Jeux olympiques

Jeux paralympiques 2020 : le bilan de l’équipe de France passé au crible

Jeux paralympiques France

Deux jours après la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques, l’heure est au bilan pour l’équipe de France. Retour sur tout ce qu’il s’est passé pour la délégation française à Tokyo, des onze médailles d’or tricolores aux sports rentrés sans rien en passant par tous les autres podiums français.

Le bilan global

Médailles : 11 en or, 15 en argent et 28 en bronze (14e)

Avec un total de 54 médailles, la délégation paralympique française a explosé son total de Rio (28) et été bien au-delà de l’objectif fixé avant ces treize jours de compétition, à savoir 35 médailles. À Tokyo, les para-athlètes tricolores ne sont pas venus pour faire de la figuration. Au cours de Jeux paralympiques entourés par le doute au regard du contexte sanitaire actuel, qui avait notamment forcé le report de l’évènement en 2021, la France s’est même offert son meilleur total depuis Pékin en 2008, ne terminant d’ailleurs qu’à un titre d’égaler le nombre de médailles d’or obtenues en Chine.

Avec ce bilan, la France se classe 14e au tableau des médailles, devant certaines nations comme l’Espagne (15e) mais derrière d’autres comme l’Iran (12e) ou encore l’Azerbaïdjan (10e). Le relatif déficit de médailles d’or voit donc l’équipe de France terminer hors du top 10, même si les Bleus l’intègrent si l’on classe les nations par nombre de médailles remportées (alors 10e). Si la France termine bien loin de son record absolu réalisé à Séoul en 1988 (142 médailles dont 45 en or, à une époque où seules 61 nations concouraient contre 162 aujourd’hui), le CPSF (Comité paralympique et sportif français) peut se réjouir de Jeux réussis ; de très bon augure à trois ans de Paris 2024, une échéance où les attentes seront forcément très élevées.

Onze titres, première depuis Pékin

Mieux que les neuf de Rio ou les huit de Londres, la France a ramené onze médailles d’or du Japon. Une première depuis 2008 et les Jeux de Pékin où les para-athlètes tricolores avaient décroché douze titres.

Un cyclisme florissant

Alexandre Léauté

Alexandre Léauté, multiple médaille paralympique à Tokyo (Crédit : Maxppp/Tim Goode)

Principal pourvoyeur de médailles pour l’équipe de France à Tokyo (voir plus bas), le cyclisme a également été le sport ayant rapporté le plus de titres à la délégation française avec pas moins de cinq médailles d’or glanées (trois sur route et deux sur piste), soit près de la moitié de celles décrochées sur l’ensemble de ces paralympiades !

Sur piste, ce sont Alexandre Léauté et Dorian Foulon qui ont débloqué le compteur d’or pour la France. Concourant dans la catégorie C2 (hémiplégie modérée, ici du côté droit), le premier nommé n’a laissé aucune chance à ses adversaires sur la poursuite. Pour son entrée en lice dans ces Jeux, le Breton a battu le record du monde dès les qualifications avant de remettre ça en finale (3:31.478), surclassant l’Australien Darren Hicks – relégué à environ quatre secondes – pour s’offrir son premier titre dans la compétition. Le lendemain, il fut imité par son compatriote Dorian Foulon en poursuite C5 (handicap membre inférieur). Après avoir également battu le record du monde de sa catégorie en série (4:18:274), il fut lui aussi tombeur d’un Australien (Alistair Donohoe) en finale pour s’adjuger l’or, un an après son titre aux championnats du monde à Milton au Canada. Deux médailles en vélodrome bientôt complétées par un bilan tout aussi flatteur sur route.

Issu de la même génération qu’Alexandre Léauté (2000), Alexandre Llorevas a pris la plus belle des revanches sur la course en ligne catégorie B (déficient visuel). D’abord engagé sur piste avec son guide Corentin Ermenault, double champion d’Europe de poursuite et multiple champion de France, le jeune Lyonnais a dû se contenter de la quatrième place sur la poursuite B. Vraisemblablement frustré, il s’adjugea le titre en contre-la-montre sur route, toujours dans la catégorie B.

