douloureux de sa longue carrière.
Après les départements du Morbihan, de la Marne, de la Corse-du-Sud et des Côtes-d’Armor, le buteur Gaëtan Courtet (35 ans) a posé ses valises dans le Nord cet hiver avec la volonté de relever un nouveau défi : maintenir l’USL Dunkerque en Ligue 2. Radieux quand il s’agit d’évoquer sa passion pour le football, le natif de Lorient s’est confié sans détours pour We Sport. Attachant, l’homme aux 331 matchs et 81 buts dans l’antichambre de l’élite est revenu, entre autres, sur la belle série d'invincibilité toujours en cours des Maritimes (10 matchs sans défaites en L2), ses ambitions à moyen terme et sur le regard qu’il porte sur sa carrière.
« C’était impossible pour moi d’être à cette place avant la dernière ligne droite de cette Ligue 2 »
We Sport : Quel est le secret de la remontée de Dunkerque au classement ?
Gaëtan Courtet. – Je ne sais pas s’il y a spécialement de secrets à cette remontée. Le club avait bien bossé avant mon arrivée, même s’il n’y avait pas les résultats escomptés. Je pense que ce travail effectué plus l’apport des recrues qui ont apporté un nouveau souffle avec je dirais des têtes plus fraîches par rapport à ceux de la première partie de saison ont été bénéfiques pour Dunkerque. Tout cela a commencé après le match contre Grenoble. Je pense que cette rencontre a lancé quelque chose entre nous et qui a fait qu’on a su mettre les ingrédients accompagnés d’une certaine réussite sur certains matchs. On a mis ce qu'il fallait pour que ça tourne en notre faveur.
Quand vous avez signé à Dunkerque, auriez-vous imaginé aborder cette dernière ligne droite du championnat avec un petit matelas d’avance sur la zone rouge ?
Non, c’était impossible (rires). Ça n'a pas dû arriver très souvent une telle série. On est en train de faire quelque chose de pas mal. Maintenant, on est proche et en même temps loin de la fin de la saison mais on s’est mis dans le bon sens, ça, c’est sûr.
La reprise va être cruciale avec deux concurrents directs à affronter (réception d’Annecy, déplacement à Bastia) ?
Oui, évidemment ! Même si dans un sens, les matchs qu’on a disputés auparavant étaient aussi cruciaux et ils le seront jusqu’à la fin. Après, ce sont nos concurrents directs, il ne faudra pas trop se louper, c’est important de faire des résultats face à eux.
« J’ai été très rapidement séduit par cette envie de faire grandir l’USL Dunkerque »
À titre personnel, pouvez-vous nous présenter le projet que vous ont présenté les dirigeants dunkerquois ? J’imagine que ça va au-delà de simplement se maintenir cette saison ?
C’est un projet qui s’est présenté à moi par ma situation qui n’était pas top du côté de Guingamp où je jouais beaucoup moins. J’ai aussi aimé qu’ils n’hésitent pas à me faire confiance malgré mon âge. J’avais envie d’être utilisé à ma “juste valeur” et d’apporter tout ce que je suis capable de donner sur le terrain.
Les statistiques parlent pour eux 🥵 pic.twitter.com/xXFZRXjgqq
— Ligue 2 BKT (@Ligue2BKT) March 23, 2024
Et le projet global ?
J’ai été très rapidement séduit par ce qu'ils appellent un process, cette envie de faire grandir l’USL Dunkerque, d’en faire un gros club de Ligue 2 et peut-être par la suite, une référence en France. Mais avant d’arriver à ce stade, il y a encore beaucoup d’étapes à franchir.
Vous avez mal vécu votre départ de Guingamp ?
(Il hésite) Oui et non. Évidemment, ma situation ne plaisait pas. Lors de la trêve de Noël, je me suis un peu inquièté. Je me suis demandé si j’avais envie de voir mes potes jouer et moi rester de côté. J’ai vite répondu, j’ai pas envie de ça du tout comme aucun joueur à mon avis, et donc, je me suis dis je veux m’éclater sur un terrain au maximum d’où le choix de Dunkerque.
Demba Ba a été décisif dans votre venue ?
J’ai d’abord échangé avec Romain Decool (directeur du recrutement et coordinateur sportif) et puis avec Demba Ba (conseiller sportif). Il a insisté sur le fait que mon âge ne lui posait vraiment aucun problème, car il sait qu’à cet âge-là, on peut encore énormément apporter. Voire plus que des plus jeunes. Ils me donnaient toute leur confiance, c’est trop important pour un joueur quand t’arrive dans un nouveau club.
Et Luís Castro ? Qu'en pensez-vous ?
