Joël Embiid est insubmersible. Alors que Portland pensait tenir une victoire primordiale au Wells Fargo Center hier soir, le Franco-Camerounais a alors sorti un tour de magie de sa boîte. Une isolation, un fadeway dont il a le secret, pour un panier décisif, à une seconde de la fin de la rencontre. S'il a été l'homme clé du money-time, il a surtout pesé de tout son poids sur la rencontre: auteur d'un match monstrueux (39pts, 7rbds, 4asts, 2stls, 3blks), il a guidé les siens vers une quatrième victoire de suite. Peut-il encore aller chercher Jokic dans la course au MVP? 

Embiid, sur une autre planète

Son match d'hier ne fait que refléter sa forme actuelle : c'est simple, il n'est pas descendu en dessous de la barre des 23 points lors de ses 25 derniers matchs. Et il a même la plupart du temps dépassé les 30 pions (18 fois pour être précis). Il le fait avec une facilité déconcertante, ne donne même pas l'impression de forcer son talent. Joël Embiid est au sommet de son art. Sur les 52 matchs auxquels il a pris part cette saison, 36 fois il a marqué au moins 30 points. 11 fois, cette barre est même montée à 40 points ou plus. Avec en point d'orgue, ses deux chefs d'oeuvre contre Utah (59pts, 11rbds, 8asts, 7blks) et contre Charlotte (53pts, 12rbds). Une saison digne d'un MVP, très clairement. Mais Joël Embiid sait que la concurrence est rude, une fois encore cette saison.

La meilleure saison de sa carrière 

Pourtant, il met tout en œuvre pour enfin décrocher la récompense individuelle suprême. Cela suffira-t-il? En tout cas, quoi qu'il arrive, il n'aura pas de regret. Car cette saison, il réalise tout simplement le meilleur exercice de sa carrière. Dans une ligue où les cartons s'enchaînent soir après soir, où régulièrement, les top players dépassent les 30 ou 40 points (Doncic, Tatum, Mitchell, Lillard, Curry pour ne citer qu'eux), Embiid fait encore mieux. Et pour l'heure, c'est bel et bien lui qui, avec 33.3pts de moyenne, est le meilleur scoreur NBA. Au rythme qui est le sien actuellement, difficile de l'imaginer se faire coiffer au poteau, même si le génie Slovène et “Dame Time” ne sont pas très loin.

Surtout, en plus de marquer des paniers à foison chaque soir, il n'en reste pas moins ultra complet. 10.1 rbds par match, ce qui le met en double double de moyenne. A noter également ses 4.1 passes en moyenne, soit la deuxième meilleur marque depuis son arrivée en NBA. Avec 1.1 ballon volé par match, il réalise, là aussi, la meilleure saison de sa carrière dans cette catégorie statistique.

Philly, la renaissance

Avec un tel Joël Embiid, les Sixers ne peuvent que gagner des matchs. James Harden de retour à un niveau extrêmement correct, Tyrese Maxey qui prend du galon au sein de cet effectif, et voilà comme à Philadelphie, après un début de saison chaotique, est revenu sur les pas des Celtics de Boston. En tête de la conférence Est, Milwaukee semble intouchable, mais les C's n'ont eux que une petite victoire et demi d'avance. Tout reste possible à quelques matchs de la fin de la saison régulière.

On dit régulièrement que le trophée de MVP devrait revenir au meilleur joueur de la meilleure équipe, ou presque. Malheureusement pour lui, Embiid est également victime des saisons stratosphériques de Giannis Antetokounmpo et Nikola Jokic, comme la saison dernière au passage, mais aussi de leurs franchises. Pourtant, finalement, les Nuggets ont un bilan pratiquement identique à celui des Sixers (46-21 pour la franchise du Colorado, 44-22 pour celle de Pennsylvanie). De quoi rebattre les cartes? Le titre semblait promis au Serbe, pour la troisième année consécutive. Mais force est de constater que si Embiid poursuit sur cette lancée et que les siens enchaînent les victoires, rien n'est joué d'avance.

Pour la 3ème année de suite, Joël Embiid réalise une saison monstreueuse. Pour la 3ème fois de suite, il pourrait bien terminer à la seconde place du classement du vote au trophée du MVP. En effet, pour l'heure Nikola Jokic semble avoir les faveurs des pronostics. Mais comptez sur le pivot des Sixers pour tout donner d'ici le milieu du mois d'avril et la fin de la saison régulière. Dans la forme de sa vie, Embiid n'a qu'un objectif : tout écraser sur son passage.