J7 – Brésil 2012 : Vettel – Alonso, dernière bataille

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Ligue 1

Pendant 30 jours, la rédaction F1 va vous proposer une rétrospective sur un Grand Prix particulier. Que ce soit un GP des années 70 ou tout récent, toutes les générations vont y passer, avec un prisme différent à chaque fois. Des joies, des larmes, des tragédies, des intempéries … de nombreux événements ont marqué le monde de la F1 jusque là. Aujourd’hui, retour sur le GP du Brésil 2012, qui marque la fin d’une époque pour l’ensemble des fans d’Alonso. Sans le savoir, l’Espagnol perd ici ses dernières chances de glaner une nouvelle couronne mondiale. Et, pourtant, que la course fut belle et indécise, comme souvent à Sao Paulo.

Lutte intense pour le titre

À l’orée du GP du Brésil 2012, dernière manche de la saison, Vettel débarque à Sao Paulo avec 13 points d’avance sur son éternel rival, Fernando Alonso. Tout au long du week-end de course, la lutte est intense et serrée. Pourtant, en qualifications, l’Allemand prend une sérieuse option sur le titre, en se classant 4e. Le natif d’Oviedo ne peut lui faire mieux que 7e. Devant lui, Hamilton réalise la pole, devant son coéquipier Jenson Button. Webber se classe 3e, et Massa 5e. Schumacher, pour son dernier GP en Formule 1, ne peut faire mieux que 14e. Mercedes, encore au début de son projet, n’est pas encore la grande écurie qu’elle est aujourd’hui devenue.

Le lendemain, tout est remis à plat. Le départ, sous une pluie fine, s’annonce plus qu’intéressant. On ne pouvait d’ailleurs rêver mieux comme épilogue, bien que la fin soit tragique pour certains, et heureuse pour d’autres. En 2 tours, Alonso réalise peut-être deux de ses actions les plus connues de son passage en Formule 1. Au départ, il arrive à surprendre tout son monde, en se hissant quasiment à hauteur de Webber. Son départ est un modèle du genre. Il franchit la ligne du premier tour en 4e place, derrière les deux McLaren, Massa et Webber. À peine le deuxième tour entamé, Webber tente une attaque sur Massa, qui l’écarte sur l’extérieur. Alonso, malin, en profite pour faire l’intérieur aux deux, et se classe alors 3e. À cet instant, l’Espagnol est champion du monde. Derrière lui, Vettel a vu rouge. 

Départ manqué pour Vettel

Auteur d’un départ très moyen, Vettel se fait rapidement dépasser par ses plus proches concurrents. Alonso, Massa et Hülkenberg lui sont passés devant. Il se retrouve à lutter avec la Lotus-Renault de Räikkönen (qui manque de l’embrocher), ou encore Di Resta et Bruno Senna. À l’entrée du virage 4, Vettel tourne complètement sur la Williams du Brésilien, qui ne peut éviter l’accrochage. Par miracle, l’Allemand repart indemne, mais dernier. Pour Senna, ainsi que Pérez, victime collatérale, c’est la fin du GP. Devant, un autre Allemand lui vole la vedette. 

Hülkenberg, pilote maudit

Il avait réalisé la seule pole position de sa carrière sur ce circuit, en 2010, à bord d’une modeste Williams. Aujourd’hui chez Force India, l’Allemand y a cru, au moins un instant. Avec un palmarès vierge de victoire, on ne peut imaginer ce qui se passait dans le cerveau de l’Allemand. Après un départ incroyable, il profite d’une bévue d’Alonso pour lui ravir la troisième place. Impressionnant sous une pluie fine, Hülkenberg remonte même sur les McLaren. Chaussant des pneus slicks, tout comme Button, les deux pilotes tournent aussi vite que leurs concurrents en intermédiaires. Ils semblent voler, sur une piste de plus en plus trempée. Au 18e tour, le pilote Force India attaque le Britannique, pour s’emparer de la tête de la course. La pluie semble alors se calmer, et tandis que leurs concurrents chaussent à nouveau des pneus slicks, les deux pilotes s’envolent en tête.

Seul Rosberg met à mal leur stratégie, en semant des bouts de carbone un peu partout sur la piste suite à une crevaison. Les deux pilotes changent de gommes, mais ressortent en tête derrière la voiture de sécurité. Mais le suspens ne s’arrête pas là. La pluie s’invite de nouveau au Brésil, et les pilotes commencent sérieusement à en pâtir. L’Allemand part à la faute, permettant à Hamilton de reprendre la tête, après avoir doublé son coéquipier Button quelques tours plus tôt. Au 54e tour, les chances de Nico Hülkenberg s’envolent définitivement. En tentant un dépassement osé sur Hamilton, l’Allemand freine trop tard, et patine. Gêné par un retardataire, il ne peut éviter la collision. Il perd de précieuses secondes, fait abandonner Hamilton, et voit ses chances de victoires réduites à néant. Alonso, lui, y gagne deux places. 

Vettel, panique dans la meute

Le pilote Red Bull n’a donc d’autre choix que de se lancer à la poursuite du peloton. Rapidement, les HRT, les Marussia et les Catheram sont englouties. Au 8e tour, alors que les premiers pilotes passent aux pneus pluie, Vettel pointe déjà à la 6e place. En s’arrêtant un tour plus tard pour en chausser lui-même, Vettel bloque alors sur Kobayashi. Pendant longtemps, le Nippon entrave la remontée de l’Allemand, tout de même champion du monde virtuel. 

Alonso, quant à lui, continue de batailler pour aller chercher cette première place nécessaire à sa victoire finale. Pourtant, l’Espagnol est bien embêté par ce même Kobayashi, qui a largué Vettel. Il arrive à repousser les attaque du Japonais, qui se fait ensuite doubler par Massa. Le chevalier servant protège alors son leader, reléguant Vettel à la 7e place. Mais la pluie revenant, les cartes sont une dernière fois rebattues. Vettel, pensant s’arrêter pour chausser des intermédiaires, surprend son équipe qui n’a pas encore retiré les couvertures chauffantes sur les pneus de l’Allemand.

Les positions n’évolueront alors presque plus. Massa laisse passer Alonso pour le gain de la 2e place, mais accusant près de 20 secondes de retard sur Button. Schumacher laisse lui passer Vettel (!), pour la 6e place. Di Resta se transforme alors en juge de paix. En percutant le mur dans la dernière ligne droite avant les stands, la voiture de sécurité doit sortir, pour permettre aux commissaires de déblayer les débris. Alors qu’il ne reste que 2 tours à couvrir, la messe est dite. Vettel, avec 3 points de plus qu’Alonso, est titré une troisième fois de suite. L’Espagnol échoue une nouvelle fois à la deuxième place, sentiment aussi cruel qu’en 2010. 

Pour les fans d’Alonso, ou même d’Hülkenberg, il ne peut être enlevée à cette course tout son aspect mélodramatique. Cette course est mémorable en de nombreux points. Alonso y perd encore la couronne, Hülkenberg ne gagne pas (et ne gagnera jamais, tristement). Schumacher prend sa retraite sportive, et Vettel glane son troisième titre pilote. Cette course, plaisir pour les yeux et les oreilles, se regarde peut-être en secret, comme si nous ne voulions avouer les émotions qu’elle procure, entre joie, tristesse, jalousie, envie. 

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