Angleterre

La nouvelle génération d’entraîneurs danois pleine de promesses

Avec une démographie de plus de cinq millions d'habitants, le Danemark peut se targuer d'être un pays avec beaucoup de génies du ballon rond. Passons les Laudrup, Schmeichel ou aujourd'hui l'intenable Erling Braut Haaland, qui permettent la renommée de ce pays scandinave. Non, cette saison a permis l'émergence de nouveaux talents danois, non pas sur le rectangle vert mais bien dans les zones techniques. Ils s'appellent Thomas Frank (Brentford) et Bo Svensson (Mayence) , la quarantaine chacun, et véhiculent avec eux des idées novatrices au service du collectif

Un point commun ? La formation

Au-delà du fait d’être tous les deux danois, Frank, entraîneur de Brentford en Championship et Svensson, à la tête de Mayence en Bundesliga, présentent d’autres similitudes.

Après une carrière dans le football amateur, Thomas Frank devient rapidement un formateur auprès des jeunes au sein de la fédération. Il dirige successivement les U16, U17 avec lesquels il atteint une demi-finale à l’Euro en 2011, et U19. Après cinq années dédiées à la formation, on lui propose son premier poste d’entraîneur en 2012 du côté du Brøndby IF, un club danois de Superliga. Des années d’apprentissage, qu’il va vite mettre à profit lorsqu’il traversera la mer du Nord pour rejoindre le Royaume-Uni.

Même constat du côté de Bo Svensson, 41 ans, ancien international danois notamment passé par Copenhague ou Mayence. Après avoir fini sa carrière du côté des « Die Nullfunfer » ( “05” en allemand, en référence à l’année où le club de Mayence fut fondé en 1905), Svensson entame une longue période d’éducateur auprès des U16, U17 et U19. Propulsé à la tête des A en janvier dernier, il a mis à profit son côté pédagogue pour redresser la barre.

Bo Svensson, ou l'homme qui a relancé Mayence. Crédit : Goalzz

Des bâtisseurs 

Voilà plus de 73 ans que Brentford n’a pas connu la Premier League, une longue disette désormais effacée grâce entre autres à un homme, Thomas Frank. Après être arrivé en adjoint en 2016, il est désigné dès 2018 comme entraîneur principal. En trois saisons, le technicien de 47 ans hisse deux fois les « Bees » en barrages d’accession en Premier League en 2019-2020 et 2020-2021. Une prouesse pour un club jusque-là habitué à finir dans le ventre mou de l’antichambre de Premier League. Une dernière saison alléchante, permettant au club de l’ouest de Londres de terminer à la troisième place de Championship, avec la meilleure attaque (79 buts). Après avoir battu Bournemouth, les « Bees » se sont défaits de Swansea pour s’offrir le dernier ticket de Premier League.

Voilà 5 mois que Bo Svensson, alors auparavant en charge des U19, est à la tête de Mayence. Lors de son intronisation, le club voguait à une descente presque certaine à l’échelon inférieur, seulement une victoire en 14 journées, cinq points de retard sur le premier non-barragiste et une 17e place (sur 18). 22 journées plus tard, le club termine douzième avec six points d’avance sur le 16e. Une véritable renaissance basée sur une solidité défensive retrouvée, permettant aux joueurs de Svensson de s’imposer contre le Bayern et Leipzig. Le technicien danois, toutes proportions gardées, suit les traces d’illustres entraîneurs passés par Mayence comme Jürgen Klopp et plus récemment, Thomas Tuchel.

 

Ivan Toney, l'homme providentiel de cette équipe de Brentford. Crédit : Reuters

Des principes de jeu proches 

Pourtant véritable adepte du 4-3-3, Thomas Frank a dû modifier sa copie face aux blessures de plusieurs joueurs comme le latéral anglais Henry (précieux dans la circulation et son apport offensif), et de l’excellent Da Silva. Le passage en 5-3-2 ou 3-5-2 a permis aux « Bees » de retrouver leur allant offensif sur lequel ils avaient bâti leur jeu. Le pressing bien huilé, combiné à des sorties de balle magnifiques, offre aux téléspectateurs un spectacle intéressant. Les individualités comme Ivan Toney (31 buts et 10 passes décisives), Da Silva ou encore Brian Mbeumo pour ne citer qu’eux nous ont émerveillés chaque week-end. La projection et les appels des milieux de terrain dans l’espace libre (comme Renato Sanches en début de saison à Lille), permettent une pluralité offensive rare.

Conscient de la fébrilité défensive de son équipe, Bo Svensson décide de rassurer ses joueurs dans un premier temps en optant pour trois défenseurs centraux. Niakhaté, le Français, Bell et Saint-Just deviennent incontournables pour défendre les buts de Robin Zentner. Quoi de mieux pour retrouver une confiance disparue que de s’imposer contre le Red Bull Leipzig ? Appliqués et courageux, les hommes de Svensson passent trois pions à Gulácsi et s’imposent 3-2 à l’Opel Arena. Véritable dynamite dans son côté gauche, Mwene est infatigable et profite de chaque espace laissé pour l’attaquer. La densité axiale, et la proximité entre les milieux et les attaquants offrent de sublimes combinaisons. Seul bémol ? Il manque un véritable buteur capable de faire preuve d’une adresse létale devant le but.

Si Brentford conserve une partie de ses cadres et réussit à les renouveler comme ils le font depuis quelques années, les hommes de Thomas Frank seront alors à coup sûr la sensation de Premier League. Pour Mayence et Svensson, des renforts offensifs combinés à un défenseur central solide permettront d'entrevoir certainement de belles choses. 

Crédit image à la une : The Sun

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