Sur les courses en ligne sur route, Florian Jouanny et Kevin Le Cunff l’ont ensuite imité. Pour ses premiers Jeux, Jouanny (29 ans), engagé dans la catégorie H2 (tétraplégique), l’a emporté après être monté sur le podium des derniers championnats du monde. Une belle récompense pour celui qui avait déjà marqué l’histoire en 2017 en devenant le premier athlète tétraplégique européen à terminer un Ironman. De son côté, Kevin Le Cunff a lui aussi réalisé un coup d’éclat. Ancien cycliste professionnel passé notamment par Auber-93 et tourné vers le handisport seulement depuis 2020, il a empoché l’or dans l’épreuve en ligne sur route en catégorie C4-5. Né avec deux pieds bots, le Parisien couronne donc son année handisport par la plus belle des médailles.

La consécration pour Alexis Hanquinquant

Alexis Hanquinquant

Au-dessus de la concurrence, Alexis Hanquinquant a survolé le triathlon PTS4 (Crédit : Olympics)

Il n’avait tout simplement pas d’égal. Grandissime favori sur le triathlon PTS4 après ses titres nationaux, continentaux et mondiaux en 2017, 2018 et 2019, Alexis Hanquinquant a réalisé un cavalier seul. Devant dès la sortie de l’eau, le Normand n’a jamais été inquiété par ses adversaires et est resté en tête tout au long de la course. Seul au monde, l’ancien champion de France de boxe full contact qui a perdu sa jambe droite suite à un accident du travail il y a maintenant six ans conclut son triathlon en moins d’une heure (59:58), garnissant un peu plus son armoire à trophée. Il était venu au Japon pour briller, il en repart doré.

L’exploit de Charles-Antoine Kouakou

Charles Antoine Kouakou

Charles Antoine Kouakou, premier représentant du sport adapté français à être champion paralympique (Crédit : T. Nguyen/CPSF)

À jamais le premier. Fier représentant de la fédération française de sport adapté, Charles-Antoine Kouakou en est devenu le premier champion olympique de l’histoire. Engagé sur 400 m dans la catégorie T20 (déficience intellectuelle), lui, le spécialiste du 200 m dont il détient le record du monde (21.89) depuis mai 2021, a frappé du poing sur la table pour aller chercher le titre. Deuxième de sa série, le Drancéen a parfaitement géré sa course en finale, devançant ses adversaires à la faveur d’un excellent dernier 100 m pour s’offrir l’or, un nouveau record personnel et le record d’Europe (47.63) ! De quoi lui donner raison de montrer les muscles.

Lamirault, étendard du tennis de table

Fabien Lamirault

Double médaillé d’or à Rio, Fabien Lamirault le fut aussi en terres japonaises (Crédit : Olympics)

Fabien Lamirault était arrivé à Tokyo en étant double champion paralympique, et il en repart avec le même statut ! Déjà titré en individuel à Rio en classe 2, le natif de Longjumeau, paraplégique depuis un accident de la route il y a vingt-quatre ans, a remis ça dans la capitale nippone. Facile en poule (deux victoires, un set perdu), il le fut tout autant en quart puis en demie pour atteindre une deuxième finale consécutive. Dans cette dernière, il retrouva un homme qu’il connaissait bien : le Polonais Rafał Czuper. Déjà opposé à lui cinq ans plus tôt, le Français lui a réservé le même sort en s’imposant trois sets à deux pour s’adjuger un second titre paralympique consécutif. De quoi le rassasier ? Pas vraiment.

Également champion par équipes en titre avec Jean-François Ducay et Stéphane Molliens, il a aussi doublé la mise avec le deuxième nommé. Entrés en lice en demi-finales, il ne perdirent pas le moindre set face à leurs adversaires slovaques, puis firent de même en finale face aux Coréens. Une belle manière de parachever des paralympiades réussies pour Fabien Lamirault et de rattraper une élimination en huitièmes en simple pour Stéphane Molliens.

