La place des européens en NBA

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Ligue 1

La NBA est une ligue américaine, et ça se voit. Ce n’est plus un secret. Mais, au milieu de ce patriotisme fulgurant, quelques joueurs Européens parviennent à se faire une place.

En NBA, tout est américanisé. Les shows, les salaires, mais aussi le jeu, et plus particulièrement les joueurs. La proportion entre joueurs américains et non-américains est très révélatrice de cela. Et si, dans cette part de non-américain, seuls les européens sont pris en compte, les chiffres baissent encore. Pourtant quelques un de ceux-ci ont pu marqué la Grande Ligue. Pour nous, français, le nom de Tony Parker revient toujours.

La France, nation sérieuse

Mais il n’est pas le seul frenchie à avoir foulé les parquets NBA. Joakim Noah, Evan Fournier, Rudy Gobert, Nicolas Batum, Boris Diaw ou encore, plus récemment, Frank Ntilikina, pour ne citer qu’eux. Et dans le lot certains ont même plutôt bien marqué la Ligue. Noah, par exemple, a été défenseur de l’année en 2014 et sélectionné dans la All-NBA First Team, la même année. Gobert aussi a été défenseur de l’année, la saison dernière. Boris Diaw, élut MIP en 2006 et Champion NBA en 2014 avec les Spurs. Ces même Spurs menés par un trio époustouflant : Tim Duncan, Tony Parker et Manu Ginobili. Un argentin sur qui personne n’avait misé mais qui ressort avec une carrière bien garnit. Alors oui, certains français ont pu marquer les esprits.

Crédit photo : Gary A. Vasquez, USA TODAY Sports

L’Europe de l’Est, une terre de basket

Mais ce n’est malheureusement pas en France que l’on retrouve les plus grandes dispositions basket-ballistiques. Un des plus grands talents européens, si ce n’est le plus grand, venait de Croatie. Drazen Petrović. Un shooter hors-norme auquel même les meilleurs snipers de la Ligue ne se seraient pas frotter. Bien qu’entièrement respecté, celui qui était surnommé Mozart n’a pas pu autant martyriser la NBA que prévu. Alors qu’il était en pleine ascension, le sort s’en est mêlé. Le 7 juin 1993, le décès de Petro, lors d’un accident de voiture, est annoncé. Il n’aura joué que cinq petites saisons en NBA. Cinq saisons qui suffirent pour se rendre compte de l’immense talent du bonhomme. Cinq saisons qui suffirent pour ouvrir des portes à des centaines d’Européens, prêt à affronter la Grande Ligue.

Pour plus de détail, voici un bon résumé de la carrière de Petro, réalisé par nos amis de TrashTalk :

À cette époque Drazen n’est pas le seul en NBA. L’autre Européen qui, dans les mêmes années, va s’imposer est Vlade Divac. Un big man Serbe. Coéquipiers en équipe de Yougoslvie, avec qui ils vont tout gagner, Drazen et Vlade ont été de véritables amis. Une amitié forte qui, pourtant, fut détruite par un geste déplacé de Divać devant les cameras, après la victoire de la Yougoslavie en coupe du Monde. Cette amitié fut retracée dans le film documentaire « Once Brothers », produit par ESPN et NBA Entertainment. Disponible ici.

La Croatie, puis la Serbie. Le schéma se dessine lentement. Les pays de l’Est de l’Europe sont, en effet, énormément représentés. Actuellement encore. Bogdan Boganović, Boban Marjanović, Miloš Teodosić, Goran Dragić, Dario Sarić, Nikola Jokić, ou encore le rookie prometteur Luka Dončić. Voilà un petit échantillon de ce qui peut être retrouvé sur les terrains chaque soir. Comme quoi, les joueurs en « ić », on leur apprend les bases dès le plus jeune âge. Les bases oui, mais ce ne sont pas eux qui seront les plus marquants pour l’histoire. Bien que certains laisseront une belle empreinte.

Et le reste de l’Europe ?

Certains pays ont envoyé de plus grands talents, moins nombreux, mais peut être plus qualitatif. Il suffit de jeter un coup d’œil chez nos voisins. L’Espagne peut se vanter d’avoir les frères Gasol. Certes ceux-ci commencent à se faire de vieux os, Pau notamment, mais il ne faut pas oublier que, Pau comme Marc, ont un jour été considérés comme faisant partit des meilleurs pivot de la Ligue pendant un temps. À eux deux les « Gasol Brothers » compilent tout de même neuf sélections au All-Star Game (Six pour Pau, trois pour Marc), deux titres de champion obtenus par Pau avec les Lakers en 2009 et 2010, et un titre de défenseur de l’année obtenu par Marc en 2013. Ça ne paraît rien, mais c’est déjà beaucoup. Et oui, je préfère ne pas parler de leur carrière internationale. Pourquoi mettre du sel sur les plaies encore ouvertes ?

Crédit photo : Andrew D. Bernstein, NBAE Getty Images.

Mais il manque un titre de MVP dans cette histoire. Pas de problème. Direction l’Allemagne pour retrouver Dirk Nowitzki. C’est en 2007 que le blondinet de 2m13 reçoit cette récompense de meilleur joueur de l’année. Depuis la création de ce trophée, en 1953, ils ne sont que trois non-américains à l’avoir obtenu. Et Dirk, le seul européen. Pas tout mal l’Allemagne. N’oublions pas ses treize sélections au All-Star Games, son titre avec les Mavs, en 2011, et le fait qu’il soit le septième meilleur marqueur de l’histoire. Celui-ci s’étant fait prendre sa place de sixième il y a quelques jours par LeBron James, en route vers la place de premier. Comme quoi, sous ses airs de grands plombiers, l’allemand en a dans le ventre.

Mais attention. Une nouvelle menace apparaît. Elle vient de Grèce et s’appelle Antetokunmpo. Une famille qui a du potentielle. Il est vrai que l’aîné, Thanásis, n’est resté qu’une petite saison en NBA, avec les Knicks. Mais tout le monde connaît désormais son aîné : Giannis ! Dans la Ligue depuis 5 ans, Giannis a su évoluer au fil des saisons pour devenir aujourd’hui l’un des meilleurs. Affaire familiale à suivre avec Kóstas Antetokoúnmpo, 20 ans, fraîchement arrivé en NBA, et Alex, 17 ans, évoluant à la Dominican High School de Milwaukee.

Crédit photo : Jesse D. Garrabrant, NBAE Getty Images.

Les américains restent toujours les plus gros poissons de ce business, mais il ne faudrait pas oublier nos chères représentants européens, clients sérieux pour quelques uns d’entre eux.

Crédit photo : Tony Gutierrez, Associated Press.

Nathan CHATELAIN

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