Très agréablement surpris par lui. Ce n'est pas évident de comprendre le championnat et la culture française. La Ligue 2, c’est un championnat très tactique, assez dur, et il a su s’adapter, notamment avec la langue qu’il a apprise très vite. Ensuite, il a de très bonnes idées. J’aime beaucoup sa façon de penser le foot et les idées qu’il veut mettre en place, il arrive à les faire adhérer au groupe.
« J’ai encore cette envie de relever beaucoup de défis que ce soit avec l’USLD ou autre »
Vous parlez beaucoup de passion, c’est ça qui vous a guidé tout au long de votre carrière ?
Ah oui ,clairement, on peut le dire ! Quand je suis sur le côté, je suis malade ; par contre, quand j’ai l’occasion de défendre un maillot, je suis toujours à 200%. Cela s’est toujours vérifié d’ailleurs, j’ai toujours eu des bons retours partout où je suis passé. Bon ou pas bon, je vais toujours donner tout ce que j’ai sur un terrain. Relever un défi de plus, c’était une évidence.
C’est le dernier défi de votre carrière ?
Je ne peux pas le savoir maintenant. Si le club se maintient, je serais toujours sous contrat avec Dunkerque (il a signé pour six mois + une année en option). J’ai encore cette envie de relever beaucoup de défis que ce soit avec l’USLD ou autre, mais évidemment, je ne peux pas me projeter.
Vous avez une étiquette de joueur de Ligue 2, c’est un regret de ne pas avoir réussi à vous installer en Ligue 1 ?
Regret ? Oui, parce que ça dépendait d’un “coach” parce que j’avais le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait avec le Stade de Reims qui m’avait offert sa confiance. Ce coach m’a beaucoup laissé sur le côté alors que je pensais mériter plus de temps de jeu et ça s’est joué là. J’avais fait le choix d’aller en Ligue 2 à Brest pour tout simplement avoir du temps de jeu alors que j’avais encore de belles choses encore à faire à mon avis en Ligue 1. Malgré tout, je suis assez fier de mon parcours jusqu’ici.
Il n’y a jamais eu d’opportunité pour retrouver l’élite ?
Non, franchement, ce n'étaient juste que des contacts qui dépendaient beaucoup de sorties de joueurs ou d'autres facteurs. Finalement, cela ne s'est jamais concrétisé. Je n'avais peut-être pas assez de qualités pour revenir en Ligue 1.
Comment jugez-vous votre parcours ?
Je suis assez fier de moi parce que beaucoup de personnes ne pensaient pas que je serais capable de durer aussi longtemps dans le football professionnel. Quand je vois mon nombre de matchs, mon nombre de buts et ce que j’ai pu apporter partout où je suis passé, je suis très content de moi et j’ai envie que ça dure le plus longtemps possible.
« J’ai été assez impressionné par leur force d’aller chercher toujours plus haut »
Le joueur qui vous a le plus surpris ?
Ce n'est pas évident car j’en ai croisé quand même pas mal (rires). J’ai quand même joué avec des sacrés joueurs comme Mattéo Guendouzi, Ruben Aguilar, Aïssa Mandi. Je dirais que Guendouzi m'a impressionné par son talent, tandis que les deux autres par leur travail. J’ai été assez impressionné par leur force d’aller chercher toujours plus haut.
L'anecdote de vestiaire que vous n’avez jamais raconté ?
Alors là, très bonne question ! Après, si je ne l’ai jamais racontée, c’est peut-être parce qu'elle ne devait pas être divulguée. Je dirais, dans un vestiaire où on avait eu l'idée de faire le classement du plus moche. Et ça, c’était dur pour la personne qui a été élue la plus moche quand même. Je ne dirais pas qui c’est du coup (rires).
Le club dans lequel vous avez toujours rêvé de jouer ?
Je dirais Lens ou Marseille.
Le meilleur souvenir de votre carrière ?
Le retour de ma maladie en 2011 avec la montée en Ligue 1 avec Reims quelques mois après.
Et le pire ?
Ma blessure au genou au bout de 10 matchs après avoir re-signé à Lorient. Ça se passait très bien, et puis j'ai eu un coach qui n’a pas su me relancer par la suite.
Avvez-vous déjà des projets pour l’après-carrière ?
On en revient toujours à la passion : j’ai vraiment du mal à me dire que ça va s'arrêter un jour, même si j’en prends de plus en plus conscience. Je n’ai pas encore trouvé l’idée ou le métier qui me fera lever tous les matins avec la même envie. Je suis ouvert à tout, même si je ne suis pas très fan de certaines valeurs dans le foot d'aujourd'hui. Je pense à l’évolution des mentalités et à l'argent, je suis quelqu’un de très entier et des fois, c’est vraiment à contresens de mes valeurs.