Houdet/Peifer, duo encore gagnant

Houdet/Peifer

Champions en titre, Stéphane Houdet et Nicolas Peifer ont conservé leur titre en tennis fauteuil (Crédit : G.Picout/CPSF)

Ils avaient un rang à tenir, ils ont douté mais ils ont finalement conservé leur bien. Champions olympiques de tennis fauteuil en double, Stéphane Houdet, porte-drapeau de la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture, et Nicolas Peifer ont réussi à glaner une nouvelle fois l’or en terre japonaise. Exemptés de premier tour, ils ne doutèrent que très modestement lors de leurs trois premières rencontres, ne concédant pas le moindre set avant la finale du tournoi paralympique. Assurés d’une médaille au moment d’entrer sur le cours face à la paire britannique Alfie Hewett/Gordon Reid, les Français vont difficilement arracher la première manche (7/5) avant de connaître un énorme passage à vide.

Après avoir empoché ce premier set, Houdet et Peifer concéderont un set blanc, perdant ainsi le second (0/6). En cause ? Une dispute entre les deux tennisman français. « Nicolas a un geste de désespoir vers le clan français et je comprends qu’il dit : “Je ne peux pas gagner, il est trop nul”. […] On s’est fâché. Ça a duré jusqu’à 5-0 », expliqua Stéphane Houdet au micro de France Télévisions. Finalement rabibochés, les tenants du titre pousseront les Anglais, têtes de série n°1 et invaincus cette saison, jusqu’au tie-break. Finalement irrésistible, la paire française s’impose 7/6 (3) et conserve son titre au terme d’un combat acharné de trois heures et vingt-cinq minutes. Majestueux.

Lucas Mazur à jamais le premier

Lucas Mazur

Pour la première du para-badminton aux Jeux, Lucas Mazur s’est offert l’or (Crédit : Olympics)

À tout juste 23 ans, Lucas Mazur est entré dans l’histoire de son sport. Pour la première apparition du para-badminton aux Jeux paralympiques, le Tricolore s’est tout simplement offert le titre dans la catégorie SL4 (handicap membre inférieur). Double champion du monde et triple champion d’Europe en titre, le badiste français a d’abord été impérial en poule (aucun set concédé) avant de dérouler en phase à élimination directe.

Tombeur de l’Indien Tarun Tarun en demi-finale, il retrouva en finale un autre Indien, Suhas Yathiraj, qu’il avait déjà battu en phase de poules (deux sets à zéro). Plus en difficulté dans ce match pour l’or, le Français perdit le premier set (15-21) mais remporta les deux suivants (21-17 ; 21-15) pour sécuriser son premier titre paralympique.

Une razzia de bronze et un objectif atteint

Cinquante-quatre médailles dont vingt-huit en bronze pour la France, des chiffres qui n’avaient plus été plus vus depuis Athènes en 2004. De quoi se réjouir à seulement trois ans de Jeux paralympiques à domicile, à Paris.

Sur piste et sur route, tout roule pour le para-cyclisme

Baugillet/Pervis

Raphaël Baugillet (à gauche) et son guide François Pervis (à droite), en bronze sur la poursuite B (Crédit : France Paralympique)

Outre les titres d’Alexandre Léauté et Dorian Foulon sur piste mais aussi ceux d’Alexandre Llorevas (avec Corentin Ermenault), Florian Jouanny et Kevin Le Cunff sur route, le cyclisme français a réalisé une véritable moisson à Tokyo. Au total, l’équipe de France a décroché seize médailles dans ces deux sports (onze sur piste, cinq sur route), soit un peu moins d’un tiers de l’ensemble des breloques décrochées par la France sur ces Jeux paralympiques (16/54) !

