Les jeunes pousses : Karen Khachanov crève l’écran

Le mois de décembre signifie chaque année la fin des saisons ATP et WTA, et fait ainsi disparaître le tennis de nos écrans jusqu’à la reprise en Janvier. Ce mois off est l’occasion pour nous de revenir sur les jeunes talents qui se sont installés à la table des grands cette année. Chaque semaine, deux jeunes pousses auteurs d’une folle progression vous seront présentés. Vous les avez très surement découvert en 2018, mais vous aurez encore plus intérêt à les suivre en 2019. Aujourd’hui, zoom sur Karen Khachanov, vainqueur de son premier Masters 1000 à Bercy le mois dernier ! 

 

Une saison fondatrice

– Titre à Marseille et continuité dans les résultats :

Le jeune Russe de 22 ans a réalisé en cette année 2018 la meilleure saison de sa carrière, et de loin ! Quart de finaliste à Auckland pour son premier tournoi (battu par del Potro), Karen Khachanov réalise par la suite une tournée indoor en France remarquable, conclue par un quart à Montpellier et surtout un titre à l’Open 13 de Marseille (en battant notamment Tomas Berdych en demi et Lucas Pouille en finale).

Ses résultats sur terre-battue et sur gazon seront sans vrais coups d’éclat, mais néanmoins prometteurs puisqu’il atteint la deuxième semaine à Roland-Garros et Wimbledon (en plus des 8ème de finale à Barcelone et Monte-Carlo, et des quarts à Halle).

– Une tournée américaine probante :

C’est cet été qu’il prend véritablement une nouvelle dimension, puisque à partir du mois d’août, il gagne 80% des rencontres qu’il dispute (24 victoires pour 6 défaites). Demi-finaliste à Toronto, battu par Rafael Nadal, il perd ensuite contre ce même adversaire au troisième tour de l’US Open au terme d’un combat de près de 4h30 (5-7/7-5/7-6/7-6). Mais l’essentiel est ailleurs. Au-delà de la défaite en elle-même, Khachanov vient de réaliser qu’il avait réellement les capacités d’entrer dans la cour des grands. Il déclare ainsi « Ce match m’a montré à quel niveau je pouvais jouer, à quel point j’étais tout proche de trouver la solution face aux meilleurs. Cela m’a poussé à travailler encore plus dur ». Ce travail paiera.

De retour en indoor pour finir sa saison, il s’adjuge tout d’abord le tournoi de Moscou au dépend de Daniil Medvedev puis Adrian Mannarino notamment, avant de connaître la consécration suprême à Bercy, deux semaines plus tard. A l’Accord Hotel Arena, il accroche successivement quatre Top 10 à son tableau de chasse : John Isner, Alexander Zverev, Dominic Thiem et Novak Djokovic, soit deux fois plus en une semaine que depuis le début de sa carrière (victoires sur Goffin, alors Top 10, à Barcelone, et sur Nishikori à Halle, en 2017). Ce titre vient donc récompenser Karen Khachanov de tout le travail accompli depuis plusieurs mois maintenant. Désormais, il peut se permettre de rêver plus grand.


Un joueur polyvalent aux atouts multiples

22 ans, 1 mètre 98, Khachanov est l’archétype du jeune loup membre de la Next Gen qui pousse pour faire tomber les cadors en place. 53ème fin 2016, 45ème fin 2017, il finira 2018 à la 11ème place mondiale. Cette évolution montre les progrès du Russe. A Bercy, nous avons pu admirer toute sa palette. Malgré ce que l’on pourrait imaginer vu son gabarit, Khachanov, ce n’est pas qu’un gros service et gros coup droit. Malgré sa grande taille, il se déplace bien et varie beaucoup. Il est polyvalent et a tous les attributs du joueur de tennis moderne. Solide du fond du court, il n’a pas hésité à venir conclure les points au filet lorsqu’il le fallait lors de sa finale face à Djokovic. Sa lucidité à toutes épreuves l’a aidé à sans cesse hausser son niveau de jeu lors de sa semaine parisienne. La statistique de sa réussite en finale de tournoi ATP (100%) montre de surcroît sa solidité d’un point de vue mental.

Alors vous nous direz, concrètement, qu’est-ce qui caractérise Karen Khachanov ? Nous vous répondrons un jeu sans grandes failles, une palette technique étendue, et surtout, une mentalité exemplaire (lucidité, mental, humilité). On le compare par ailleurs souvent avec une autre légende du tennis russe, Marat Safin. Il est vrai qu’on y trouve des similitudes, mais laissons à Safin ce qui est à Safin, et à Khachanov ce qui est à Khachanov. A 22 ans, il a tout le temps de continuer à grandir pour se forger sa propre personnalité, son propre palmarès.

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Crédit photo : Ouest-France

L’année prochaine sera assurément une des plus compliquées pour Karen Khachanov, la fameuse année de la confirmation, où beaucoup se sont casser les dents. S’il sera compliqué de monter plus haut (à moins d’une grosse performance en Grand Chelem), il faudra à tout prix qu’il continue d’être régulier pour espérer rentrer dans le Top 10 ou au moins rester dans le Top 15. Si sa saison 2019 sera celle de tous les dangers, il n’y a pas de doutes que, s’il continue sur cette lancée, il sera amené à jouer un rôle important sur le circuit dans les années à venir. (Source de l’image en Une : Rts)


Gregoire ALLAIN (@GregoireAln)

A propos de l'auteur

Surnommé l'électron libre. Fan de Rafa, et heureusement car ce n'est ni l'OL ni le Stade Français qui satisfont mon capital victoires chaque week-ends. Bon sinon, je réussis quand même à être objectif dans mes articles, sauf quand il s'agit d'écrire sur pourquoi le PSG peut-il un jour gagner la Ligue des Champions.

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