Tout d’abord, il faut souligner la razzia d’Alexandre Léauté. Titré sur la poursuite C2, il repart du Japon avec trois médailles supplémentaires : l’argent sur le kilomètre C1-3, discipline dont il était champion du monde en titre, mais aussi le bronze sur le contre-la-montre C2 et la course en ligne C1-3, deux disciplines où il était également champion du monde en titre dans sa catégorie. Un total de quatre médailles (une en or, une en argent et deux en bronze) qui permit au jeune Breton d’être nommé porte-drapeau de la délégation française pour la cérémonie de clôture.

Parmi les autres champions olympiques, plusieurs ont réussi à décrocher une autre médaille. C’est par exemple le cas d’Alexandre Llorevas et Corentin Ermenault, également bronzés sur la course en ligne B, mais aussi celui de Florian Jouanny, troisième du contre-la-montre H2. En revanche, Dorian Foulon et Kevin Le Cunff, engagés sur trois autres courses que celle où ils furent titrés ainsi que sur le relais sprint avec Alexandre Léauté, durent se satisfaire de leur seule médaille d’or.

Par ailleurs, trois autres cyclistes ont été médaillés à Tokyo. Dans la catégorie B, Raphaël Baugillet a décroché le bronze sur le kilomètre en compagnie de son guide, le multiple champion du monde de la spécialité François Pervis. Sur route, Loïc Vergnaud a gagné l’argent sur le contre-la-montre et la course en ligne H5, tout en obtenant une troisième médaille d’argent sur le relai par équipes H1-5 en compagnie de Riadh Tarsim, malheureux en individuel, et… Florian Jouanny ! Chez les femmes, la satisfaction est venue de Marie Patouillet. À 33 ans et pour ses premières paralympidades, la Versaillaise entraînée par Grégory Baugé a obtenu deux médailles de bronze dans la catégorie C5, d’abord sur la poursuite pour sur la course en ligne.

La bonne surprise du tennis de table

Léa Ferney

Léa Ferney, en argent dans la catégorie T20 (Crédit : AFP)

Outre par l’intermédiaire de Fabien Lamirault, le tennis de table français a rayonné grâce à d’autres pongistes. Chez les joueurs en fauteuil, l’autre médaillé s’appelle Maxime Thomas. Déjà triple médaillé de bronze aux Jeux paralympiques, avec deux médailles par équipes et une en individuelle (2016), le Nancéien s’est une nouvelle fois classé troisième en catégorie C4 après sa défaite contre le Turc Abdullah Öztürk. Il doubla ensuite la mise en accrochant encore le bronze dans l’épreuve par équipes C3-5 aux côtés de Florian Merrien (C3), sorti en quarts dans le tournoi individuel après sa troisième place à Rio, et Nicolas Savant-Aira (C5).

Chez les pongistes handisports évoluant debout, la moisson ne fit que continuer. Tout deux éliminés dans le tournoi en simple C8 (handicap important sur les membres inférieurs gênant le déplacement), Thomas Bouvais et Clément Berthier se sont consolés en décrochant le bronze lors de l’épreuve par équipes. Chez les C10 (handicap touchant le bras qui ne tient pas la raquette), Matéo Bohéas est passé tout proche de l’exploit. Grandiose tout au long du tournoi, il buta néanmoins sur le n°1 mondial Patryk Chojnowski (trois sets à zéro), qui récupéra un titre qu’il avait obtenu en 2012 mais pas en 2016. Fort de cette médaille d’argent, il ne put néanmoins pas passer les quarts de finale en équipe avec Gilles de La Bourdonnaye, échouant dans la quête d’une seconde médaille.

Chez les femmes, ce fut presque un carton plein. Si Isabelle Lafaye s’arrêta dès les poules en C1-2, toutes les autres Françaises venues à Rio sont montées sur le podium. Dans les catégories C7 et C8, Anne Barnéoud et Thu Kamkasomphou ont toutes deux vu leur parcours s’arrêter en demi-finale (bronze assuré), battues respectivement par la Russe Viktoriia Safonova et la Chinoise Huang Wenjuan. Les deux femmes ont ensuite profité de leur association pour décrocher une nouvelle médaille de bronze par équipes, battues par l’équipe chinoise dont faisait partie… Huang Wenjuan, bourreau de Kamkasomphu à deux reprises lors de ces Jeux.

Chez les athlètes sport adapté (C11), la France a réalisé un carton plein. Chez les hommes, Lucas Créange s’est offert sa première médaille paralympique en décrochant le bronze. Multiple médaillé lors des Global Games (équivalent des Jeux olympiques pour les personnes en situation de handicap mental), le Troyen a réalisé un parcours parfait jusqu’en demi-finale, où il fut battu trois sets à deux par le Hongrois Péter Pálos, futur champion paralympique. Chez les femmes, la benjamine de l’équipe de France Léa Ferney (17 ans) a créé la surprise en arrachant la médaille d’argent. Surprenante, celle qui s’entraîne au Pôle France et à Dijon rendra finalement les armes face à la Russe Elena Prokofeva après lui avoir pris un set. Une médaille plus qu’encourageante pour celle qui aura vingt ans à Paris en 2024 et qui sortait des qualifications !

La piste aux étoiles

Dimitri Pavadé

Dimitri Pavadé, en argent au saut en longueur T64 (Crédit ; France Paralympique)

Généralement porteur de beaucoup d’espoirs, l’athlétisme a permis à la France de gonfler un peu plus son total de médailles. Si Charles-Antoine Kouakou fut le seul champion paralympique français au stade olympique national, les Tricolores y remportèrent sept autres médailles.

Pour les Bleus, la catégorie T11 (aveugle) fut particulièrement à l’honneur avec pas moins de trois médailles. Le bal s’est d’abord ouvert avec la consécration pour un athlète éternel : Ronan Pallier. À 50 ans, le Réunionnais s’est offert le bronze au saut en longueur (6,14 m), treize ans après avoir obtenu le même métal sur 4×100 m à Pékin. Éternel, Trésor Gauthier Makunda l’est aussi. À 37 ans, celui qui avait débuté sa carrière paralympique à Athènes en 2004 a décroché le bronze sur 400 m (51.74 PB) avec son guide Lucas Mathonat, faisant grimper son total de médailles en carrière aux Jeux à cinq (une en argent, le reste en bronze). La grâce a ensuite touché Timothée Adolphe, enfin médaillé aux Jeux paralympiques. Souvent malchanceux, le « Guépard blanc » repart du Japon avec l’argent sur 100 m – remporté par le Grec Athanasios Ghavelas (10.82 WR) – aux côtés de son guide Bruno Naprix (10.90 PB), mettant enfin un terme à la malédiction.

L’argent, c’est aussi le métal que décrochèrent Marie-Amélie Le Fur et Dimitri Pavadé au saut en longueur T64 (déficience de la partie inférieure d’une jambe ou absence a minima d’une jambe au-dessous du genou). Habituée des podiums sur 100 m, 200 m, 400 m et à la longueur, la Française prit donc l’argent (6,11 m) – derrière la Néerlandaise Fleur Jong qui lui a soufflé son record du monde (6,16 m) – dans cette ultime discipline où elle possédait déjà toutes les couleurs de médaille. C’est en revanche une première pour Dimitri Pavadé qui, pour ces premiers Jeux paralympiques, s’est classé deuxième (7,39 m), loin derrière l’intouchable Allemand Markus Rhem (8,18 m).

Dans les autres catégories et autres disciplines, on peut citer Mandy François-Elie qui a décroché le bronze sur le 200 m T37 (paralysie cérébrale, concurrents debout). Autrice du record paralympique en séries (battu ensuite par la future championne olympique chinoise Wen Xiaoyan), la Martiniquaise pris donc la troisième place sur le demi-tour de piste ; sa troisième médaille aux Jeux après l’or puis l’argent sur 100 m à Londres puis Rio. Sur le 800 m T53, le Néo-Calédonien Pierre Fairbank a lui aussi décroché une nouvelle médaille, en bronze, sa neuvième en cinq paralympiades.

À noter par ailleurs qu’Arnaud Assoumani (longueur T47), Louis Radius (1 500 m T38) et surtout Nantenin Keita (400 m T13), tous médaillés à Rio, ne sont pas parvenus à se glisser parmi les trois premiers dans leurs épreuves respectives. Pour Assoumani, c’est même la première fois depuis ses débuts en 2004 à Athènes qu’il ne figure pas sur le podium au saut en longueur.

Bassins et tatamis privés d’or

Ugo Didier

Ugo Didier, l’un des trois seuls médaillés français dans les bassins tokyoïtes (Crédit : REUTERS/Molly Darlington)

Habituels pourvoyeurs d’or et de médailles pour l’équipe de France paralympique, la natation et le judo ont bien vu des Français monter sur les podiums, mais jamais sur la plus haute marche.

Dans les bassins, ce sont trois jeunes nageurs qui ont permis à la France de ne pas repartir de la capitale nippone sans médailles. En catégorie S9 (handicap physique léger), Ugo Didier (19 ans) est passé tout proche du sans-faute. Médaillé d’argent sur 400 m nage libre (4:11.33) puis de bronze sur 200 m 4 nages (2:17.15), le Francilien aurait pu s’offrir une troisième médaille sur 100 m dos mais termina au pied du podium. Le 100 m dos, c’est justement là où Florent Marais a brillé en catégorie S10 (handicap physique léger). Quatrième des derniers mondiaux, championnats d’Europe et Jeux méditerranéens, il s’est finalement fait violence sur la plus grande des scènes en décrochant le bronze (1:01.30). Chez les malvoyants, Alex Portal (S13) a lui imité Ugo Didier en étant médaillé sur les mêmes distances, obtenant toutefois l’argent 200 m 4 nages (2:09.92) et le bronze sur 400 m nage libre (4:06.49).

Parmi les autres engagés, Laurent Chardard (S6), David Smetanine (S4), Anaëlle Rouet (S10) et Claire Supiot (S10) atteignirent des finales mais ne réussirent pas à monter sur le podium.

Sur les tatamis, on peut parler de réussite pour la France avec deux médailles sur les trois judokas engagés. Pour ses premiers Jeux, Hélios Latchoumanaya (B3, malvoyant) a décroché le bronze chez les – 90 kg. Éliminé en demi-finale par l’Iranien Vahid Nouri, futur champion paralympique, le Guadeloupéen s’est rattrapé en repêchages en battant le Kazakh Zhanbota Amanzhol pour s’assurer la médaille. Seule judokate française engagée, la porte-drapeau Sandrine Martinet (B2, malvoyante ne percevant que la lumière) n’a elle pas réussi à obtenir un second titre paralympique. Engagée chez les – 48 kg, elle s’est qualifiée presque sans encombres en finale mais dut s’y incliner face à la jeune Azérie Shahana Hajiyeva. Une semi-déception pour celle qui s’était alignée dans une catégorie inférieure à celle où elle avait été titrée à Rio (-52 kg).

À noter que le troisième français en lice, Nathan Petit (- 81 kg), a échoué lors du deuxième repêchage face au Mexicain Eduardo Adrián Ávila Sánchez , passant tout proche de la médaille de bronze.

Paracanoë, aviron, dynamophilie, le reste des médailles françaises

Si la France a particulièrement performé dans la plupart des disciplines énoncées ci-avant, les athlètes tricolores ont également glané d’autres médailles dans d’autres disciplines. Voici là où la France a également été médaillée :

  • Après le titre d’Alexis Hanquiquant en triathlon, Annouck Curzillat (et sa guide Céline Bousrez) est également montée sur le podium en catégorie PTVI (déficient visuel). Au pied du podium avant d’entamer la course à pied, la native d’Annecy a finalement réussi à décrocher la médaille de bronze (1:11:45), devançant une concurrente britannique de seulement deux secondes sur la ligne.
  • Carton plein pour l’haltérophilie française avec une médaille pour chacun des engagés. En – 54 kg, Axel Bourlon a créé la surprise en décrochant l’argent après avoir soulevé une barre à 165 kg. De son côté, Souhad Ghazouani a elle continué sa moisson. Déjà médaillée en 2004, 2008, 2012 et 2016, elle s’est emparée du bronze en – 73 kg après avoir soulevé une barre à 132 kg. À 39 ans, son palmarès ne cesse de s’étoffer.
  • 2/3 pour l’aviron français, avec deux médailles de bronze pour trois bateaux engagés. En Skiff PR1, Nathalie Benoît a en effet pris la troisième place (11:28.44) après avoir terminé deuxième de sa série et remporté son repêchage. Le scénario fut tout à fait similaire pour le quatre barré PR3 mixte, où Margot Boulet, Antoine Jesel, Erika Sauzeau, Rémy Taranto et le barreur Robin Le Barreau se sont parés de bronze. Pas de médaille en revanche pour Perle Bouge et Christophe Lavigne en deux de couple PR2 mixte, ces derniers ayant pris la neuvième place globale.
  • 2/3 également pour le para-canoë, où Nélia Barbosa (KL3) et Rémy Boullé (KL1) ont gagné une médaille. Pour la deuxième de ce sport aux Jeux paralympiques, les deux céistes sont montés sur le podium, après avoir respectivement obtenu l’argent (51.558) et le bronze (48.917). À noter que le bronze de Rémy Boullé est la première médaille pour un céiste paralympique français dans l’histoire de la compétition.
  • Ils auront sauvé la mise. Sans la moindre médaille jusqu’à la dernière épreuve, l’équipe de France d’escrime a finalement pu compter sur le fleuret par équipes pour ne pas terminer fanny. Sortis des poules malgré une défaite face à la Chine (27-45), future championne paralympique, les Bleus se sont ensuite inclinés face à la Grande-Bretagne (23-45), se retrouvant face à la Russie dans le match pour la médaille de bronze. Serrée jusqu’au bout, la rencontre aboutira finalement sur une victoire française (45-40), l’équipe de France conservant ainsi sa troisième place déjà obtenue à Rio cinq ans plus tôt.
  • Enfin, après son titre en individuel, Lucas Mazur a failli doubler la mise lors du double mixte SL3/SU5 avec Faustine Noël. Finalement battue en finale par les Indonésiens Hary Susanto et Leani Ratri Oktila, la paire française repart tout de même du Japon avec la médaille d’argent.

Les sports sans médailles

Si la France a brillé dans de nombreux sports, certains repartent de Tokyo sans la moindre médaille. Au moment de faire les comptes, ils sont sept dans cette situation.

La disette des sports collectifs

Jonathan Hivernat

Le rugby fauteuil, l’un des deux sports collectifs représentant la France à Tokyo (Crédit : AFP – BEHROUZ MEHRI)

Choux blanc pour les sports collectifs français à Tokyo. De retour aux Jeux après sa non-qualification en 2016 qui avait suivi sa deuxième place à Londres, l’équipe de France de cécifoot n’a pas remporté le moindre match. Opposés au Brésil, à la Chine et au Japon en poules, les Bleus n’ont pas inscrit le moindre but, terminant derniers de leur groupe. Face à la Thaïlande dans le match pour la septième place, le doublé de Khalifa Youmé n’aura pas suffi (défaite 3-2), plaçant la France en dernière position du tournoi olympique.

Même son de cloche pour les Bleus du rugby fauteuil, placés dans une poule relevée avec l’Australie, championne paralympique en titre, le Japon, troisième à Rio, et le Danemark, vice-champion d’Europe. Tombeurs uniquement du Danemark (52-50) après deux défaites frustrantes (51-53 face au Japon puis 48-50 contre l’Australie), les coéquipiers de Jonathan Hivernat durent se contenter du match pour la cinquième place. Défaits par le Canada (49-57), les Français terminent sixièmes, soit une place de mieux qu’en 2016 et deux de mieux qu’en 2012.

Boccia et équitation encore fanny

Chiara Zenati

Chiara Zenati sur Swing Royal à Tokyo (Crédit : FEI/Liz Gregg)

Pas d’exploit en boccia pour la France. Seul engagé en individuel, Samir Van Der Beken (BC3) ne réussit pas à s’extirper des poules, en terminant troisième avec une seule victoire. Associé ensuite à Sonia Heckel pour les paires de la même catégorie, le natif de Villepinte ne réussit pas non plus à atteindre les demi-finales, n’obtenant encore qu’une seule victoire (face à la paire de la Grecque Anna Nenta qu’il avait déjà battu en individuel). Depuis l’intronisation de la boccia aux Jeux paralympiques en 1984, la France n’est jamais parvenue à se hisser sur le podium.

Pas de médaille non plus en équitation pour la délégation française. Avec seulement deux podiums (une médaille d’argent et une en bronze) depuis que cette épreuve est au programme paralympique, les cavaliers français n’ont pas réussi à mettre fin à une mauvaise spirale de plus de vingt-cinq ans (les deux médailles avaient été obtenues à Atlanta en 1996). On notera tout de même la cinquième place de Chiara Zenati sur Swing Royal en Grand Prix individuel Grade III (hémiplégie), ou encore la sixième place de l’équipe de France dans l’épreuve par équipe.

Première vierge pour le taekwondo

Bopha Kong

Le para-taekwondo faisait son entrée aux Jeux cette année à Tokyo (Crédit : Philip FONG/AFP)

Pour la première du taekwondo aux Jeux paralympiques, Bopha Kong est passé tout proche de la médaille. Engagé chez les – 61 kg en K44 (seule catégorie représentée), le Français échouera cruellement dans la finale pour la médaille de bronze face au Russe Daniil Sidorov, terminant ainsi au pied du podium. Seule engagée féminine, Laura Schiel (+ 58 kg K44) a elle vu son parcours s’arrêter dès les huitièmes de finale après une défaite sur arrêt de l’arbitre, la Tricolore ayant ensuite déclaré forfait pour son match de repêchage.

Les tirs, si proche si loin

Cédric Fèvre-Chevalier

Cédric Fèvre-Chevalier lors de son titre aux Jeux de Londres en 2012, dernière médaille française en tir (Crédit : T. Quehen)

Sans médaille depuis l’or de Cédric Fèvre-Chevalier en 2012, le tir tricolore n’a pas su régler la mire à Tokyo. Engagé dans l’épreuve qui l’avait vu briller à Londres, la carabine à air comprimé à 10 m couché SH1, Fèvre-Chevalier n’a pas réussi à se qualifier pour la finale. Il est en revanche passé tout proche de la médaille en carabine à 50 m couché, mais le Fontainois a dû se contenter d’une frustrante quatrième place. Cette quatrième place est le meilleur résultat français lors de ces olympiades, devant les trois cinquième places de Tanguy de La Forest (carabine à air comprimé à 10 m debout & couché SH2, carabine à 50 m couché) et la septième place de Didier Richard (carabine à air comprimé à 10 m debout SH1).

Pas de miracle non plus en tir à l’arc où la meilleure performance française est le quart de finale atteint par Julie Chupin en libre – arc à poulies, performance qu’elle réédita ensuite avec Daniel Lelou lors de l’épreuve par équipes mixte.

Cinquante-quatre médailles, dont onze en or, quinze en argent et vingt-huit en bronze : l’équipe de France a largement rempli son contrat lors de ces Jeux paralympiques. Rendez-vous maintenant dans trois ans à Paris, pour des paralympiades où les sportifs français seront forcément très attendus.

Crédit image en une : K.Kyung Hoon - Reuters
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